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COMMUNIQUE, CHANGEMENT DE SITE

Bonjour.

J’ai eu plusieurs remarques au sujet de mon site, par rapport au voyage au Canada. Celui-ci manquait de clarté. Cela est du à l’évolution de WordPress dont je n’ai pas vu, avant mon départ, l’ampleur.

Donc je n’arrive plus à faire ce que je faisais avant. Ne pouvant tout gérer, pédaler, gérer le voyage, plus gérer le site, j’ai confié cela à mon fils Edouard et à Tania.

Je leur envoie donc le texte par email et c’est eux qui sont en charge de faire la newsletter. Je me suis permise de copier la liste des gens s’étant inscrit à la newsletter. Vous aurez bien sûr toujours la possibilité de vous désengager.

Le nom du nouveau site est:

»petitprinceandcocycletour.blog »

Merci de me faire la gentillesse de me suivre.

SUNTRIP 2018, étape 16

Jeudi 5 juillet à Zatoka en Ukraine

Bilan vélo: À l’arrivée 47,4V sur 54V possibles.

153 km, moyenne 23 km/h, vitesse maxi 53,2Km/h, durée de pédalage 6h41, 2,9% de régération, 1469 Watts-heure soit 9,3 Wh/km

Charge par les panneaux voltaïques: 1874 Wh

Le matin, j’ai quitté ma petite maison particulière pour aller dans celle des voisins propriétaires de cette maison que j’avais occupée pendant la nuit. Un superbe petit déjeuner m’y attendait très complet avec aussi des légumes. Depuis le début de ce voyage, c’est le règne des sandwichs avec charcuterie, aussi je suis contente dès que je peux manger des légumes.

Pendant le petit déjeuner, le père et la mère sont allés travailler, laissant le fiston (environ 10 ans) seul à la maison (j’ignore s’ils rentrent  pour déjeuner ou si leur fils est seul toute la journée). Il était très mignon et attentif à ce que j’ai tout ce dont j’avais besoin. Une fois ce repas copieux terminé et des sandwichs préparés pour midi, je prépare mon vélo pour partir. J’installe l’iPhone et veut mettre le parcours mais celui-ci refuse de s’installer, j’ignore pourquoi et là un sentiment de grande angoisse m’envahit. L’idée de partir rouler dans un pays inconnu sans trajet m’est insupportable. Je reviens m’installer dans la cuisine (il y a du wifi), j’essaie de mettre ce trajet qui est enregistré mais en vain. Le fils, voyant que j’étais angoissée, appelle sa mère qui m’explique que le trajet est très simple car j’ai 100 Km à faire d’une même route, toujours la N94 que j’ai déjà suivi hier. J’ai beau savoir cela, la situation ne me va pas. Je finis par partir, non sans avoir demandé à Honza (AZUB) de me renvoyer le trajet. Je prends donc la route en suivant les consignes de la mère. Un quart d’heure après mon départ, un e mail arrive d’Honza avec le trajet renvoyé. Je l’installe immédiatement et tout rentre dans l’ordre. Je pouvais laisser « les données étrangers activées » sur l’iPhone sans frais d’itinérance mais à partir de l’Ukraine, c’est terminé sous peine de me retrouver avec une note démente de téléphone. Je me retrouverai donc dans la situation du Canada, où je n’ai utilisé que le Wifi et jamais mon forfait.

Quand je roule, je m’interroge sur cette crise d’angoisse due à l’absence de trajet à suivre et je l’analyse comme le fait d’avoir eu le sentiment de la perte de contrôle de mon voyage. Je vais tout faire pour que cela ne se reproduise pas.

Je suis donc cette N94 et je trouve vraiment qu’en Pologne, camions et voitures respectent les vélos et c’est très agréable car on n’est pas obligé d’avoir l’œil rivé au rétro. Tout se passe bien jusqu’à une bonne descente. Comme sur cette route, les descentes un peu fortes sont toujours suivies d’une bonne montée, on a tendance à ne pas freiner pour prendre de l’élan. Et là je ne m’aperçois pas que je dépasse le seuil de tolérance de l’attelage qui est d’environ 45 km/h et j’attends 53,2 km/h (ce que je lirai le soir sur le compteur m’indiquant la vitesse maximale atteinte). Tout d’un coup, le vélo pars en vrille, s’inclinant fortement à gauche, à droite occupant toute la voie. Je suis cramponnée, accrochée au guidon pour essayer de maîtriser l’ensemble, à un moment le vélo pars fortement à droite et je me dis que je vais faire une sortie de route, puis miraculeusement le vélo se rétablit et repart normalement. J’ai vraiment eu très peur. Inutile de vous dire que maintenant je contrôle la vitesse dans les descentes.

Je finis par atteindre la frontière d’abord polonaise puis ukrainienne. La frontière polonaise est passée sans encombre mais je sais que la frontière ukrainienne peut-être compliquée. Honza m’a prévenue; 3 situations possibles

  • refus de passage du vélo car frontière réservée aux voitures, bus et camions
  • Possibilité de demander à un camion de charger le vélo pour 500m, le temps de passer la frontière ou le monter dans un bus (vu la taille, la possibilité du bus est exclu d’entrée)
  • En cas de refus, faire 40 km de plus pour aller à une frontière piétons

J’arrive donc avec mon vélo et c’est vrai qu’il fait incongru au milieu de ces voitures et camions. J’arrive à la frontière et là le douanier me fait signe de façon très autoritaire de faire demi-jour. Je lui explique poliment qu’il n’en est pas question, que je veux passer la frontière. Visiblement, il ne parle pas anglais et me redit de faire demi tour. Je lui redit que non. Je gare mon vélo sur une bande de route non utilisée perpendiculaire à la file de voitures pour qu’il soit bien visible et j’attends. 3 fois, le douanier vient de me dire de partir et 3 fois je lui réponds poliment que je veux passer la frontière. Je sens bien que mon refus l’énerve prodigieusement mais je n’ai pas d’autre solution que de faire du »sitting ». Au bout de 20 mn, ayant compris que je ne bougerais pas, il pars visiblement consulté ses supérieurs. Il revient 5 mn après et d’un air rageur me fait signe de passer. Ouf car je ne savais pas comment tout cela allait finir. je m’installe donc entre les voitures et j’avance en poussant mon vélo. A la frontière même, les ennuis recommencent car ils me demandent les papiers de mon vélo. Et là, je ne sais pas quoi répondre, je n’ai pas pensé à cela.

J’explique que je n’ai pas de papier car mon vélo n’est pas immatriculé. Ils s’énervent et moi je réponds calmement qu’ils peuvent regarder mon vélo sous toutes les coutures s’ils veulent. Ils me prennent mon passeport et ne me le rendront que 20 mn après. Je pense qu’il faut me faire payer mon audace. Je finis enfin par passer, le tout aura duré une heure mais j’ai trouvé cela chaud, surtout au début, au moment du refus de me laisser passer.

Et je reprends la route. C’est un peu dur car tout cela m’a déconcentrée. Je regarde les maisons pour savoir leur style et si j’ai des chances de pouvoir être accueillie. La route suivant la frontière passe beaucoup au milieu de la forêt. En 50 km, je n’ai vu qu’un seul hôtel.

Arrivé à 150 km, je suis au milieu d’une forêt et là je m’aperçois que j’ai oublié le décalage horaire d’une heure. Il n’est pas 18h30 mais 19h30, ce qui est tard pour chercher une maison, de plus il n’y en a pas puisque je suis au milieu de la verdure. Je me demande comment je vais m’en sortir quand je vois indiqué à ma 500m un hôtel qui sera un motel. Evidemment je m’y arrête. 

Je pourrais dîner mais curieusement, il n’y a pas de petit déjeuner car le motel rouvre à 10h du matin. C’est la première fois que je vois cela

Par contre, il y a le Wifi, ce qui me permet de vous poster cette lettre.

SUNTRIP 2018, Étape 15, encore un excellent accueil polonais

Mercredi 4 juillet, étape 15, arrêt à Trzciana

Bilan vélo: 173 km, vitesse moyenne 22,0 km/h, durée de pédalage 7h53, régénération 3,2%, 

1717 Watts-heure consommés, soit 9,5 Wh/km, 34,0 Ah

A l’arrivée ; 45,7 V

Production des panneaux voltaïques : 960 Wh

Démarrer une journée après avoir été reçu comme cela la veille, vous donne une pêche d’enfer. Toutes ces rencontres font vraiment partie intégrante de ce voyage. Personnellement, je ne me vois pas faire un voyage pareil sans aller au devant des gens. Et depuis le début de ce voyage, en 15 jours, je peux dire que j’ai été très gâtée. Comme dit ma belle-sœur dans ses commentaires, les premiers n’ont pas eu cette chance. Le premier RAF fait environ 240 à 260 km par jour avec des pointes à 300 km, ce qui veut dire qu’il roule de 7h du matin à 21h, cela laisse peu de temps pour les rencontres. Mais chacun, dans cette aventure a des ambitions différentes (sauf une qui est celle d’arriver à Canton !…). Par contre, j’avoue qu’en Ukraine et en Russie, je ne sais pas ce que je vais faire ou réussir à faire. J’appréhende un peu la grande différence de culture, d’être maladroite sans le vouloir. J’espère que je ne vais pas me retrouver à l’hôtel tous les soirs, cela serait cafardeux au possible.

Aujourd’hui, je suis partie avec un itinéraire fait par Honza (AzUB). J’ai vraiment eu beaucoup de chance d’être sponsorisée techniquement par AZUB et l’aventure a fait que j’ai découvert que c’était un sponsoring aussi humain et ça, c’est fantastique. Honza a passé une journée entière, un dimanche, à essayer de me fabriquer une remorque 2 roues et avec 3 panneaux exposés. Puis une fois que je suis repartie, il m’aide sur le trajet. Je lui avais demander d’arrêter de prendre le chemin des écoliers et de rouler un peu. Et bien le trajet que j’ai fait, c’est exactement cela.

Les 30 premiers km étaient très agréables, des petites routes et des paysages superbes. Avec une anecdote marrante. A un moment, l’application me fait tourner sur une toute petite puis prendre un petit pont métallique. Là je me dis que c’est encore un raccourci entre 2 routes et que comme d’habitude, cela va être folklorique et pour être folklorique cela a été folklorique. Juste après ce petit pont la route tournait à gauche et je découvre un chemin d’une largeur d’une roue au milieu d’herbes de 1 m à 1,5 m. je n’ai aucune envie de reculer et de toutes façons, je n’ai pas la place de faire demi-jour, donc le problème est réglé. Je m’y aventure en roulant doucement, à la limite de l’équilibre. Je sais maintenant, par expérience, que ces routes font 300 à 500 m maximum, donc il faut tenir cette distance. Tout va bien pendant 200m, puis je vois que le chemin passe par une flaque d’eau dans la glaise. Je me souviens que la dernière fois que j’ai rencontré cela, j’ai fini dans un fossé. Je redouble de prudence mais la remorque chasse encore car je ne vais pas assez vite pour la tenir. Petit Prince à l’élégance de me sortir de la marre avant de me faire chuter, en douceur, la tête la première dans les herbes. J’ai éclaté de rire car la situation était vraiment comique. C’est dommage que dans des situations pareilles, il n’y ait personne pour prendre une photo de la situation ridicule où vous êtes. Mais là en 1mm, Petit Prince était de nouveau sur pattes, pas de fossé et je suis repartie. Ce chemin faisait environ 400m comme je m’y attendais. Puis j’ai repris la route tranquillement. Il faut vraiment que je me remette à la photo car cela me frustre beaucoup de ne pas illustrer mes propos.

Au bout de 30 km, j’arrive sur une grande route style route nationale, la N94, celle que beaucoup de concurrents ont suivi, si vous regardez la carte « race.thesuntrip ». Et là je roule 140 km dessus. Le voyage, dans ces conditions devient autre chose. Il y a une bande d’arrêt d’urgence les trois quart du temps. Donc vigilance de tous les instants. Je trouve qu’en Pologne les camions et voitures sont plus respectueux envers les cyclistes que dans les autres pays traversés précédemment.

Je sortirais de cette route vers midi pour m’arrêter 2h afin de recharger au solaire. 2h après, je pense que j’ai assez pour finir à arriver à faire 170 km, ce qui sera bien le cas. Puis toutes les 1,5h je m’arrête dans un abri bus pour boire et faire une pause de 10 mn afin de me relaxer un peu. Cette hyper vigilance est fatigante nerveusement. Arrivée à 170 km, je me dis qu’il faut que je sorte de cette route pour trouver un endroit pour dormir. Curieusement, cette route est parsemée de très grands murs anti-bruit qui indique que derrière, il y a des maisons à protéger. Et avant ces séries de grande protection, il y a toujours un petit chemin permettant de sortir. Je sors donc de cette manière et je me mets en situation de chien de chasse. Quel est l’élément qui va faire que je vais oser frapper à une porte ? Soudain, je vois un homme dans un jardin, devant une petite maison entrain de balancer du linge au-dessus du mur de la maison d’à côté. La scène m’amuse et je décide de tenter ma chance. Malheureusement il ne parle pas anglais mais il me dit d’attendre, il va chercher quelqu’un. Mon expérience me dit que dans ce genre de situation, il y’a 9 chances sur 10 que je sois accueillie. Et c’est exactement ce qui se passe. Il revient avec sa femme, qui elle parle anglais. Le contact est excellent et je serais encore une fois superbement accueillie. Très rapidement, je me retrouve devant une grande platée de pâtes et une bonne bière. Puis une douche m’est proposée et enfin un lit dans la petite maison d’à côté qu’ils louent et qui est entre 2 locations? C’est pourquoi, il balançait tout le linge de maison afin de tout nettoyer pour pouvoir relouer la maison meublée. J’aurais donc la maison à moi toute seule.

Merci beaucoup, JOLA, ANDREW et OSKAR pour votre hospitalité

SUNTRIP 2018, étape 14

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 14, arrêt à Ochodza en Pologne

Temps mitigé; nuageux et soleil jouant à cache cache avec les nuages

Bilan vélo: 156 km, moyenne 19,8 km/h, durée 7h52 mn, vit max : 47,5 km/h, A min 5,97, A maxi 19,2, Régénération : 3,8%, 1719 Watts-heure soit 10,6 Watts-heure/km – 34,43 Ah

Panneaux voltaÏques : 1010,2 Watts-heure.

Après une nuit où j’ai mal dormi car je n’ai pas arrêté de penser que je n’arriverai peut-être pas à gérer les dates du visa russe, sachant que nous avons été prévenu que les russes ne plaisantent pas avec cela, et sans petit déjeuner pris, je démarre ma journée de vélo. J’ai demandé de l’aide à Annick Marie (webmaster suntrip et fille adorable) pour m’aider à faire le point avec elle : 1365 km à faire pour être à la frontière russe et 1300 km pour traverser la Russie et il me reste 28 jours soit moins de 100km par jour. Donc si je tiens la cadence et sans problème, cela devrait être bon.

Comme vous pouvez le constater, je n’arrive pas à ne recharger que par le solaire car le temps ne le permet pas (1719 Wh consommés pour 1010 Wh produits). C’est pourquoi je me suis tant acharnée, mais sans succès, à avoir une remorque avec les 3 panneaux solaires exposés. Je suis donc obligatoirement condamnée à m’arrêter pour déployer le 3ème panneau. Et aujourd’hui avec ce temps, cela a été très pénible. Je me suis arrêtée de 10h30 à 11h30 pour recharger. Mais le soleil a été caché les 3/4 du temps. J’ai donc fini par repartir, puis j’ai essayé à nouveau entre 13h30 et 14h30 mais le résultat a été aussi peu concluant. Et enfin à partir de 16h le ciel a été dégagé et j’ai pu enfin recharger. Soit 3h de perdues. Vous devez vous demander pourquoi je m’acharne tant à recharger ? Et bien c’est simple, si je n’arrive pas à recharger, je ne pourrais pas faire mes 150 km/jour, objectif que je me suis fixé. C’est un objectif raisonnable compte tenu de mon âge. Je ne veux surtout pas faire d’exploit, tenter un kilométrage impossible à faire. L’important est de pouvoir aller au bout du défi.

Lorsque le temps était exécrable, certains concurrents dans la course « au tout solaire » ont voulu rouler « motorless  », terme suntripeur compte tenu du nombre de nationalités différente, l’anglais est très pratiqué entre nous. Vu le poids élevé de l’ensemble remorque + vélo, je ne ferais jamais cela. Bernard (vainqueur 2015) et son fils Yann ont essayé de faire cela et le pauvre Yann (25 ans) a maintenant une tendinite. Je ne sais pas comment cela va évoluer pour lui.

Je roule donc tranquillement, sans jamais forcer et en essayant d’être le plus régulière possible. C’est pourquoi s’arrêter 3h pour essayer de charger de quoi finir la journée est très frustrant. Mais comme je n’ai pas le choix, il faut que je n’y habitue.

Le chemin que j’avais préparé est très agréable, sûrement beaucoup plus long que la ligne la plus courte mais pas de bruit, peu de camion, peu de voitures, mais oui c’est sûr cela me rallonge mon parcours (il n’y a pas assez de km à faire !…). Ceci dit, je sais que je ne peux pas continuer comme cela à cause du visa russe. C’est le seul visa qui pose problème. Pour le visa chinois, on a 3 mois mais à partir de la date d’entrée donc beaucoup plus simple à gérer.

Donc journée de vélo sans problème sauf un incident qui aurait pu mal se terminer. Je traverse une petite ville tranquillement et soudain la voiture devant moi pile. Cela ne m’était encore jamais arriver de m’arrêter en urgence. Et bien maintenant je sais. Le vélo a parfaitement freiné … Mais la remorque s’est mise à 90° immédiatement. A ma grande surprise, je ne suis pas tombée, le vélo et la remorque curieusement s’équilibrant parfaitement. Une voiture me doublait à ce moment là et la remorque s’est arrêté à 5 cm de sa portière. Heureusement qu’il me doublait large. Pourquoi cet arrêt brutal ? Parce que la voiture devant avait un passage piéton et quelqu’un voulait traverser. Maintenant je sais et je serais vigilante sur ce point.

Le soir, dès que mon compteur m’indique que j’ai franchi les 150 km, je cherche un endroit pour m’arrêter. Donc je roule très doucement et je regarde attentivement les maisons pour savoir laquelle choisir. Je constate à ce moment là qu’un couple de cyclistes me suis en regardant mon vélo. Immédiatement je m’arrête pour répondre à leurs questions. Heureusement, ils parlent anglais. Je leur explique à la fin que maintenant je cherche un endroit pour recharger mon vélo et dormir. Nous sommes en face d’une maison dont le mur est en réparation et le portail ouvert. Immédiatement la cycliste d’adresse à une femme dans le jardin. Une discussion s’engage entre elles et pour finir, … je suis accueillie.

Immédiatement, Petit Prince est mis en charge. Puis le repas arrive avec une bonne bière. La cycliste lui a expliqué qu’on devait bien me nourrir après une journée à pédaler. Et je me retrouve devant un plat qui tient bien au corps et une bonne bière. Quel accueil !

Ils m’autorisent à planter la tente dans le jardin. Je commence donc à la sortir lorsqu’une voiture arrive dans leur jardin. Un homme en descend et s’adresse à moi en français. C’est un voisin polonais qui a vécu plusieurs années en France. Ils me posent plein de questions et traduit après pour ses voisins. Il me fait rire car il me dit que ce que je fais est tellement hors culture qu’il doit bien expliquer tout. Puis à la fin, il me dit de ranger mes affaires de tente car je viens coucher chez lui. C’est la première fois de mes voyages que je mange chez quelqu’un et dors chez quelqu’un d’autre. Moi, pour qui les rencontres sont très importantes dans le voyage, je suis servie.

J’ai un superbe lit et je dormirais bien 8h d’affilée, ce qui, pour moi l’insomniaque, est fabuleux : copieux petit déjeuner et je suis prête à partir. 

Merci Marius, Ela, Alan (le fiston) pour votre accueil si chaleureux

SUNTRIP 2018, étape 13

SUNTRIP 2018, étape 13 De Uherské Brod en Tchéquie à Petravald U Noveho Jicina

156 km

N’ayant pas réussi à fabriquer une nouvelle remorque à 2 roues et 3 panneaux voltaïques exposés au soleil, mais pas déçue, car on moins j’ai essayé, je reprends la route.

Mais plein de points positifs de mon arrêt chez AZUB. Tout d’abord faire connaissance de mon sponsor technique. En effet, ils ont eu la grande gentillesse de me prêter un vélo. C’est assez exceptionnel de faire cela avec une femme de 67 ans. Généralement, on réserve cela aux grands sportifs. Donc je tenais vraiment à faire connaissance de Honza le Dr Marketing qui m’a fait confiance afin de le remercier.

Au niveau matériel, j’ai une nouvelle roue de remorque plus solide, les freins vérifiés, la direction du réglage de mon guidon débloquée, un réglage du support de mes smartphones améliorés me permettant de bien les voir, une sacoche réparée car abîmée dans la chute dans le fossé, un Klaxon très bruyant et un renvoi de matériel de 6,5 kg (allégement du vélo). 

Je pars vers 7h1/2 du matin après une nuit courte car je n’ai pas réussi à dormir beaucoup. Tout cela m’a un peu perturbé. Honza m’a préparé la route, je ne fais donc que suivre le chemin qu’il m’a tracé.

S’il fait du soleil un peu le matin, malheureusement, il se cachera dans la journée. Cela fait plusieurs jours qu’il y a le même temps, ce qui n’est pas évident pour recharger des batteries via des panneaux solaires. Et malheureusement cela me limite le nombre de km que je peux faire. Je suis obligée tous les soirs de m’arrêter faute de batteries. Et cela m’embête beaucoup car j’ai pris du retard par rapport au planning que je m’étais fait. Vous me direz quelle importance ? Et bien si, cela a de l’importance par rapport au Visa russe.

Celui-ci n’est accordé aux touristes que pour la durée d’un mois et strictement un mois. Or je l’ai pris du 1 juillet au 30 juillet. J’ai prévu 10 jours pour traverser la Russie. Il me faut donc arriver, dernier délai, le 19 juillet à la frontière russe. Je dois donc bien rouler pour pouvoir être dans ce délai. Et malheureusement, les batteries ne me permettent pas de faire plus. Par conséquent, je ne peux pas essayer de rattraper mon retard.

Je pourrais toujours rentrer en Russie, cela ne m’inquiète pas, mais c’est plutôt la date de sortie qui m’inquiète car les russes sont très strict là dessus. Si je vois que je n’y arrive pas, il faudra que je trouve un camion pour tracer la route et pouvoir sortir. Mais vous imaginez bien les difficultés que je rencontrerais entre les problèmes de langue et la taille de mon engin. Enfin, je vais essayer comme d’habitude de faire pour le mieux.

Ce soir, je me suis arrêtée dans une maison où j’ai été merveilleusement accueillie, thé chaud en arrivant, puis repas et douche offert. Petit Prince s’est rechargé cette nuit et moi, j’ai dormi dans la tente à côté.

Je vais vous quitter pour ranger tout le matériel et partir tôt. Si par chance, il y a du soleil !….

SUNTRIP 2018, ÉTAPE 12

Suntrip 2018, étape12 et 12-1 Uherské Brod en Tchéquie.

Samedi 30 juin et 1er juillet

Temps nuageux et soleil

Bilan vélo : 44,9V à l’arrivée, 173 km, Moyenne 17,3 km, 787 Ah, durée de pédalage 10h (pour la première fois, j’ai mal aux fesses), 1,7% de régénération, 1779 Watts-heure, 10,0 Wh/km

Pour la production des panneaux voltaïques, 1139  Watts-heure

J’ai pratiqué le camping sauvage près d’une fête dans un village. J’ai pu bien me restaurer avec une belle grillade de porc, boire une grande chope de bière. Les autrichiens aiment tellement cela qu’il y a même un bar rond spécifique pour les buveurs de bières

 

 

 

Je me lève tôt et à 7h, je suis prête à démarrer (il est interdit de rouler avant 7h du matin et après 9h du soir pour des questions de sécurité) Si on ne respecte pas les règles, on peut avoir des pénalités par l’organisation.

J’ai comme objectif aujourd’hui de relier Uherské Brod en Tchéquie, ville où est installée mon fabricant de vélo, AZUB, qui a eu la grande gentillesse de me prêter mon vélo. Je souhaite discuter avec eux d’une remorque à 2 roues

N’ayant plus de réserve de nourriture, je pédale 2h le ventre vide puis je trouve un bistrot sympa pour un petit déjeuner copieux. Je garde le même rythme qu’au Canada qui m’allait très bien : petit déjeuner et seulement dîner, enfin au milieu du grignotage de cacahouètes, d’amandes, fruits secs,…. Je repars une fois bien nourrie. Je veux vraiment essayer d’être chez Azub ce soir, mais je n’ai jamais fait une telle distance 170 km. Mais le moral est bon et je pédale de bon cœur.

Mais manque de chance, le vent se lèvera de façon importante. Il est de travers venant de ma gauche et parfois de face. Je dois baisser ma vitesse car des rafales rendent le vélo difficilement contrôlable. Malheureusement cela durera les 3/4 du trajet et lorsque j’arriverai vers 20H, le vent ne sera même pas tombé.

Pour pouvoir faire tous ces km, il me fallait du soleil pour avoir assez de batteries. Par chance, une belle éclaircie entre midi et 2h, j’en profite pour m’arrêter et recharger. Du coup, je pense que j’ai assez de batteries pour aller jusque chez Azub. Et je repars confiante. Hormis ce mauvais vent dangereux, j’avance bien.

Et j’arriverais vers 20h le soir. 172 km est mon record personnel. Je n’ai jamais fais autant de distance. Honza viendra me chercher en voiture (il habite à 2 km de là). Sa femme et ses 2 beaux enfants nous attendent pour dîner et je passerais une excellente soirée. Merci à vous tous.

Étape 12-1

Honza, Dr Marketing Azub passe la journée à me faire une remorque. Nous avons commencé à 8h30 et fini à 21h. Il a été aidé à un moment par 2 de ses collègues alors que c’est dimanche. Merci pour l’entraide.

 

 

Plus la journée passe, moins je trouve Honza serein par rapport au début de la journée. Vers 21h, il s’assoit sur un tabouret, regarde la remorque et me dit: « je suis désolée Corinne mais cette remorque n’est pas « safe », aussi tu ne la prends pas ». Vous imaginez ma tête. Je garde le sourire , je le remercie d’avoir au moins essayé et nous refaisons ma remorque actuelle. Il changera juste la roue de ma remorque par une meilleure roue. Nous finirons à 1h du matin. Je vais vite me coucher car je suis crevée et…tellement déçue. Du coup je couche à l’usine dans le bureau d’Honza. Comme ce sont tous des sportifs, il y a une douche à l’usine. Je la prends le matin. Elle est glacée. Cela me mets vite les idées en place. Honza m’a donné le chemin à faire. Il l’avait préparé pour Laurent, sauf que mes ambitions sont moindres car il lui a donné la route pour 189 km.

Maintenant que je sais que j’aurais cette remorque jusqu’a Canton, que je n’ai plus de possibilité de choix, l’affaire est close. Je vais juste essayer qu’elle tombe le moins possible.

Bonne journée à tous

SUNTRIP 2018 – ÉTAPE 11

Vendredi 29 juin, arrêt à Leitzersdorf

Bilan vélo ; 120 km

La journée commence très bien. Après avoir rangé nos tentes gorgées d’eau car il a plu une bonne partie de la nuit, nous prenons un petit déjeuner tous ensemble. C’est, comme d’habitude, très gai. Cathy a le don de mettre de l’ambiance et de nous faire rire. Mais c’est l’heure de se séparer. Ils vont rouler plus vite et plus loin, je pense qu’à la fin de la journée, ils auront fait 40 à 50 km de plus que moi. Et ce chiffre multiplié par le nombre de jours passés sur le vélo, fera une sacré différence à l’arrivée. Quand je pense à la manière sérieuse dont j’ai préparé ce Suntrip et au résultat, je suis triste. Mon erreur majeur a été de vouloir garder un vélo comme Petit Prince qui est un merveilleux vélo quand il est seul avec des sacoches. Mais l’univers de l’énergie fournie par des panneaux solaires est vraiment complétement différent. Mais je ne m’en suis pas assez rendu compte. Maintenant, je suis dans l’aventure et les regrets ne servent à rien. C’est sûre que si je fais un deuxième suntrip, ma monture ne sera pas du tout la même (il faut déjà que je finisse le premier !…).

J’ai bien étudié le trajet mais comme d’habitude Google Maps Vélo me balade, me fait perdre du temps, me fait faire des km en plus. Ceci dit, 3 incidents me feront l’abandonner.

Le premier comme d’habitude, il m’emmène dans des chemins de terre. Sauf que là, avec la pluie, les flaques d’eau sont importantes et pour le première fois, la terre est glaiseuse. A un moment, la remorque dérape dans une flaque, tire sur l’arrière du vélo et je finis dans le fossé. Je mettrais 1/4 d’h à m’en sortir en me faisant mal au dos à cause du poids. Je n’ai même pas eu le réflexe de prendre une photo. Pour le moment, je ne prends pas assez de plaisir pour faire des photos, mais cela va venir quand l’ensemble vélo + remorque aura de l’équilibre.

Un peu plus loin un arbre est tombé sur la piste (je ne peux pas reprocher à Google Maps de ne pas savoir cela …). Comme j’ai roulé un certain temps sur cette piste, il est hors de question de faire demi-jour. Mais je ne risque pas non plus de passer au dessus du tronc avec mon bardât. Alors nous voilà parti dans le champ qui borde le chemin. C’est un champ de maïs  (déjà 2m de haut). Et me voilà entrain de passer au milieu des maïs en essayant de ne pas les coucher. Finalement, je m’en suis bien sortie et j’ai fait très peu de dégâts (mais j’ai vraiment pris mon temps pour abîmer très peu de choses).

Très énervée par tout cela. je redemande à Google Maps, le trajet mais pour voiture. Il m’enverra sur une sorte de nationale visiblement interdite aux cyclistes vu le nombre de coup de Klaxons indignés. Je ne ferais que 3km dessus … mais à 30 km/h. Puis raisonnablement,  je sortirai.

Je décide alors une autre tactique qui a plutôt mieux marché. A gauche de mon vélo, j’ai mis l’application OSMAND qui a tout le trajet que j’ai préparé et Google Maps vélo à droite sur un écran. OSMAND se refuse toujours à faire du guidage vocal (Gilles qui connaît très bien ce logiciel, ne comprend pas non plus pourquoi il se refuse à me parler (je n’ai quand même pas de chance)). J’essaie autant que je peux voir, c’est à dire difficilement de suivre OSMAND car je ne veux pas quitter la route des yeux et Google Maps me prévient souvent des changements de direction. A ce moment, je regarde si OSMAND me dit la même chose. Mais Google Maps en système d’alerte, c’est déjà nettement mieux. Je sais qu’à l’arrivée je serais bonne, mais que de tâtonnements dus à OSMAND non testé avant de partir mais ayant tous les trajets dans les entrailles et toutes les cartes des pays traversés.

A partir de 16h je n’ai quasiment plus de batterie. Je pourrais encore pédaler 2h et demi mais je ne peux pas à cause du poids. Certains concurrents arrivent à faire 40 à 50 km sans batterie, mais il est hors de question que je me bousille les genoux car sans batterie, c’est les genoux qui trinquent. Je sais vraiment que maintenant, le facteur limitant, c’est le matériel et non mon physique. C’est vraiment très frustrant pour quelqu’un comme moi. J’avais prévu de faire 150 km  par jour mais si les batteries sont vides à 120 km et bien je ne peux pas faire plus. Au Canada avec la même puissance de batterie, je faisais 150 à 160 km mais le vélo était tellement moins lourd.

Du coup, je me suis arrêtée à une fête de village à 17h. La bière coule à flot, les grillades très bonnes et le bruit très fort. Je n’ai aucune idée où je vais coucher car je me suis attardée à la fête et il est 21h. Je suis mal barrée pour ce soir.

SUNTRIP 2018 – Étape 10

Jeudi 28  juin 2018

Bilan Vélo, 70 km, encore oublié de remettre à 0.

Le départ est sous la pluie. La tente a été rangée gorgée d’eau et j’ai eu beau secoué fort, le double toit reste bien plus lourd. Encore un peu de poids en plus,  moi qui en manque.

Partir en groupe est complétement différent, pour moi c’est un autre Suntrip.  C’est agréable, je ne fais que suivre. Pas de trajet à suivre, cela concerne le premier en tête qui trace la route (François et Gilles). On longe le Danube. Le paysage est magnifique mais c’est difficile d’apprécier dans la brume et la pluie. Quel dommage …

Au bout de 2h de route, arrêt pour se restaurer. Je n’ai pas l’habitude de faire de breaks comme cela. Ils ont plein de nourriture, moi je n’ai presque rien, que des cacahouétes !…Et ils mangent tous vraiment. C’est amusant les rythmes et habitudes différentes. Pour moi, comme au Canada, je mange très peu dans la journée. Seulement un solide petit déjeuner et un dîner. Et beaucoup d’eau à boire pendant le parcours (Important pour éviter les problèmes de tendinite et de rein).

Étant partis en début d’après midi, et le vélo de Cathy ayant très peu de batteries, nous ne ferons que 70 km. Nous nous arrêterons dans un camping au bord du Danube. Comme d’habitude quand il n’y a pas de soleil, je mets immédiatement en charge les batteries car il faut 7h pour les recharger entièrement. Heureusement que j’ai cela car vu l’absence de soleil, je ne pourrais pas repartir. Cela doit être le cas pour un certain nombre, je pense car sinon, je ne vois pas comment on peut rouler dans la journée sans soleil, ne pas recharger la nuit et faire le lendemain, une journée entière de vélo. Cela tient du mystère pour moi.

J’ai pu comparer de façon précise ma consommation de batterie avec celle de Cathy (en trike avec 450W exposé). C’est fou la différence car même si on charge très peu, elle charge toujours le double de moi. Donc j’imagine avec le soleil, l’autonomie que cela peut donner.

Je vais m’arrêter chez Azub en Tchéquie, pour discuter de tout cela avec eux. Azub est la société de construction de vélo couché et de trike qui a eu la grande gentilles de me prêter le vélo avec lequel je roule et qui est strictement identique à Petit Prince I qui a traversé le Canada

Le soir nous dînerons tous ensemble au petit restaurant du camping, soirée très gaie avec de nombreuses chansons: un très bon moment passé tous ensemble. j’en profite car je sais que demain, cela sera fini, chacun repartant de son côté. Tous, avec leurs trikes et leur 450W, ils sont bien plus rapides que moi et il est hors de question de les retarder. Je vais reprendre ma place de lanterne rouge sur la carte de la course.

SUNTRIP 2018, ÉTAPE N°9

Mercredi 27 juin,  Camping de Grein

Aucun bilan vélo, je ne sais même pas combien de km j’ai fait, car je suis arrivée sous une pluie démente et j’avais d’autres choses à faire que de relever mes compteurs

Une météo un peu folle, le matin le soleil a joué à cache-cache avec le  soleil mais dans l’ensemble, le temps était agréable. Comme d’habitude, j’ai fait un peu de piste avec cailloux et de la belle piste bien goudronnée.

Puis grand soleil pendant 2h, immédiatement je m’arrête pour recharger au soleil

Puis une belle rencontre avec un couple de polonais et 3 enfants, 6, 4, 2 ans, une famille très sympathique

 

Puis j’ai repris la route, tout allait bien.

Puis le soleil a disparu. Et là les nuages noirs se sont accumulés. Je ne suis pas tranquille car le ciel est vraiment noir. Et ce que je craignais, arrive. Un orage terrible éclate. Et je suis dessous. La piste qui longe le Danube est sur la digue qui protége les terres du crue du Danube. Le Danube est haut et il est visiblement régulé par des formes de barrages avec écluses mais qui n’occupe pas tout le Danube car celui-ci est navigable. On voit régulièrement des gros bâteaux croisières qui naviguent doucement.

L’orage redouble de violence et les éclairs apparaissent avec le tonnerre.  Les éclairs se rapprochent et je prends peur. Il n’y a aucun abris sur la digue, par de sortie pour descendre et juste un banc de temps en temps. Je tombe sur une voiture (il y en a de temps en temps une avec des pêcheurs à côté). Le pêcheur est réfugié dedans. Je frappe à la fenêtre et demande si je peux m’abriter et … le chauffeur me fait signe que non. Je reste interdite. Je suis vraiment d’une naîveté incroyable. Effectivement j’aurais mouillé sa voiture !…

Je repars donc et 3 km plus loin une sortie. Je m’y précité et je trouve un café envahit par des cyclistes. Je reste 1/2h, la pluie ayant cessé, je repars mais un quart d’heure après, un nouveau orage éclate. Et de nouveaux, éclairs et tonnerre, je vois au loin un village, il faut que je sorte. Il y a une pente en fort montée pour sortir. Ma main tellement humide glisse sur l’anneau de changement de vitesse, je n’arrive pas à passer la vitesse et évidement la remorque est penchée, donc je tombe (au moins 20 éme chute depuis le départ, cela va mal se terminer). 500m plus loin, je tombe sur un camping, et le terme exact, c’est je m’y réfugie.

Je monte la tente en vitesse entre 2 averses. Je me dirige vers la douche quand j’entends un grand « Corinne », je suis étonnée, je me retourne et c’est Gilles qui arrive. En une après-midi, ils m’ont rattrapée. Ils savent que je suis là et ils sont venus me rejoindre. Quel plaisir de ne pas être seule. Par contre, moi j’ai eu le temps de manger mais le restaurant fermait à 20h, ils iront manger en ville et moi je vais me coucher.

Il a plu toute la nuit très fort et au matin, il pleut toujours.

Terrain totalement détrempé au matin

Le tandem de Gilles et François possède maintenant une remorque où ils ont mis leurs affaires pour alléger le vélo suite à tous leurs problèmes de rayons cassants

Par contre, quelle joie de prendre un petit déjeuner tous ensemble. Consultation de la météo: exécrable sur 3 jours, nous sommes prévenus.

On décide tous de partir quand même pour faire la partie plate du Danube soit 65 km à 70 km. Cette rencontre m’a revigorée et cette fraternité aussi

SUntrip 2018 Étape 8

Mardi 26 juin, Mitterberg, Autriche

Météo: pluie, nuages et une petite éclaircie à midi mais très brève

Bilan vélo

A l’arrivée, il reste 46,6 V (sur un total possible de 54V

-131 km parcourus, moyenne 19,3 km/h, durée: 6h45mn, 3,9% de régénération moteur (rappel, due au frein droit actionné dans la descente qui permets d’avoir un freinage moteur), 27,61V, 1339,6 Watts-heure

– Panneaux voltaïques; 699,86 Watts-heure. L’absence de solaire se fait cruellement sentir.

Une journée un peu morose question temps avec des ondées. A vélo, vous vous habillez pour la pluie, puis quand celle-ci s’arrête, vous avez trop chaud, vous vous déshabillez pour recommencer un moment plus tard, ce n’est pas très agréable.

J’ai suivi les conseils d’Heïdi, ne pas aller en ligne droite mais suivre le fleuve Danau pour profiter du plat. La matinée, j’ai donc roulé pour atteindre Passau afin de pouvoir suivre le fleuve. Au passage de Passau, j’ai profité d’une éclaircie, sur une belle place, pour essayer de faire bronzer Petit Prince.

La première partie de la route cyclable le long du fleuve borde une route très fréquentée et très bruyante et comme il pleut en plus, difficile d’en profiter. La seconde partie est plus agréable, il ne pleut plus et la route qui borde la piste cyclable est peu fréquentée, une petite éclaircie qui sera brève et qui ne permet pas de recharger en solaire est bien agréable. On voit que le soleil n’est pas loin car il apparaît régulièrement mais il n’arrive pas à rester. Pas de dénivelé, je suis contente de faire un peu de plat. Continuer la lecture de SUntrip 2018 Étape 8

Suntrip 2018 – Étape 7, une journée de « merde » qui finit bien

SUNTRIP 2018 – Étape 7 – Burghauser (Autriche)

Lundi 25 juin 

Temps nuageux et pluvieux donc défavorable au chargement par panneaux solaires.

Bilan vélo : 67 km, moyenne 19,4 km/h, durée de pédalage: 3h27

  • Consommation: 878 Watts-heure soit 12,6 Watts-heure/km, 3,8% de régénération soit 18,25 Ah
  • Recharge par panneaux voltaïques : 278 Watts-heure

Lorsque je me réveille le matin, il pleut très fort donc j’attends une accalmie pour pouvoir partir. Je n’avais pas prévu qu’il pleuvrait donc j’ai laissé la seule sacoche non imperméable sur le vélo. Ce n’est pas très malin et je ferais attention dorénavant. Je range la tente après avoir bien secoué le toit de tente pour essayer de transporter le moins d’eau possible. J’espère qu’il fera assez beau pour que je puisse la sortir et la mettre à sécher dans la journée.

J’installe mon iPhone sur le vélo et je le relie au petit adaptateur génial (relié à la batterie) qui me permet de recharger tout le temps du trajet l’iPhone qui reste ouvert sur le trajet. Dorénavant j’utilise map.me vélo qui prévient mieux que Google Maps, des changements de direction. Une fois l’iPhone branché, je m’aperçois avec consternation qu’il ne recharge plus. Là aussi, je l’ai laissé toute la nuit sous la pluie avec le cordon qui le relie à l’iPhone. C’est très embêtant. Je me dis que peut-être c’est le cordon. Comme j’ai tout emmené en double, je branche le cordon de secours et cela marche. là encore j’enlèverai tout cela la nuit. C’est ma première nuit sous la pluie, il faut reprendre les bons automatismes.

Je pars donc, mais un quart d’heure après je m’arrête pour enfiler mes vêtements de pluie car la pluie a recommencé. J’enfile pour la première fois des chaussettes imperméables car je suis en sandales. Et à ma grande satisfaction, cela marche bien. Mes pieds restent au sec et je n’ai pas froid. C’était donc un bon achat

Je pédale bien mais, là encore, beaucoup de montées et descentes qui me font bien me servir du moteur et décharger les batteries. Et de nouveau je retombe sur une route à 17% qui fait presque 1 km. Je dois les collectionner. Pieds à terre, et me voilà à nouveau entrain de pousser. Heureusement que j’ai un moteur car sans cela, je ne pourrais pas pousser mon vélo car il est trop lourd. Mais vraiment j’en ai ma claque de collectionner les côtes à 17%, même si elles ne sont pas très longues cela casse le rythme en m’obligeant à mettre pieds à terre.

Je repars et la pluie recommence. Je me réfugie pendant 2 grosses pluies sous des hangars agricoles. Je vais sûrement de cette manière beaucoup recharger avec les panneaux voltaïques !Je finis par m’arrêter dans une boulangerie/bar pour prendre un petit déjeuner et avoir du Wifi pour vous envoyer la newsletter n°6. Cela me fait du bien, cette petite halte au milieu de cette matinée morose. Puis je repars avec toujours cette alternance de montées fortes mais courtes et de descentes. C’est frustrant en haut d’une bonne montée de redescendre aussi sec, ce que je viens de monter. Par contre très peu de voitures et des très beaux paysages (tout cela du au fait que le guidage est réglé sur vélo.)

Au bout de 67 km j’arrive à la ville frontière entre l’Allemagne et l’Autriche : Burghauser. Et là je constate avec effroi que ce qu’on me demande (tout est relatif, c’est le chemin indiqué par Maps me) est de monter un côté énorme toute droite (j’apprendrais par la suite que la pente est de 25%, je ne savais même pas que cela existait, record absolu depuis que je fais du vélo). Je n’ai pas le choix car je dois monter sur le plateau. J’ai été voir la route, mais elle est indiquée de 17% et très étroite (2 voitures se croisent à peine, aussi si je pousse c’est dangereux). Je reviens donc bien triste à mon mur. Courage, je dois y aller. La côte fait 400m de long. Je finis par m’y engager et je vois dès le début que le moteur a du mal. C’est tellement raide (je croyais que 17% était un maximum), je trouve effectivement que c’est plus dur que d’habitude, je dois contrôler l’équilibre du vélo en même temps. Je fais 100m par 100m et je m’épuise totalement,  je vois bien que le moteur s’épuise aussi. Quand je m’arrête, il a de plus en plus de mal à repartir. Je dois enclencher la gâchette de l’accélérateur 5, 6 fois avant qu’il démarre. Mais petit à petit nous montons. Et soudain 10m avant l’extrémité de la montée, le moteur s’éteint, plus d’écran du cycle analyste allumé (sorte de petit ordinateur de bord). Je suis stupéfaite, cela ne m’est jamais arrivé. Je sers les freins au maximum et à ma grande horreur, le vélo commence à descendre, emportait par son poids et le niveau de la pente. J’essaie désespérément de le retenir mais je n’y arrive pas, je ne suis pas assez forte. Pour éviter un accident (il y a des piétons qui utilisent cette voie), je n’ai comme seule ressource de jeter le vélo par terre, ce qui effectivement l’arrête net. Et je reste à côte complètement désemparée par cette situation inédite. Que faire ? Je suis obligée de demander de l’aide. Une femme dans son jardin juste à côté, s’occupe de ses fleurs. Je lui explique ma situation (heureusement elle parle anglais). Elle voit des voisins monter la côte à pied. Elle les appelle et à 4 on redresse vélo + remorque, on fait un demi tour et mètre par mètre, on descend jusqu’au jardin que gentiment on a mis à ma disposition. Et je reste près de mon vélo, ne sachant pas quoi faire. L’écran vide du moteur me fascine. Est ce que j’ai grillé mon moteur et le voyage s’arrête là avant d’avoir commencé. Je suis vraiment perplexe. J’ai peur de faire quelque chose qu’il ne faut pas faire. Je touche le moteur, il est bouillant. Est ce que je l’ai grillé ? Finalement, après réflexion, je décide de brancher le chargeur de batterie. Pendant ce temps, je vérifie tous les branchements, tout est bon. Au bout d’une heure je rallume le controller et mon écran se rallume. J’y crois tout de suite, c’est bon. Le moteur m’a juste dit qu’il en avait marre des côtes démentes que je lui fait monter en marchant à côté de lui.

La femme (elle s’appelle Heïdi) qui m’a permis de mettre le vélo chez elle et de le brancher sur le courant, me propose de dîner et coucher chez elle. Comme c’est gentil. Elle a vu que j’étais très inquiéte pour la suite de mon aventure. Je passe une excellent soirée avec elle. Quelle chance qu’elle parle anglais car nous pouvons dialoguer. Elle est veuve et vit avec 3 chiens âgées dont un qu’elle a récupéré de quelqu’un qui s’apprêtait à l’euthanasier car son maître le trouvait trop vieux. C’est un setter de 16 ans qui est en adoration devant elle. Dès qu’elle s’assoit, il pose sa tête sur sa cuisse.

Son fils Michaël est passé voir sa mère en courant, il prépare le marathon de Berlin. Après que sa mère lui ait raconté ma mésaventure, il enverra son fils Thomas  le matin à 7h pour m’aider à finir la pente car il a peur que je tombe

Que dire devant tant de gentillesse: MERCI, vous êtes de belles personnes

Etape 103-1, deuxième virée à Halifax

Samedi 8 octobre 2016, encore une journée chaude ensoleillée

Aujourd’hui, journée touristique avec flânerie sur le port et visite du musée de l’immigration au programme

J’ai commencé par le musée de l’immigration qui m’a beaucoup intéressé. Sur des fiches, des visiteurs, anciens immigrants laissent leur témoignage, c’est poignant.

Le musée canadien de l’immigration du Quai 21, à Halifax (Nouvelle-Écosse), est le musée national canadien sur l’immigration, fondé en 1999. Le musée occupe une partie du bâtiment Quai 21, qui a servi entre 1928 et 1971 de quai de stationnement aux paquebots après leurs traversées de l’Atlantique puis en tant que centre de réception des immigrés. Un million d’immigrants sont passés par le Quai 21.

Une exposition temporaire a lieu sur le drame de 1914 concernant le bateau « Empress of Ireland ». On en a peu parlé à l’époque à cause de la première guerre mondiale ayant éclaté.

Source Wikipedia

« L’Empress of Ireland était un paquebot transatlantique de la Canadian Pacific Steamship Company lancé le 26 janvier 1906 et qui assurait la liaison régulière entre Québec et Liverpool, en Angleterre. Le 29 mai 1914, il fait naufrage dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, près de Rimouski. Avec 1 012 victimes parmi les 1 477 personnes embarquées, il constitue « le plus grand naufrage survenu au Canada » et se classe parmi les plus grands naufrages du début du xxe siècle, avec ceux du Titanic et du Lusitania.

L’Empress of Ireland quitte le port de Québec vers 16 h 30 le 28 mai 1914. Le navire, qui en est à sa cent-quatre-vingt-douzième traversée de l’Atlantique, est commandé pour la première fois au départ de Québec par Henry Kendall et compte à son bord 1 477 personnes dont l’acteur Laurence S. Irving et sa femme l’actrice Mabel Hackney de retour d’une tournée triomphale au Canada, ainsi que 170 membres de l’Armée du salut qui se rendent à un congrès à Londres. Le 29 mai 1914, dans la nuit, après avoir débarqué son pilote à Pointe-au-Père, il se dirige vers Liverpool en Grande-Bretagne en suivant le fleuve Saint-Laurent, tandis que le Storstad, un charbonnier norvégien, remonte le fleuve à pleine charge en direction de Montréal. Les deux navires serrent la rive droite sur un bief du fleuve par une nuit calme et claire au large de Sainte-Luce, à l’est de Rimouski, là où le fleuve s’évase. Vers 1 h 55 du matin, le commandant Kendall aperçoit depuis la passerelle le Storstad à une distance d’environ 8 milles avant que les deux navires ne soient enveloppés par un banc de brume. Lorsqu’il aperçoit les feux de mât du Storstad sorti de l’obscurité sur tribord, il est trop tard. Malgré une manœuvre d’urgence sur tribord pour minimiser l’impact de la collision, l’Empress of Ireland est accidentellement abordé sur son côté tribord entre les deux cheminées par le charbonnier norvégien. Parce qu’il a engagé la marche arrière avant l’abordage et que l’Empress of Ireland avance toujours, le Storstad n’arrive pas à rester dans la brèche et l’eau s’engouffre rapidement dans le paquebot qui gîte sur tribord avant de chavirer. Le navire coule en seulement 14 minutes.

La rapidité de ce naufrage, l’impossibilité d’utiliser la majorité des embarcations de sauvetage (le bateau se couche sur son côté tribord dont seulement quelques canots de sauvetage ont pu être utilisés ; seuls 5 à 6 canots au total ont pu être affalés) et la température de l’eau du fleuve Saint-Laurent (0 à 4 °C tout au long de l’année), font que seulement 465 des 1 477 personnes du bord (dont 248 membres d’équipage) survivront. Sur les 1 012 morts, il y a 840 passagers, soit 68,5 % des gens à bord (en tout 8 de plus que le Titanic)[e 3]. Seuls 4 enfants ont survécu. »

Les 2 musées d’Halifax racontent vraiment bien 2 tragédies terribles.

Puis je reprends ma ballade dans le port.

Un trois mats à quai


Et le ponton d’à côté, un bateau original


Des bateaux de plaisance


Un bateau arrive au port


Des kayaks avec des pagailleurs en bras de chemise


Un mélange des genres dans ce port très actif


Au loin les grues de déchargement


Des hamacs superbement placés sur les quais. Je me serais bien mise dedans mais toutes les places étaient prises.


Un usage particulier des vélos


Une transformation de vélo en mobylette que je n’avais jamais vu mais bonjour le bruit. Il est intolérable.


J’arrose toute seule la fin de mon périple avec un superbe homard mais j’aurais aimé que tous mes amis canadiens soient présents autour de moi pour arroser cela avec moi.


Tout à l’heure, je prends le train pour Montréal (durée 22h de train !…) Pourquoi ?

Parce que je ne veux pas revivre ce que m’a fait vivre British Airways à l’aller. Aussi je veux un vol direct que j’ai pris avec la compagnie charter Air Transat. Par contre, pour pouvoir ramener Petit Prince avec moi, il faut que je lui enlève l’assistance électrique (les batteries sont interdites en avion pour risque de terrorisme, réglement international) ce que je vais faire à Montreal dans un magasin de vélo, BionX ayant accepté de reprendre le système (merci à eux).

Donc prochaines News: Montréal, retour Paris et bilan de ma traversée du Canada

Encore merci à tous

Etape 103, de Falmouth à Halifax, 89 km

Vendredi 7 octobre 2016, température de 8° à 22°C, temps ensoleillé encore magnifique

Je ne vous ai pas raconté et j’aurais dû, ma visite à Grand Prè la veille

Mais qu’est ce que Grand Pré (source Wikipedia)

« Fondé en 1682, Grand-Pré est rapidement devenu le grenier et la principale ville de l’Acadie. Il fut délaissé à l’origine par le gouvernement colonial, étant trop loin de Port-Royal. Ravagé en 1704 et tombé au mains des Britanniques en 1713, Grand-Pré fut victime de la lutte pour le contrôle de l’Amérique du Nord. Il retourna brièvement sous contrôle Français à la suite de la bataille de Grand-Pré, en 1747. La population fut déportée par les Britanniques à l’automne 1755. Les Planteurs de la Nouvelle-Angleterre s’établirent au village à partir de 1760.

De nos jours, Grand-Pré est un petit village devenu site historique national, célébrant son histoire et son patrimoine, considéré par plusieurs comme le cœur historique et spirituel de l’Acadie. Le site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 30 juin 2012. »
La déportation, appelée ici, « grand dérangement » a concerné 10000 acadiens et a duré 7 ans.

La statue d’Evangiline 

« Évangéline (en anglais Evangeline, A Tale of Acadie) est un poème épique de Henry W. Longfellow qui raconte la Déportation des Acadiens. Publié à l’origine en 1847, le poème connait un grand succès aux États-Unis, favorisant l’affirmation identitaire des communautés américaines, canadiennes-françaises et cadiennes, contribuant surtout à la création du mythe fondateur de l’identité acadienne des Maritimes. » Source Wikipedia



L’agronome que je suis a été intéressée par la technique utilisée par les acadiens pour coloniser les terres envahies par la mer, les dessaler. Les acadiens ont construits des « aboiteaux » sur le principe suivant :


Les Acadiens ont su tirer parti, outre de ces herbes robustes et denses prises dans les mottes de terre, des modèles de drainage naturel du marais en construisant des aboiteaux directement dans le lit des petits ruisseaux qui drainaient le marais à marée basse. L’aboiteau est un terme utilisé en Acadie qui renvoie à la fois à la section de la digue entourant la dalle ou l’écluse et à l’ensemble de l’ouvrage d’endiguement. Chaque dalle était munie d’un clapet ou d’une valve de bois qui permettait à l’eau douce de s’écouler de la dalle et de se déverser dans la rivière ou la mer à marée basse. Le clapet empêchait aussi l’eau de mer de refluer dans le marais à marée haute.

Revenons à mon dernier hébergement sur ma route et à l’excellent accueil de cette dernière famille qui m’a reçu si gentiment (merci dans les commentaires de me redonner vos prénoms car je n’arrive pas à retrouver ma fiche et comme je n’ai pas de mémoire des noms. Veuillez accepter mes excuses).


Comme je vous ai dit hier, ils ont 4 chevaux de labour dont un qui est géant et magnifique. Ils ont eu la gentillesse de le sortir de l’écurie pour que je le vois


Il a été brossé mais il faut un escabeau tellement il est grand !…


Je n’ai pas résisté à monter dessus car moi, ancienne cavalière, je ne suis jamais montée sur un cheval géant. En plus ce cheval est doux comme un agneau et quel confort (comme Petit Prince, vous vous rendez compte !)


Puis nous sommes allés chez le producteur de citrouilles géantes, celui qui fournit les citrouilles servant de bateaux pour la course …


Décoration inattendue


Les citrouilles sont tellement énormes qu’elles peuvent servir de siège…


Les citrouilles géantes dans les champs


Les citrouilles géantes avec des petits drapeaux rouges sont celles qui ont été retenues pour la course de bateaux


Les citrouilles à la vente


Avez-vous compris que j’aime les citrouilles ?

Au retour, comme il était pas loin de midi, mon repas m’attendait. Que de gentillesse encore. J’apprends que c’est actuellement Thanksgiving, exactement le 10 octobre, mais nous ferons un repas Thanksgiving. 

L’Action de grâce (anglais : Thanksgiving) est une fête canadienne ayant lieu le deuxième lundi d’octobre pour célébrer les récoltes et rendre grâce des bonheurs reçus pendant l’année. La date est fixée par une proclamation du Parlement canadien du 31 janvier 1957 créant « Une journée pour rendre grâce au Dieu tout-puissant des récoltes abondantes dont jouit le Canada »Source Wikipedia

Nous partons au final à 13h sachant que Google Map dit qu’il y a 74 km jusqu’à Halifax

Les couleurs des arbres sont vraiment superbes


Puis j’arrive à 21 km d’halifax. Compte tenu de la difficulté d’approche des villes, je décide de prendre la WHW. Mais au bout d’un km, stupeur, un panneau indique qu’elle est interdite aux vélos. Pourquoi ce n’était indiqué sur la bretelle d’entrée. C’est malin. Et me voilà entrain de faire demi tour sur la bande d’arrêt d’urgence. Je suis furieuse de devoir prendre des risques idiots. Je roule donc à contre sens sur la bande d’arrêt d’urgence, collée au fossé et roulant tout doucement prête à me jeter dedans au moindre problème. Je ne suis pas fière de nous mais c’est la première fois qu’il y a une WHW interdite au vélo donc je ne m’en doutais pas et sans panneau comment savoir. Après avoir quitté ce merdier, je m’arrête à Boston Pizza pour avoir internet et me mettre sur Google Map vélo. Et je repars. Le début est parfait car il me fait passer sur des pistes cyclables, puis la route, puis des pistes cyclables en forêt et là tout se corse. En effet 2 montées sont des murs sur de la terre avec des racines. Petit Prince s’épuise mais il n’y arrive pas. Je décide donc de déscendre et de pousser mais c’est vraiment dur. La 2ème montée est encore plus dure, je glisse et j’avance tout doucement. Heureusement, un coureur  passe et m’aide à pousser. Nous nous en sortons mais je suis en nage. En plus, le trajet est beaucoup plus long qu »annoncé au départ et la nuit tombe. Je ferais les 10 derniers km de nuit et en ville. Là encore, Petit Prince est parfaitement éclairé, autant que peut l’être un vélo mais moi, je ne suis pas tranquille.

Finalement, nous arriverons à l’auberge de jeunesse à 20h. Et je n’aurais une place qu’en dortoir mixte de 6 (cela Jean Claude, je ne l’ai jamais connu dans mes 10 ans d’internat !…). Je défais mes sacoches et je regarde le compteur pour le kilométrage final.


Vous avez la preuve du kilométrage réalisé : 9064 km en 4 mois et demi. 

Merci Petit Prince de m’avoir conduit à bon port, d’avoir été fidèle, de ne m’avoir jamais lâchée, d’avoir résisté à tous les trous que je n’ai pas su éviter, d’avoir gardé ta direction quand des fous en chars ou en camions nous rasaient, de ne pas t’être affolé quand nous avons croisé des ours, d’avoir su garder ta bonne humeur dans les difficultés, de m’avoir encouragé quand les côtes étaient sévères en me disant qu’on allait y arriver. Je suis très fière de toi, d’avoir eu un compagnon d’une telle qualité. En plus, tu es tellement confortable que je n’ai jamais eu de problèmes physiques, jamais eu mal aux fesses, au dos, au cou, aux genoux, aux tendons et j’ai pu profiter à fond des paysages. Je n’osais espèrer cela. Grâce à toi, j’ai fais un fabuleux voyage sans ennui d’aucune sorte. Encore merci

Et puis, tu m’as aidée à trouver des accueils fabuleux. Que de personnes chaleureuses et accueillantes nous avons rencontrées. Toi comme moi, tu ne t’attendais pas à une telle ouverture d’esprit. Tu es d’accord avec moi, c’est la grande réussite de ce voyage, le grand succès de ce voyage, celui qu’on n’attendait pas. Merci Petit Prince de m’avoir encouragée à oser frapper aux portes, à m’avoir poussée quand je n’osais pas, à m’avoir aidée à trouver les mots qui ouvrent les portes et les cœurs. J’espère que nous avons apporté autant de joie et de bonheur que ce que nous avons reçus.

MERCI INFINIMENT PEUPLE CANADIEN POUR VOTRE SENS DE L’ACCUEIL, DE L’ENTRAIDE, POUR VOTRE OUVERTURE D’ESPRIT, VOTRE GENTILLESSE.

 SACHEZ QUE VOUS M’AVEZ RENDUE TRÉS HEUREUSE ET QUE GRÂCE A VOUS, PETIT PRINCE ET MOI AVONS PU RÉUSSIR CE CHALLENGE, DE TRAVERSER D’UN BOUT À L’AUTRE VOTRE MERVEILLEUX PAYS.

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Etape 102, de Middleton à Falmouth, 85 km

Jeudi 6 octobre 2016, température de 7°C  à 22°C, temps absolument magnifique ensoleillé .

Après ma nuit au B & B où les propriétaires se sont très gentiment occupés de moi, Petit Prince et moi avons repris la route sous un magnifique soleil mais la température est fraîche le matin. Aujourd’hui , je verrai bien plus de mélanges de couleurs et c’est absolument superbe, je roule doucement et je savoure. Sur les 20 premiers km, la route est en excellent état et les couleurs magnifiques

Je trouve que les cimétières canadiens sont d’une grande sobriété et simplicité. Du coup, je ne les trouve pas triste comme nos cimetières. Ils appellent à la sérénité et ne sentent pas la mort comme chez nous.

Au passage sur la route, je vois une peinture murale. C’est incroyable la précision de cette peinture. Ici pas de tags, alors cette peinture reste et elle est signée d’un artiste local.

Puis toute la journée, je trouverais des courges à vendre.


Regardez la taille de ces courges. J’ai appris ce soir, que dimanche prochain, à Windsor, il y a la « pumpkin race ». Les grosses courges sont creusées et mises à l’eau. Une personne se met dedans et pagaie. Cela doit être  drôle. C’est dommage de rater cela.


Photos tirés d’internet.


Je n’ai jamais imaginé qu’une courge creusée puisse flotter avec un homme à l’intérieur.


Et le paysage champêtre continue d’avoir plein de couleurs

Par contre la route est devenue très dégradée et pour un vélo, c’est vraiment dangereux et scandaleux de laisser une route se dégrader à ce point. Je dois être hyper vigilante et je râle car du coup j’ai moins le temps d’observer autour de moi. J’ai même vu un trou d’environ 15 cm de profondeur. Vous imaginez une roue de vélo tomber là dedans.

A un carrefour, à l’ombre d’un arbre, il y avait un trou que je n’ai pas vu et je suis tombée dedans, le vélo est parti en zigzag et j’ai failli tomber. Heureusement que Petit Prince a le sabot sûr et que sa souplesse est légendaire (grâce à une excellente suspension avant et arrière qui sur ces routes là sont un élément important de la sécurité). Je suis sidérée de ne jamais avoir voilé une roue quant on voit l’état des routes canadiennes.

J’ai pris cette photo car de loin, j’ai vraiment cru que 2 techniciens travaillaient sur une voiture. Et cela m’a fait rire en m’approchant de la voiture, de voir son état et les 2 mannequins de paille.

Et toujours ces belles couleurs

Et les étalages de courges continuent

Les vignes sont protégés des oiseaux par des filets

Mais il se fait tard et je dois trouver un point de chute. Je veux vraiment ce soir être dans une famille canadienne. Mais toujours la même question, comment choisir. Je roule et je n’arrive pas à me décider.

Soudain je vois une jolie ferme et le fermier âgé qui est dehors. Et je me dis que là je serais bien. Je m’arrête et lui demande de m’héberger. Cela le fait sourire et il me dit qu’il va demander à sa femme. Celle ci est complétement interloquée par ma demande. A chaque fois, on me dit que c’est la première fois que cela arrive, ce que je crois volontiers ! Et je suis accueillie très gentiment. Une belle soirée en perspective.

Dans la ferme, il y a des magnifiques chevaux de labours, 4, qui travaillent dans les champs et qui travaillent aussi en attelage. 2 chevaux de selle sont aussi présents pour leur fille. Moi qui aime beaucoup les chevaux, je me régale d’avoir trouvé une ferme comme cela.

Etape 101, de Gilbert’s Cove à Middleton, 95 km

Mercredi 5 octobre 2016, température de 8°C à 22. Soleil magnifique toute la journée

Après une bonne soirée avec une musique rock comme fond sonore et une bonne nuit, je prends un petit déjeuner devant un paysage splendide. Quelle chance d’avoir un chalet dans un lieu pareil. Mais pour Marc et Petra, c’est la fin de la saison, les bateaux sont rangés pour l’hiver et ils vont rentrer à Halifax où ils vivent. Merci d’avoir partagé votre petit paradis avec moi


Ma vue pour le petit déjeuner. Au fond, la brume qui ne se lèvera que vers 11h du matin

Toutes les belles choses, ayant une fin, il me faut repartir. Marc devait remettre les drapeaux correctement et le coquin a enlevé le drapeau canadien pour le remplacer par un drapeau acadien. Du coup avec un drapeau français et un drapeau acadien, le bleu, blanc et rouge est à l’honneur. Est ce un plus dans une région anglophone, je ne suis pas sûre ?

Quand je pars, il fait 8°C. J’ai du m’arrêter pour mettre mes gants en mérinos car j’avais froid aux mains. Mais très vite la température est montée et la journée a été splendide. Je n’ai pas vu un seul nuage.

Les 50 premiers Km ont été sportifs car la route ne fait que monter et descendre tout le temps et certaines collines montent  fort. La route a peu de circulation, c’est très agréable. Et je continue à longer des baies. Je sais qu’il faut que j’en profite car après je ne vais longer qu’une rivière dans la vallée.







Annapolis Royal. 

Ici, on a une des marées les plus importantes du monde. Cela donne des flux écumants qui remontent dans les terres à toute vitesse. C’est pourquoi est installée l’unique centrale marémotrice d’Amérique du Nord. 

Quand on est tout près, la vitesse du courant est vraiment impressionnante 



Puis je m’enfonce dans la vallée. Le paysage change complétement. Fini les baies magnifiques, place à l’agriculture, aux champs en particulier de maïs et à l’élevage. Je traverse plein de petits villages. Toujours peu de monde sur la route et un soleil superbe. Petit Prince et moi, on avance tranquillement en prenant, comme d’habitude le temps de bien tout regarder. J’ai emmagasiné dans ma tête un paquet de belles images pour l’hiver.

Vers 18h, j’arrive à Middleton, ville que je m’étais fixée pour m’arrêter. Ici, pas de gentils acadiens pour m’accueillir. Pas de camping non plus aussi il me reste les motels et B & B.

N’ayant rien mangé depuis le matin, je m’arrête chez Tim Hurtons pour acheter leurs muffins qui sont vraiment délicieux. Je gare mon vélo devant le restaurant, bien visible (je n’ai toujours pas digéré le vol de ma hampe avec mon poisson si sympa….). Un homme vient vers moi et me parle en français. Il est québécois. On discute un peu puis je lui dis qu’il faut que je trouve quelque chose pour la nuit et pourquoi pas un B & B. Immédiatement, il demande à quelqu’un qui passe et il se trouve qu’il y en a un pas loin. Marc le québécois prend sa moto et va voir pour moi si c’est sympa. Cela me fait rire. Il revient en me disant que tout est OK puis il m’emmène. Arrivé sur place, il joue les traducteurs, ce qui m’amuse car visiblement il ne lui est pas venu à l’idée que je puisse parler anglais. La mauvaise réputation des français en langue est vraiment bien implantée.

Je passerais donc la nuit ici dans cette maison très rétro. Pour dormir et prendre un petit déjeuner à un prix très raisonnable, cela me suffit

Etape 100, de Yarmouth à Gilbert’s Cove, 89 km

Mardi 4 octobre 2016, température du gel à 22°C, soleil magnifique toute la journée et vent fort venant de la mer de 15h à 17h.

Après un petit déjeuner pris au motel, je reprends la route et je suis contente car vraiment, je n’aime pas les motels. C’est trop de solitude.

Le temps est absolument magnifique, un grand soleil et pas un nuage. S’il a gelé cette nuit, la température monte vite et il fera 22°C au milieu de la journée. Mais le fond de l’air est frais, je ne peux pas me mettre en tee shirt car j’ai froid.

Et tout de suite le paysage est superbe. Le changement de couleur des arbres donne un camaieu de couleur (merci Annie de m’avoir appris que j’utilisais , à tort, le terme de l’été indien). Mais la beauté des arbres rouges est de courte durée car les feuilles tombent déjà. C’est surement du à la sécheresse de l’été.

image

De l’autre coté de la route il y a aussi des lacs donc on a de l’eau des 2 côtés; la mer et les lacs

Et là aussi, on trouve des îles.

On commence à trouver des fermes. On voit que les champs ont manqué d’eau cet été, tout est sec.

Les premières vaches que je vois en NE !…

 

Puis les baies, à nouveau, je continue à admirer ces paysages. Le soleil rajoute du charme à tout cela. L’eau est redevenue bleue alors qu’avec les nuages, elle est verte sombre.


Je retombe sur 3 très anciens cimetières et comme à chaque fois, cela m’émeut. Je descends et je regarde, les noms, les âges.

Et le cadre dans lequel ils sont situés est beau.


Et je repars mais je prends mon temps. J’ai tellement de chance de pouvoir regarder cela tranquillement, sans pression, à mon rythme. Et le vélo couché facilite tout cela car j’ai tout le temps la tête droite à observer à droite et à gauche.


Vous voyez, beaucoup d’arbres ont déjà perdus leurs feuilles.


Je passe mon temps à m’arrêter, à observer, à prendre des photos, à lire les panneaux explicatifs. Il est évident que du coup, je ne peux pas faire beaucoup de km dans la journée et … Je m’en fous !

 

 

 


En Acadie, je suis très frappée par la taille des églises. Elles sont très grandes et disproportionnée par rapport à la taille des villages. Comment les habitants ont-ils réussi à financer cela ? Je réalise que je ne suis jamais rentrée à l’intérieur, aussi je vais voire. Je trouve cela gai.


Halloween est le 31 octobre mais plein de maisons ont déjà installé des décorations. Ici, tout le jardin en est plein.

 


Encore une église immense par rapport à un petit village.


Une plage mais de galets.


Un petit port avec son phare.


Puis arrive le soir.

J’ai été très mécontente de moi, hier, de ne pas être vigilante sur l’heure et de me retouver dans un motel au lieu de demander l’hospitalité à un acadien. Je me suis jurée qu’aujourd’hui, cela ne serait pas le cas. Comme programme, j’avais prévu de chercher l’hospitalité pour la nuit à partir du 90e km. Mais je me dis que j’ai mal joué car j’ai passé la région plein d’acadiens et je suis maintenant dans une partie anglophone de la NE. Mais il faut aussi que j’avance. Donc je pédale et tout d’un coup je vois une maison avec cette peinture mais pas de drapeau. Je m’arrête immédiatement car ce sont les couleurs des acadiens. C’est drôle car j’avais repéré cette maison depuis le haut de la colline à cause de son toit bleu que je trouvais gai. Je m’approche de la porte quand quelqu’un m’interpèle derrière moi, c’est le propriétaire qui arrive. Je lui explique qui je suis et que je souhaite l’hospitalité. Par correction, il demande à sa femme mais le oui est déjà acquis. Je suis vraiment heureuse.

Petit Prince sera rangé dans cette petite écurie. Au passage, Marc m’explique que ma hampe avec ses drapeaux est incorrecte par rapport au Canada. Je suis surprise car j’ignore l’erreur que j’ai faite. Lorsque l’on place 2 drapeaux, l’un sous l’autre, le drapeau du pays que l’on visite doit toujours été le premier et le sien en second. Je vais corriger cela demain, mieux vaut tard que jamais. Je n’ai pas pensé à des problèmes de règles par rapport aux drapeaux, je l’avoue. Marc a travaillé avec l’armée; alors lui connait bien les drapeaux.


Cette peinture créé par Marc représente à gauche un visage d’homme, à droite un visage de femme et au milieu le symbole d’une famille (l’étoile est évidemment présente…)

Marc m’explique ses origines acadiennes. C’est extraordinaire, il est issu des familles fondatrices acadiennes. La Première génération est arrivée en 1606 à l’île Saint Croix et à Port Montréal en 1607. Son aïeul fait partie des 9 familles arrivées avec Samuel de Champlain. Ils ont fait un arbre généalogique. Je trouve fantastique qu’ils aient pu faire un arbre généalogique jusque là (il a fait des recherches avec son frère). Inutile de vous dire que cela les rend fière de leurs origines.

Cette maison qu’ils appellent chalet est leur maison de « campagne » car ils habitent Halifax.


Regardez la vue de leur terrasse


C’est vraiment magnifique. Je m’imagine très bien entrain de lire un bon livre ou d’écouter de la musique assise sur cette terrasse !….Le matériel de cuisson à l’extérieur est pratiquement présent dans toutes les maisons.


Petra, la femme de Marc, est née en Ontario, mais ses parents sont d’origine allemande et ont émigrés au Canada en 1959. Elle m’a préparé un superbe repas et Marc a ouvert une bonne bouteille de vin pour moi.

Puis un ami de Marc vient le rejoindre et il vaut passer 2h dans la cave à jouer des vieux rocks, c’est amusant car ils ont l’air de se faire très plaisir, ils jouent et chantent bien. Marc est à la batterie


Marc m’a expliqué qu’à la fin de la semaine, l’ouragan Matthew allait arriver sur la NE et que je ne pourrais pas faire de vélo pendant plusieurs jours. Il va être temps de mettre le mot FIN sur mon magnifique voyage.

Etape 99, de Clark’s Harbour à Yarmouth, 118 km

Dimanche 2 octobre  et lundi 3 octobre 2016, température de 3°C à 16, crachin le matin; puis nuageux et soleil à 16h

Le dimanche 2, au moment de partir, une pluie forte s’est mise à tomber et la météo annonçait cela toute la journée. Ne voulant pas revivre la dernière journée de pluie et une place s’étant libérée dans le B & B, je décide de rester une journée au chaud. Je la passerais à lire et à regarder un film « Spotlight » sur la pédophilie des prêtes à Boston. Bien glaçant quand vous êtes croyant et catholique. Et quand on voit en France des victimes essayer d’avoir un procès sur le même thème, c’est vraiment terrible. Donc journée canapé sans rien faire pour ce dimanche. Le soir, la propriétaire m’a cuisiné un hambourger au homard avec de la crème et des frites : une grande première pour moi de manger du homard de cette manière.

Après une bonne nuit, cette fois, dans un lit et un petit déjeuner copieux, je pars sous le crachin. C’est vraiment désagréable et cela durera 2h. Puis j’enchaine à nouveau avec les baies. Je ne me lasse pas de ce paysage car aucune baie n’est semblable à l’autre et les îles n’ont jamais la même forme.


Des ports pour la pêche aux homards presque dans chaque baie

On observe même des petits quais individuels avec un seul bateau


Les gros casiers à homards en attente d’être mis à l’eau après l’ouverture de la pêche.


L’été indien est vraiment là et c’est drôlement beau de voir tous ces mélanges de couleur.


Sur le guide du routard, j’avais vu qu’il y avait un village historique acadien à visiter. C’est à 9 km de la route que je suis, soit un détour de 18 km (il n’y a qu’une route donc un aller et retour), aussi vous imaginez ma colère quand je suis arrivée devant ce panneau. Sur la route, on trouve plein de panneaux indiquant ce village mais aucun n’indique que ce village est fermé. J’aurais donc fait 18 km pour rien.

Je prendrais juste quelques photos de l’endroit qui est superbe


Et je repars. Il est 16h et le soleil s’est mis à briller.


La couleur de l’eau devient bleu


Tout au long de la route, on trouve des maisons qui sont vraiment bien situées au bord de l’eau. Et ici la mer ne gèle pas.


Je tombe sur un mémorial lié à la guerre. Quand on voit le même nom de famille repeté plusieurs fois, on se dit que des familles entières ont du être décimées. Ce monument a un drôle de mélange des genres. Que vient faire sur un mémorial de guerre, un message anti avortement ?


Je continue ma route. Je n’ai pas vraiment regardé l’heure et la nuit va tomber. Je suis en pleine ville, Yarmouth, du coup je n’ai plus comme solution que le motel. Et je m’arrête donc au LakeLawn, je n’aurais donc personne avec qui discuter le soir. Comme dîner, je suis allée manger une pizza…qui était mauvaise. Bref, mieux vaut aller se coucher !

Etape 98, de Churchover à Clark’s Harbour, 88 km

Samedi 1er Octobre 2016, Température de 11 à 19°C, temps nuageux sans pluie

Je dormirais très bien puisque pour la première fois je me réveille à 7h30 (après m’etre couchée à 21h30 !…).Il n’y avait pas un bruit dans la maison car c’est samedi et il n’y a pas d’école. Très bon petit déjeuner pris en famille et Jody part travailler sur ces casiers. J’écris la News mais je ne peux pas l’envoyer car ils ont un internet très faible et pas de Wifi.

Puis je pars (avec un repas pour midi…) pour continuer à longer toutes les baies de la côte. C’est un vrai régal pour les yeux. Et puis le paysage varie tellement entre la marée haute et la marée basse où les algues apparaissent changeant complètement la vue. Profitez.


Les bateaux qui vont partir à la pêche aux homards


Un mannequin sur une barque


Quand la route quitte brièvement la côte, je passe au milieu de forêts.

 


Je me tiens sur un petit pont. Voilà ce que je vois à droite


Sous moi, l’eau se déverse de la partie plus haute à droite vers la mer à gauche


La mer descend. La partie à gauche du pont vers la mer


L’été indien commence


Une usine de poissons entourée de nuées de mouettes


Gros casier de stockage d’homards pêchés, en attente de l’ouverture de la pêche.


Une église avec un vieux cimetière abandonné à côté


J’ai flâné toute la journée et je me suis vraiment régalée. Je pédalais doucement pour bien tout voir. Personne sur la route aussi je pouvais zigzaguer sans risque, pas de bruit et des baies se succédant : un vrai plaisir pour les yeux. Je prends vraiment le chemin des écoliers mais cela en vaut la peine.

Le soir arrive et il me faut chercher où dormir. Dans le coin où je suis, les maisons sont petites et modestes aussi je cherche un B & B mais il y en a très peu. Je suis étonnée par l’absence de logement pour touristes ; quasiment pas de camping, très peu de motels et de B & B. Il fait presque nuit et cela m’énerve de ne rien trouver quand je vois enfin un B & B mais je dois déchanter car il a 2 chambres et elles sont prises. Je suis un peu désemparée par la situation. Et je vais finir par coucher sur le canapé du salon dans le B & B car il commence à pleuvoir et la propriétaire ne veut pas me voir repartir comme cela. Je suis soulagée. Encore une très bonne journée

Etape 97, de Hunts Point à Churchover, 96 km

Vendredi 30 septembre 2016, température de 3°C à 21°C, temps nuageux mais sans pluie

Après un lever à la fraîche qui vous donne envie de vous bouger, je vais pour me préparer un petit-déjeuner et je vois que je n’ai plus rien à manger. Je ne me souvenais plus que j’avais fini mon dernier sachet de porridge qui vous tient bien au corps. Ce n’est pas grave, j’acheterais de quoi manger au prochain village ou bien je trouverais un petit restaurant. Puis je vous écris la News du jour tout en attendant que la tente sèche car elle est complètement trempée d’humidité. Une fois la News finie, la tente étant presque sèche, je peux partir.

Comme trajet, c’est simple, je prends systématiquement la petite route longeant la mer pour profiter à fond des côtes sublimes de la NE. Je ne me lasse pas de ces baies remplies d’îles, baies plus belles les unes que les autres. Et maintenant je vois des belles plages. Dommage qu’il fasse froid car je me serais bien baignée dans un cadre pareil.

Mais je me heurte à un problème auquel je n’avais pas pensé. Tous les villages que je vois le long de la côte sur ma carte sont des villages avec une dizaine de maisons et une église et puis rien d’autre. Pas de magasin ou de restaurant !…J’espère toujours qu’au prochain village, cela sera différent mais c’est toujours la même chose. Et toute la journée, cela sera pareil. Je n’aurais donc à manger que les 2 barres de céréales qu’il me reste. Je n’aurais pas d’hypoglycémie mais je n’ai aucune énergie ce qui n’est vraiment pas agréable car cela m’empêche de bien profiter de tout. Je ne trouverais un restaurant qu’à 16h30 et c’est bien tard pour un petit déjeuner !…

Les paysages sont toujours aussi beaux







Je m’arrête 1h puis je repars mais il est 17h30 et je devrais trouver un point de chute pour dormir bientôt. Je pédalerais encore 20 km avant de trouver quelque chose. Je m’arrête à une première maison où il y a de la lumière. Mais il n’y a personne à l’intérieur. Ce n’est pas la première fois que je remarque que les canadiens laissent la lunière allumée dans leur maison quand ils ne sont pas là. Je ne sais pas si c’est par rapport à des éventuels voleurs ou parce que l’électricité ne coûte rien ?

La deuxième porte où je frappe, je tombe sur une vielle dame seule et avant même de poser la question, je connais la réponse. Quand on me demande comment je choisis les maisons où je m’arrête, je suis toujours embêtée pour répondre car je n’en sais rien, pourquoi telle maison et pas telle autre. Je m’arrête à une troisième maison et il faudrait que cela soit la bonne car la nuit ne va tarder à arriver. Et les campings ne sont pas nombreux. En voiture, l’espacement des campings n’est pas un problème mais à vélo, si.

Et là, le miracle canadien que je rencontre depuis le début de mon voyage se produit. C’est une famille avec 2 petites filles (10 ans et 12 ans), et immédiament la réponse est oui sans poser aucune question. Je suis vraiment très admirative de cette façon de faire. Pourvu que ce peuple ne perde pas ce sens de l’accueil trop vite, c’est tellement fantastique. Et comme à chaque fois, l’accueil est chaleureux, gentil et ils font tout pour m’aider.
Jody est depuis toujours pêcheur et il s’est spécialisé dans la pêche aux homards. Ici elle commence de novembre à mai (pour d’autres régions, c’est pendant la saison d’été). Les côtes, dans cette partie de la NE n’ont jamais de glace l’hiver mais avec le froid, cela doit être un job drôlement difficile. Donc il pêche pendant 6 mois de l’année et ils doivent vivre toute l’année avec le revenu de cette pêche. Je lui ai demandé comment les canadiens protégent leur ressource (est ce que le drame de la disparition de la pêche à la morue leur a servi de leçon ?). Et bien quand on écoute la réponse, on n’est pas rassuré.  Encore une fois, l’ambiguïté des canadiens par rapport à leur environnement m’interpelle alors que c’est une richesse fantastique pour eux.
J’espère que les Québecois résisteront au pipe Line que veut faire passer l’Albertha sur leur territoire pour écouler plus facilement leur pétrole. Mais quand on voit l’intégrité des politiques, ce n’est pas sûr (voir la corruption des politiques de Montrèal par rapport à la construction). Est ce les Québecois qui vont décider ou les politiques ?
Jody travaillant à la remise en état de ses casiers.

Les casiers (ou nasses) sont des pièges de forme parallépipède constitués d’une armature  plastique et fer tenue par des cordes avec des plaques de grillage pour former une cage. Signalés en surface par une bouée mouillée à chaque extrémité, les casiers sont attachés à une corde (10 casiers par corde) et les casiers sont lestés à l’aide d’un bloc de ciment afin de reposer sur le fond. Disposant d’un dispositif en forme d’entonnoir appelé goulotte, celle-ci permet de faciliter l’entrée de l’animal mais d’entraver sa sortie. Seuls les juvéniles de petite taille (inférieure à 8,7 cm) peuvent alors s’extirper via la trappe d’échappement prévue à cet effet.


Si des crabes pénétrent à l’intérieur du casier, ils peuvent s’échapper par une trappe rectangulaire.


Afin d’attirer les homards, un appât placé à l’intérieur diffuse une forte odeur dans l’eau. Suspendu dans la partie centrale du casier, l’appât peut être maintenu à la goulotte grâce à un élastique et un crochet ou placé dans une bourse (un petit sac grillagé). Nommé le boëtte, cet appât peut se constituer de différents poissons frais ou salés tels que le rouget, chinchard, vieille, maquereau, grondin, colin ou encore l’étoile de mer, la dorade et la roussette.


J’aurais bien aimé accompagner Jody à la pêche !…

Merci à Jody, Colette, Sadie et Lia pour m’avoir accueillie si gentiment.

Etape 96, de Bridgewater à Hunts Point (Fisherman’s Cove R.V. & Campground), 86 km

Jeudi 29 septembre 2016, température en journée de 15 à 21°C, soleil dominant et nuages

Finalement, je ne suis pas partie à 11H30 mais à 13H. Belty m’a proposé de déjeuner avec elle. J’ai accepté car elle est seule aujourd’hui (Lyod est parti à Halifax) et elle est très handicapée par un problème au genou. Cela fait un an que cela dure et le délais pour l’opérer est de 14 mois. Les canadiens ont vraiment un problème d’accès aux opérations car les délais sont très longs (4 ans et demi d’attente pour Rachel, 14 mois en souffrant pour Belty, je trouve cela dur).

Après avoir demarré, j’essaie d’avancer un peu mais les paysages sont tellement beaux que je m’arrête souvent pour prendre des photos. Les arbres commencent à changer de couleur, l’été indien arrive.

 

Comme Petit Prince est en forme comme moi, nous avançons bien quand même. Comme nous sommes partis tard, il me faut trouver un endroit pour dormir assez rapidement. J’ai vu sur la carte qu’il y a un camping sur la route aussi je tente le coup comme il n’y a pas de pluie annoncée.

Il me faut rouler plus que ce que je croyais et je me dis que cela va être compliqué si quand j’arrive, le camping est fermé. Je l’atteindrait finalement à 19h et heureusement, il est ouvert et il a le Wifi.

Au matin le réveil est difficile car il fait 3°C. Sortir le bout du nez de son sac de couchage bien chaud demande de se botter les fesses pour bouger. Mais très vite, l’activité reprend car il y a tellement de choses à faire quand on campe qu’il ne faut pas traîner. Et puis il faut aussi que j’écrive la News alors au Boulot !…

Le temps est beau et froid. Une bonne journée en perspective.

 

Etape 95, de Chester à Bridgewater, 65 km

Mercredi 28 septembre, température 15°C, trés nuageux, menaçant mais pas de pluie

Après une bonne nuit sous un superbe édredon et un petit déjeuner, je finis ma News pour vous l’envoyer. Je ne suis pas pressée de partir car la méteo dit qu’il va pleuvoir toute la journée (en final je n’aurais pas une goutte de pluie, quelle chance…). Finalement, lorsque je pars, il est 11h, c’est vraiment une heure tardive pour partir à vélo mais je crois qu’il me fallait cela pour me remettre des heures de pluie de la veille.

Petit Prince et moi nous repartons, il est content d’avoir dormi au sec. C’est vraiment un merveilleux compagnon fiable. Sur route très mouillée, il ne bronche pas, ne dérape pas. Il tient courageusement la route, bien que chargé, et je lui en suis reconnaissante.

Le paysage est toujours aussi magnifique. Les petites baies se succédent avec, à chaque fois, plein de petites îles qui sont habitées ou non. Je comprends pourquoi chaque habitant souhaite avoir un bateau. Ils peuvent aller sur toutes les îles inhabitées qui sont souvent très faciles d’accès.



Nous arrivons à Mahone Bay, un village très coloré

 


A l’entrée du village, se trouve ces personnages. C’est curieux !


Puis je vois cet écriteau

Scarecrown Festival :  Le festival des épouvantails !…

Aussitot je descends de vélo, je prends mon appareil photo et je décide de parcourir le village avec vous et d’illustrer ce festival. Ce que je trouverais formidable, c’est que tout le monde joue le jeu ; commercants, institutionnels (poste, banque,…) et les particuliers. Pratiquement devant chaque maison, on trouve des épouvantails.


Le port à l’intérieur du village



Cette maison B & B a fait un gros effort car il y a 2 scènes d’épouvantail


Devant un B & B, regardez l »expression des visages, c’est drôle


Puis je remonte sur mon vélo, mais j’aurais pris un grand plaisir à flâner dans ce village et je trouve ce festival vraiment sympa.


Un héron au bord de l’eau


Puis nous arrivons à Lunenburg. Sur le guide des routards, il est conseillé d’aller visiter le Musée de la Pêche, alors je vais faire la visite. Ce musée comporte 3 étages. 2 présentent peu d’intérêt, en particulier, le rez de chaussée avec des aquariums d’une grande tristesse (je trouve qu’il vaut mieux ne pas avoir d’aquarium que d’avoir des aquariums de ce type).

Par contre, un étage raconte l’histoire de la pêche et en particulier l’histoire de la pêche à la morue. Cela m’a beaucoup interessée car je peux faire une très bonne comparaison avec l’Islande où j’ai plusieurs fois audité des usines de morue.

Ce musée montre donc les évolutions de la pêche à la morue. On voit l’évolution des méthodes de peche, l’industrialisation des bateaux et comment le Canada a tué cette ressource.

Source Wikipedia

« ‘Découverte au début du xvie siècle, la pêcherie de morue de Terre-Neuve fut rapidement exploitée par les marins français, basques espagnols, anglais et portugais, puis plus tard par les Canadiens. Les prises augmentèrent progressivement pour atteindre 500 000 t en 1950. Durant près de 500 ans la pêche à la morue a largement structuré la vie et le développement de la côte Est du Canada, région isolée aux conditions de vie difficiles et pauvre en activités économiques en dehors de la pêche et de l’exploitation forestière, mais a aussi contribué à l’activité économique de nombreux ports de pêche européens. À la fin des années 1950 les techniques de pêche traditionnelles sont abandonnées au profit de puissants chalutiers. Le volume des prises explose, atteignant même 800 000 t pour le stock du Labrador et de l’est de Terre-Neuve et près de 1 800 000 t pour l’ensemble de la zone atlantique nord ouest[4] en 1968. Cette pêche miraculeuse est de courte durée, les captures s’effondrent dans les années 1970 entraînant dans un premier temps la mise en place d’une ZEE en 1977 excluant les pêcheurs étrangers et de TAC au début des années 1980.

Après un rétablissement partiel au début des années 1980, ces mesures ne parviendront pas à réguler efficacement la pêche et se solderont par un second effondrement des captures à la fin des années 1980 : la biomasse de morue dans la principale zone de pêche tombe à 1 % de son niveau originel. Le gouvernement canadien n’aura d’autre choix que d’imposer un moratoire presque total sur la pêche de la morue en 1992, ne laissant que des TAC résiduels à quelques communautés locales. Le moratoire met fin à l’industrie de la pêche à la morue de Terre-Neuve. Aujourd’hui les prises de morue dans l’ensemble de la zone atlantique nord ouest sont de l’ordre de 40 000 t par an.
L’effondrement de la pêcherie de morue provoque de profonds changements dans la structure écologique, économique et socio-culturelle de l’est du Canada. Ces changements sont particulièrement visibles à Terre-Neuve où toute l’industrie de la morue était installée, entraînant la disparition d’un très grand nombre emplois. L’importance considérable de la pêcherie de morue dans la vie des communautés côtières de Terre-Neuve, mais aussi de nombreux ports de pêche français, basques espagnols et portugais, l’abondance initiale de la morue considérée à tort comme inépuisable et l’incroyable succession d’erreurs de gestion de la ressource font de cet événement un cas particulièrement emblématique de l’échec des politiques de gestion des ressources halieutiques. »
C’est impressionnant de voir ce désastre. En Islande, tout à été fait pour préserver la ressource. D’abord ils ont combattu les bateaux anglais (même physiquement) car les islandais considéraient que les anglais pillaient leurs ressources. Puis ce sont eux (et peu de gens le savent) qui ont imposé les miles marins de protection autour d’un pays, 50 miles, puis 100, puis 200 miles.

Source Wikipedia

 » La ou les guerre(s) de la morue est le nom que l’on donne généralement à plusieurs conflits d’ordre économique qui opposèrent le Royaume-Uni et dans une moindre mesure la RFA à l’Islande entre les années 1950 et 1970 au sujet des zones de pêches islandaises. Même si la marine britannique fut mobilisée, les deux pays ne se déclarèrent jamais la guerre. Le théâtre des opérations fut les eaux à proximité de l’Islande que le gouvernement islandais souhaitait interdire aux chalutiers étrangers par crainte de voir les ressources halieutiques s’épuiser. En 1952, l’Islande décide d’étendre sa zone de pêche de 3 à 4 miles nautiques au large de ses côtes, ce qui engendre une vague de protestations en Grande-Bretagne et le gel temporaire des importations de poisson islandais. La première « guerre » de la morue ne commence qu’en 1959 après une extension par l’Islande de ses eaux territoriales à 12 miles nautiques. Les Britanniques décident alors d’envoyer des navires de guerre pour protéger leurs chalutiers qui pêchent dans cette zone. Les relations s’apaisent après la conclusion d’un accord entre les deux pays. Mais le conflit reprend en 1972 lorsque l’Islande étend sa zone de pêche à 50 miles nautiques, puis à 200 miles nautiques en 1975. Malgré des opérations parfois violentes, aucune victime humaine n’est à déplorer. Le différend prit fin officiellement en 1976 avec la reconnaissance par les Britanniques des prétentions islandaises. Ce conflit a posé les bases de la mise en place d’une zone économique exclusive, qui sera reprise par la Convention de Montego Bay de 1982″.

Les bateaux de péche de la morue sont des petits bateaux qui pêchent avec des lignes à la traine (7 à 8 lignes) avec peu de marins à bord (7 à 8) et tous les jours, quand ils rentrent au petit matin, un officier des pêches contrôle les prises (la taille et le nombre). Puis les poissons partent directement dans les usines où là, ils sont à nouveau inspectés par des contrôleurs des pêches, ce qui évite tout traffic.

C’est pour cette raison que l’Islande n’a jamais voulu rentrer dans la communauté européenne car ils auraient dû ouvrir leurs zones de pêches aux européens et ils auraient perdu la gestion de leur ressource. Et leur industrie perdure.

Donc je quitte ce musée où j’ai appris plein de choses sur le désastre canadien de la pêche à la morue (encore une fois pour moi, l’attitude très ambiguë des canadiens avec leur environnement).


Puis je vais visiter le port où se trouve un bateau très connu, le Bluenose II


Source Wikipedia

« En 1920, la goélette de pêche néo-écossaise Delawana avait été défaite par l’Esperanto de Gloucester, au Massachusetts, dans la course entre pêcheurs des Provinces maritimes et de la Nouvelle-Angleterre dont le commanditaire était le journal Halifax Herald. Le Bluenose fut construit pour la pêche à la morue mais c’est cette course hors-saison qui le rendit célèbre. Après une saison de pêche sur les Grands Bancs de Terre-Neuve, le Bluenose défit l’Elsie de Gloucester pour venger la défaite précédente. Durant les 17 années suivantes, aucun bateau canadien ou américain n’a pu la devancer et elle conserva l’International Fishermen’s Trophy.

La célébrité du voilier l’amène à figurer dans diverses rencontres internationales. Ainsi, le Bluenose représente le pays lors de l’Exposition universelle de Chicago en 1933. Deux ans plus tard, l’élégant voilier part pour l’Angleterre, où il symbolise le Canada au jubilé d’argent du roi George V.
Les goélettes de pêche étant devenues obsolètes durant la période de la Seconde Guerre mondiale, et malgré les efforts pour le garder en Nouvelle-Écosse, il a été vendu, en 1942, comme transporteur de marchandises aux Caraïbes. Le Bluenose a coulé près d’Haïti, à l’Île-à-Vache, après s’être échoué sur un récif de corail le 28 janvier 1946.
Tous les Canadiens connaissent le Bluenose car il figure sur la pièce canadienne de 10 cents depuis 1937.

Devant la popularité du Bluenose, le Bluenose II, bâti selon les plans originaux et par certains des mêmes ouvriers, a été inauguré à Lunenburg le 24 juillet 1963. Conçu par la famille Oland comme outil publicitaire de leurs brasseries d’Halifax (Nouvelle-Écosse) et Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), le navire est devenu depuis une attraction touristique et un symbole de la province. Oland l’a vendu pour 1 $CAN au gouvernement de la Nouvelle-Écosse après plusieurs années d’utilisation. Depuis le 1er avril 2005, la gestion et les levées de fonds pour son entretien sont confiées à la société du Musée maritime de Lunenburg. »


Puis, nous reprenons la route. Inutile de vous dire qu’avec tous ces arrêts, je n’avance pas très vite mais ce n’est pas grave car je me fais très plaisir à voir et apprendre toutes ces choses. Je continue à suivre la route de la côte  quand je tombe sur ces 3 bateaux désarmés prêts pour la féraille et qui sont totalement incongrus dans ce paysage car ils sont installés dans une rivière. Ils ont l’air abandonné là et je subodore un problème économique derrière car clairement ils n’ont rien à faire ici et c’est une plaie pour le paysage.


Je me retourne et prends une photo du paysage. Quel contraste.


Mais il se fait tard et il faut que je trouve un endroit pour dormir. Je suis entrain de réfléchir à ce que je vais faire quand je vois une maison merveilleusement située au bord de l’eau et je me dis que cela serait formidable si je pouvais dormir là. Aussitôt je bifurque et je viens me garer devant l’entrée. Je frappe à la porte et un homme d’un certain âge (environ 75 ans) vient m’ouvrir. Et tout de suite, je me dis que cela va être très dur de le convaincre de m’accueillir car les personnes de cet âge ont peur pour leur sécurité, ce que je comprends parfaitement. Je discute avec lui, je m’accroche car je veux vraiment réussir cette rencontre. Il est très interloqué par ma démarche. Puis il finit par me faire rentrer pour en discuter avec sa femme. Et là ce n’est pas gagné du tout car je sens un fond d’inquiétude dans la discussion. Comment convaincre gentiment ? C’est dur, j’argumente puis je finis par demander une réponse, oui ou non, car si c’est non, il faut que je reparte pour trouver quelque chose. Ils vont sur mon Website puis la réponse est oui. Quel soulagement !…Et comme toujours, lorsque la réponse positive est donnée, l’accueil est très chaleureux. Quel plaisir pour moi. Au dîner, je mangerais un excellent steak et on me fera choisir un vin et je prendrais un Pinot rouge qui se révèle être excellent. Que demander de plus ?

J’irais me coucher très contente de ma soirée

Et le lendemain je prendrais des photos de cet endroit magique


Le hangar à bateau pour le stockage du bateau l’hiver. À cause des glaces, un bateau ne peut jamais rester dans l’eau car il risque d’être broyé.


La maison seule côté route


La maison, côté rivière


La cuisine d’été


La vue de la maison


Le bateau de Lyod (le drapeau canadien ne fera pas une nouvelle saison…).


Merci Loyd et Belty d’avoir vaincu votre réticence à accueillir une inconnue dans votre maison. Soyez assurés que j’ai beaucoup apprécié votre accueil et je vous en remercie chaleureusement.


Lorsque je démarre, il est 11h30 car j’ai passé 2h à vous raconter ma journée d’hier et à transférer toutes ces photos mais « vous le valez bien ».

Etape 94, de Peggy’s Cove à Chester, 65 km

Mardi 27 septembre 2016, 11°C à 14, pluie forte à partir de 11h jusqu’au soir.

Après ma nuit sans tente dans un camping mais dans une petite cabane, je me prépare à partir. La propriétaire du camping m’explique que quand il fait trop froid, les campeurs montent leur tente à l’intérieur de la cabane. j’avoue que je n’y avais pas pensé mais c’est une bonne idée. Ceci dit, je n’ai pas vu souvent des cabanes dans les campings comme cela, avant.

Je pars sous un ciel très menaçant mais sans pluie. Je ferais 15 km avant que la pluie se déchaîne. Comme je sais qu’il va pleuvoir, je profite de l’absence de pluie pour m’arrêter, prendre des photos et profiter du paysage que j’apprécie beaucoup. Je trouve que le marron jaune des algues à marée basse donne une touche gaie.






Et puis la pluie forte arrive. Je peux encore profiter de la belle vue pendant 15 km puis le brouillard se lève. Et là, ce que je fais, perd tout intéret. Ma seule chance est qu’il n’y a pas de vent. Au bout de 35 km, je m’arrête dans un restaurant (ce que je ne fais jamais d’habitude) pour me réchauffer et garder le moral. Mais au bout d’une heure, il me faut repartir car je ne vais pas coucher là. Je reprends la route. Mes gants « imperméables » qui ne le sont pas du tout sont évidemment totalement trempés et ma main gauche convalescente me fait mal. Et pour la première fois mes chaussures prennent l’eau aussi. Pourtant, elles sont bien protégées mais je me trouve face à un dilemme quand je les mets. Mes protections se ferment par des scratches à l’arrière sur le mollet. SI je les serre fort, j’ai mal aux chevilles car le sang ne circule pas assez. Alors je ne les serre pas au maximum et la conséquence, c’est que l’eau pénétre par là et coule dans les chaussures, ce qui n’est vraiment pas agréable d’autant plus que je n’ai pas d’autres chaussures fermées à mettre quand j’arrive (pour m’alléger, j’ai renvoyé celle que j’avais emmenées). Comme ce sont des chaussures en croute de cuir, elles sont très longues à sécher, ce qui va être un problème pour moi ce soir.

Au bout de 35 km de pluie et de brouillard, j’arrive à Chester, j’en ai vraiment assez donc je me dis qu’il faut que je trouve quelque chose pour dormir ici. Je commence d’abord par un arrêt pipi à Tim Hurtons. Je sais que ce n’est pas très correct d’aller dans les fast foods rien que pour cela mais je fais ce que je peux car avec les vêtements  de pluie, les pauses pipi sous la pluie me mouillent totalement.

Je sors du restaurant où l’on m’a indiqué qu’il n’y avait qu’un seul motel à la sortie de la ville. L’idée de me retrouver seule dans un motel me révulse mais avec ce temps de « merde », je me sens démunie. Je vais pour remonter sur Petit Prince quand une voiture arrive pour le drive de Tim Hurtons. Une femme seule conduit et elle me sourit. Je dois avoir l’air pitoyable sous cette pluie battante avec un vélo plein de sacoches. Et tout d’un coup, je me dis que je dois tenter ma chance avec cette femme. Je fais le tour de Tim Hurtons pour aller au drive. Je rattrape la voiture et … Je demande à cette femme si elle peut m’héberger. Comme souvent, les gens sont un peu interloqués par ma demande (ce n’est surement pas souvent qu’on les interpelle de cette manière) et pour moi, l’instant décisif est juste après la surprise, que décident-ils ? La réponse est OUI et j’éprouve un immense soulagement et une grande gratitude envers elle car vraiment des journées comme cela sont difficiles.

Je la suis donc jusqu’à sa maison qui est dans la ville. Petit Prince peut être à l’abri dans leur sous sol et moi, immédiatement je vais me changer pour ne pas attraper froid. Ils ont un poêle dans le salon entouré de barrière par sécurité car ils ont une petite fille de 18 mois, Isabelle. Là je mets tout à sécher et ils vont se retrouver avec un étalage de vêtements de cycliste dans leur salon. Et moi, je me réchauffe près du poêle. Dieu que c’est bon et qu’elle chance j’ai de ne pas être dans un motel. J’apprécie formidablement bien ces moments de grâce.

Puis je me coucherais dans un grand lit avec une belle couette. Je dormirais comme un coq en pâte et je me réveillerais en pleine forme. Heureusement car apparemment, c’est le même style de journée qui s’annonce. Aurais-je la même chance ce soir ?

Merci beaucoup Monica, Jeff et Isabelle pour avoir recueilli une naufragée de la route

Ù

Etape 93, de Halifax à Peggy’s Cove (Kingston Neptune Campground), 40 km

Lundi 26 septembre, soleil et nuage, température fraîche

Après ma nuit en dortoir avec 2 chinoises qui comme très souvent n’ont rien à faire des autres (discutent tard, claquent les portes, …), donc une moins bonne nuit, je prends mon vélo pour aller chez Cyclesmith qui n’ouvrent qu’à 10h. Ils sont très aidant et sympathiques ce qui ne gâche rien.

La roue moteur (d’une assistance éléctrique, Petit Prince n’est pas une mobylette mais un coursier pur sang !…) est démontée, puis branchée sur ordinateur. Elle est oscultée à distance par le service technique BionX, fait l’objet d’une mise à jour et remontée. Petit Prince est fin prêt pour repartir. Je vais déjeuner et nous partons à 14h, cela sera donc une demi-étape.

Après avoir installé mon iPhone sur Petit Prince pour me guider afin de sortir d’Halifax, nous nous retrouvons sur la route 133 qui fait la moitié du tour de la Nouvelle Ecosse par le sud. Je ne savais pas si je faisais le Nord ou le Sud. J’ai interrogé 5 personnes qui connaissent bien les routes pour cyclistes et les 5 m’ont répondu le Sud, alors va pour le Sud.

Je me suis fixée pour aujourd’hui l’objectif d’aller vers Peggy’s Cove.

Les paysages sont trés beaux et je flâne, je me régale.


L’eau est présente partout, souvent des 2 côtés de la route







On voit qu’ici, c’est le pays du homard. On trouve des casiers à homards partout


Le homard est meme sur les enseignes de restaurant.

Ces paysages me rappellent des paysages d’Irlande


Nous arrivons au village de Peggys’s Cove

Le Phare le plus connu du Canada

Autour du phare, il y a plein de gros rochers plats.


Puis j’arrive au camping. Juste pour le coucher du soleil



Il y a une cabane au fond du camping avec des tables pour les jours de pluie. Il n’y a aucun campeur sauf moi et tout le reste c’est des mobiles home. Je fais le pari que personne ne va venir et est intéressé par ce cabanon. Aussi je décide de m’y installer.


et aussi de ne pas monter la tente. Je vais donc y coucher. Et comme je m’en doutais, personne ne viendra. Je vais très bien y dormir.

Par contre, il faut que je réorganise mes sacoches à cause du froid car je vais sortir beaucoup plus de vêtements qu’auparavant. Il fait 6°C le soir et comme c’est humide, le ressenti de froid est fort. Le soir, j’aurais 4 épaisseurs de vêtements: tee-shirt, pull, polaire et une sorte d’anorak léger (UNIQLO à manche) et j’aurais tout juste chaud. Par contre, j’ai dormi avec chaussettes, pantalon et pull en mérinos et j’ai eu bien chaud. Mais qu’il est dur de sortir le matin du sac de couchage !…

Aujourd’hui, ils annoncent de la pluie. S’il fait froid en plus cela va être dur…

Mon bivouac


Le lever du soleil


 

 

 

Etape 92-4 Visite d’Halifax

Dimanche 25 septembre

Après une bonne nuit, le planning de la journée est bien établie. Je vais faire 3 visites : le port avec le Musée de la Marine, la Citadelle et les « historic properties »

Alors en route pour les visites

Le port et le musée de la marine



La dernière Corvette du Canada qui reste à quai et qui se visite


On rentre dans le musée de la marine


A l’intérieur de ce musée, hormis les bateaux anciens restaurés, les maquettes et les instruments de navigation, deux parties sont passionnantes :

– le récit du sauvetage du Titanic à partir d’Halifax et de bateaux proches (j’ignorais que le port le plus proche, au moment de la catastrophe, était Halifax)

– la tragédie de l’explosion du bateau français Mont Blanc dont j’ignorais l’existence, en 1917. Comme moi, peut être  ignorez-vous cette tragédie, je vous ai mis le texte de Wikipedia

 » En 1917, Halifax est alors avec Sydney le principal port canadien pour l’acheminement de troupes et de matériels vers l’Europe en guerre. La population de Halifax et de Dartmouth située juste sur l’autre rive est alors d’environ 65 000 personnes.

En 1917, Halifax est alors avec Sydney le principal port canadien pour l’acheminement de troupes et de matériels vers l’Europe en guerre. La population de Halifax et de Dartmouth située juste sur l’autre rive est alors d’environ 65 000 personnes

Le 6 décembre 1917, à 8 h 45, le navire de transports français Mont-Blanc et le navire de secours norvégien Imo entrèrent en collision dans les détroits du port d’Halifax. Le Mont-Blanc, en provenance de New York où il avait chargé des munitions, arrivait à Halifax afin de joindre un convoi pour traverser l’Atlantique. Il attendait d’être admis au port le 5 décembre, car il était arrivé trop tard. Le port était protégé par des filets qui empêchaient les sous-marins allemands d’entrer ainsi que les autres navires. Au même moment, le Imo attendait de pouvoir sortir du port. Le 6 décembre, le Imo tenta de sortir par le canal droit, mais un autre navire bloquait le passage. Il s’engagea donc dans le canal gauche. Le Mont-Blanc était à ce moment en train d’entrer par le canal droit, et aucun des deux navires n’accepta de céder le passage. Finalement, le Mont-Blanc décida de passer à côté du Imo par le centre. Le Imo stoppa alors complètement ses machines, mais cette action sur les propulseurs poussa le navire au centre, et les deux navires entrèrent en collision. Le Imo tenta alors de faire marche arrière, ce qui créa des étincelles qui mirent le Mont-Blanc en feu.

Les vapeurs du benzène qui était entreposé sur le pont du Mont-Blanc s’étaient répandues sur le côté du navire, et elles furent enflammées par les étincelles provoquées par la collision. Le Mont-Blanc transportait de grandes quantités de munitions pour l’Europe, qui était plongée dans la Première Guerre mondiale. Sa cale contenait plus de 2 400 tonnes d’explosifs, incluant du TNT, du fulmicoton et de l’acide picrique. Le feu, en se propageant, empêcha l’équipage d’accéder à l’équipement de lutte contre l’incendie et les marins abandonnèrent rapidement le navire sur les ordres du capitaine. L’équipage s’enfuit dans deux canots de sauvetage, rejoignant le rivage de Dartmouth, tandis que le navire en feu continuait de dériver vers le rivage d’Halifax. Pendant qu’il brûlait, d’autres navires tentèrent de lui venir en aide, et des spectateurs s’assemblèrent sur le rivage. Par la suite, le vaisseau en feu frappa la jetée, et le feu se propagea à terre. À 9 heures, 4 minutes et 35 secondes précisément, le contenu du Mont-Blanc explosa. Le navire fut instantanément pulvérisé, la plus grande partie étant vaporisée en une gigantesque boule de feu qui s’éleva à plus de 6,1 km dans les airs, formant l’un des premiers nuages champignons faits par l’homme. La puissance de la détonation déclencha un raz-de-marée qui s’éleva à plus de 18 mètres au-dessus du niveau des hautes eaux. Le raz-de-marée emporta le Imo jusqu’au rivage.
Plus de 2,5 km2 de la ville de Halifax furent rasés et des vitres furent fracassées jusqu’à 16 kilomètres de distance. Une ancre provenant du Mont-Blanc fut retrouvée à 3,2 kilomètres du port. On a retrouvé dans les archives de la Bedford Academy de Halifax, une correspondance entre deux instituteurs traitant de l’événement : selon ces lettres, lors d’une sortie scolaire près de la ville, 11 enfants ont été balayés par un canot de sauvetage pneumatique en feu provenant du Imo[1].
Approximativement 2 000 personnes sont mortes dans le désastre (dont environ 1 600 sur le coup), et 9 000 blessées (dont 6 000 gravement). Selon une estimation minimale, environ 35 millions de dollars (en dollars canadiens de 1917) de dommages ont été occasionnés. Quelques 160 hectares d’aire urbaine furent détruits, laissant 6 000 sans-abris. Un recensement des victimes montrait que, parmi les personnes tuées : 600 avaient moins de 15 ans ; 166 était des travailleurs manuels ; 134 étaient des soldats et/ou marins ; 125 étaient artisans ; et 39 étaient des travailleurs du chemin de fer. Beaucoup des blessures furent handicapantes à vie, bien des gens étant rendus partiellement aveugles par les éclats de verre. Le très grand nombre de blessures oculaires entraîna de grands efforts de la part des médecins, à l’origine de grands progrès accomplis dans le traitement des yeux endommagés. »

Dans une autre partie du musée, un magasin de matériel d’accastillage a été reconstitué


Les poulies en bois


Le plateau de ce chariot est surbaissé pour pouvoir descendre les marchandises plus facilement .


Le sort réservé aux pirates des mers: la pendaison.

Les corps étaient exposés à l’entrée des ports pour indiquer ce qu’il advenait aux pirates de bateaux.


La visite du musée de la marine terminée; je me rends dans le quartier des « historic properties »

 


Puis j’enchaîne avec une petite ballade qui m’emmène à la Citadelle, place fortifiée en haut d’une colline d’Halifax et qui me rappelle les forts de Vauban en France. Voici une vue aérienne récupérée sur internet pour rendre compte de sa forme en étoile.


Source Wikipedia : Dans les années 1820, les tensions entre la Grande-Bretagne et les États-Unis sont à leur niveau le plus élevé. Craignant encore une fois que ces derniers attaquent Halifax, les Britanniques décident de construire une protection plus durable à leur base navale. Les plans de la nouvelle citadelle (en pierre cette fois-ci) ont été conçus par Gustavus Nicolls, des Royal Engineers. La construction débuta en 1828, mais des problèmes de conception font en sorte qu’elle n’est achevée qu’en 1856. Elle est cédée au ministère de la Milice et de la Défense du Canada en 1906. Lors de la Première Guerre mondiale, elle sert de caserne et de centre de commandement pour le port d’Halifax. Elle sert de nouveau de caserne lors de la Seconde Guerre mondiale.

On rentre à l’intérieur. Elle est gardée par un garde souriant (le pauvre, il y a beaucoup de vent).


Relève de la garde


La cour intérieure


On se promène sur les remparts et voici quelques vues de la ville


Il y avait plusieurs sortes de canon de différentes portées


Ce canon tire tous les jours, à midi, un coup avec très peu de poudre pour ne pas faire peur (1/4 de la dose nécessaire pour faire partir un boulet).


Le fort est protégé par un grand fossé (qui n’est jamais rempli d’eau) avec mur d’enceinte


Dans le mur extérieur, il y a un couloir donnant sur les meutrières, si bien que si des ennemis arrivaient à pénétrer dans le fossé, on leur tirait dessus des 2 côtés.

Dans les salles de gardes, de repos, on pouvait aussi installer des canons si nécessaire.


Dans des branches de l’étoile, on trouve 2 parties renforcées en triangle appelées Ravelin et où devait se tenir 9 hommes en cas d’attaque (voir leur emplacement sur la vue aérienne).


Les chambrées des militaires


Même les femmes portent l’uniforme


La poudrière


Et pour finir, le repos du guerrier


Ce fort avait une telle réputation qu’il n’a jamais été attaqué.

Je finirais la visite par le musée militaire qui retrace l’action des canadiens pendant les guerres de 14-18 et 40-45. Et j’apprendrais beaucoup de choses que j’ignorais totalement, l’effort de guerre de ce pays, leur contribution très importante, leur role stratégique sur mer. Cela m’a passionnée

Je suis contente de cette journée très remplie où j’ai appris plein de choses et pour finir, je décide de m’offrir un bon dîner. Je repense à la visite du Nouveau Brunswick et de la Nouvelle Ecosse en famille quand j’avais 18 ans et où plusieurs jours d’affilée, on s’était arrêté dans des ports pour acheter des homards et je décide d’en manger à nouveau en repensant à ces moments là.


Puis je rentre me coucher dans mon dortoir ! Demain est un autre jour…

Etape 92-3, de Moncton à Halifax en bus

Samedi 24 septembre 2016, temps ensoleillé et nuageux

Le matin, je me lève tôt car je veux être à l’avance pour ce bus hypothétique. J’arrive à la gare de bus 1h avant le départ. Je prends un chariot sur lequel je mets mes sacoches et j’installe petit Prince avec son sac en plastique à côté de moi. Un chauffeur vient à côté de moi et me fait remarquer que j’ai beaucoup de bagages. Effectivement, j’ai 4 sacoches latérales et un sac sur le porte bagage avec la tente. Je suis d’accord avec lui. Il me demande si j’ai bien payé les suppléments pour les bagages car je n’ai le droit qu’à 2 bagages. Je lui fais remarquer gentiment qu’hier on ne m’a rien dit quand j’ai fais le trajet précédent et je lui sors mon billet pour venir à Moncton. Je lui explique que pour le client ce n’est pas simple si avec la même compagnie les règles changent d’un voyage à l’autre, mais je me lève pour aller payer le supplément, puis il prend mon chariot et je comprends que c’est le conducteur pour le bus pour Halifax. Je suis soulagée car je vais donc partir avec Petit Prince. Puis, je vais faire la queue pour payer le supplément de bagages.

Arrivée à mon tour (c’est le même guichetier qu’hier ) j’explique que l’on m’a demandé de payer un supplément pour les bagages.

Et là le dialogue de sourd s’engage

Le guichetier : « vous devez prendre un nouveau billet car le votre n’était valable que pour le trajet de la veille. »

Corinne:  » si je n’ai pas pris le bus la veille, c’est parce que vous m’avez empêché de partir alors il est hors de question que je paye un nouveau billet.  »

Le guichetier : « appelez  le « call center » pour faire réclamation et on ne vous a pas empêché de prendre le bus mais on a juste refusé de prendre votre vélo. »

Corinne : « je n’appelerais pas votre call center et cessez de me prendre pour une imbécile, de ne pas me respectez, je veux juste payer le supplément de bagages ».

Et je me plante devant le guichet sans bouger, empêchant tout le monde de prendre un billet. Par chance, les personnes derrière moi comprennent la situation et personne ne fait de remarque.

A ce moment là, le chauffeur revient et me dit de ne pas m’inquiétez si je ne vois pas mon vélo car pendant ce temps, il l’a chargé dans le bus. Il demande ce qui se passe et je lui explique la situation. Il fait signe au guichetier que cela suffit et il ne m’emmène. Enfin quelqu’un d’intelligent. Arrivé dehors, il me donne une grande accolade en me disant que tout va bien et de me détendre. Non seulement il est intelligent mais il est humain. Cela fait du bien au moral.

Le voyage se passe bien dans un bus avec une suspension normale, donc pas de problème de dos. Arrivée à destination, dans le magasin de vélo, on m’explique que pour faire le diagnostic de la roue, il faut brancher la roue sur un ordinateur en liaison avec le service technique de BIONX. Mais comme on est samedi, le service tehnique est fermé et il faut attendre lundi. Donc je devrais revenir lundi matin.

Le moral est revenu. Je vais donc en profiter pour visiter Halifax. Mais avant il faut que je me loge pour deux jours. Le guide du routard signale une auberge de jeunesse très sympa en centre ville. Je m’y rends donc. Il y a une place pour 2 jours en dortoir de 6. Je prends donc, cela va me rappeler mes années d’internat.

La fréquentation de cette auberge est curieuse car il y a un mélange de personnes vraiment âgées, surtout des couples (il y a quelques chambres individuelles) et des jeunes de style étudiants. L’auberge est propre et la fréquentation sympa. Dans ma chambre, il y a 4 personnes qui seront couchées à 22h, aussi j’ai très bien dormi et je me réveille en forme pour visiter Halifax. L’auberge est très bien située donc j’ai regardé le plan, je pourrais tout faire en marchant demain.

Etape 92-2, de Grande Anse à Bathurst (en voiture) puis à Moncton en bus

Vendredi 23 septembre, pluie toute la journée

Le temps avait été annoncé très pluvieux (et cela s’est avéré vrai …), aussi j’en ai profité pour décider d’aller faire réviser l’assistance éléctrique de Petit Prince, qui soudain, était devenue bruyante. J’ai peur de tomber en panne, alors par précaution, j’ai décidé de le montrer à un spécialiste du vélo éléctrique à Moncton, que l’on avait contacté par téléphone avant.

Mario a donc chargé Petit Prince sur sa voiture puis nous sommes partis tôt pour prendre le bus de 8h30 à Bathurst pour aller à Moncton (merci Rachel et Mario). Tout s’est bien passé. C’était un petit bus qui avait derrière une remorque pour les bagages dans laquelle Petit Prince a pu être installé facilement. Question dos, le voyage s’est mal passé car la route est pleine de trous et le bus très mal suspendu. J’avais mal aux reins en arrivant. Je ne comprends pas qu’on se permette de faire voyager des bus avec une mauvaise suspension sur des routes pareilles. Bon enfin, rien de grave mais vraiment désagréable.

Dès l’arrivée, j’enfourche Petit Prince et nous voilà partis en direction du magasin de vélo situé à 10 km de la gare de bus, 10 km que nous ferons sous une pluie battante. En arrivant au magasin, c’est pour m’entendre de dire qu’effectivement le bruit n’est pas normal, qu’ils ne sont pas concessionnaire BIONX et qu’ils ne peuvent rien faire pour moi. Cela valait vraiment le déplacement. Le plus proche concessionnaire BIONX est à Halifax. Je décide donc d’aller à Halifax. Le magasin pourra me recevoir demain. On appelle la gare de bus. Il y a un départ pour Halifax à 18h, je décide donc de le prendre. On m’a prévenue que pour le bus, il fallait mettre Petit Prince dans un carton. Le magasin m’installe Petit Prince dans un carton (coût 50 dollars) puis appelle un taxi (25 dollars). Pour m’entendre dire à l’arrivée à 15h, que le vélo doit être mis dans un sac en plastique transparent. Voilà 75 dollars jetés par terre mais ce n’est pas un problème pour eux de répondre n’importe quoi au téléphone puisque ce n’est pas eux qui payent. Je défais donc le vélo, je remonte les pédales dévissées, le guidon défait et je mets Petit Prince dans un sac en plastique qui m’a été fournie. Puis j’attends pendant 3h devant les guichets, le bus pour Halifax. 

Celui ci arrive, c’est le même petit  bus que ce matin mais sans remorque pour les bagages, je me dis que cela va être dur pour Petit Prince. Arrivée au bus, le chauffeur me dit que je peux monter mais sans le vélo. Je lui demande s’il plaisante et je lui montre mon billet avec le prix du transport de vélo. Il me répond que c’est lui qui décide et qu’il ne prendra pas le vélo. Je retourne au guichet en disant que je ne comprends rien. Pourquoi m’ont ils vendu pour 18h un billet avec vélo pour refuser de le charger une fois le bus là. Le guichetier me répond que le pouvoir de décision appartient au conducteur et que s’il ne veut pas le charger (il y a au fond du bus un espace pour les bagages où Petit Prince peut totalement tenir), c’est son droit. Je suis folle furieuse du formidable mépris de ces personnes là à mon égard. En un mot, ils n’en ont strictement rien à foutre. Que j’ai attendu 3h pour rien, n’a aucune importance. Le guichetier me dit que le prochain bus est à 9h20 demain et que si le chauffeur veut bien charger Petit Prince, je pourrais partir demain matin mais il me précise qu’il n’y a aucune certitude. Je crois rêver mais non c’est la réalité. Cela me rappelle la notion de « service public » en France qui pour certain , ne veut rien dire.

Il fait presque nuit et je dois me trouver un motel. Je fais 5 km et je finis par en trouver un grand, juste quand la nuit tombe. Je m’arrête  et demande une chambre premier prix. Il n’y a pratiquement aucune voiture sur le parking et il me répond qu’il n’en reste plus, qu’il ne reste que des chambres beaucoup plus chères. A l’évidence, il me ment mais j’en ai plus qu’assez de cette journée, alors j’accepte. Vraiment toute cette journée, on m’aura prise pour une imbécile.

Étape 92-1, faux départ et retour à Grande Anse

Jeudi 22 septembre 2016, température fraîche et vent très fort

Après avoir pris un repas copieux avec Rachelle et Mario, je me prépare à partir. Je suis dans une famille de bikers. Le couple à chacun une moto (Rachelle vient juste de vendre la sienne car elle a mal au dos) et chacun des 2 enfants a la sienne. Quand Mario apprend que je ne suis jamais montée sur une moto, il me propose de me ramener à Caraquet en moto. Comme il n’y a que 15 km, j’accepte mais c’est un événement pour moi. Rachelle suivra en voiture avec Petit Prince et les sacoches. Ils veulent me faire connaitre un café célébre à Caraquet tenu par des français : « le grain de folie ».

Je suis impressionnée par la taille de la moto, une grosse Yamaha (et Mario est toujours aussi souriant…)


Nous voilà partis. Pour un premier voyage, je vais être servie ! Leur maison est au milieu d’un bois donc elle est bien protégée du vent. A peine sur la route, nous sommes surpris par l’intensité du vent. Pour moi qui ne connait pas la moto, je suis impressionnée. Bien que ne roulant pas vite, le vent me plaque au siège quand il est de face et quand il est latéral, il nous déporte. Je vois bien que Mario fait de sacrés efforts pour tenir la moto. Je me dis quand même que la situation me semble anormale à cause de l’intensité du vent. Et je comprend que pour moi, aujourd’hui, alors qu’il fait très beau, le vélo ne sera pas possible car dangereux à cause du vent. Je n’avais jamais renoncé à faire du vélo à cause du vent et bien c’est fait. Et le vent soufflera très fort toute la journée, il ne tombera qu’à 17h. 

Après un café accompagné de délicieuses patisseries, nous faisons demi-tour. En rentrant, Mario me dit qu’il a mal aux mains tellement il a serré le guidon pour conserver une trajectoire correcte. Pour moi, aujourd’hui, le vélo est fini avant même de commencer. Je vais me reposer toute la journée dans cette maison si chaleureuse où nous allons beaucoup papoter.

J’apprends que Mario a été Champion « homme fort » du NB. Il s’entraîne dans son sous sol où il a son matériel. Il m’a montré son album de compétition et c’est totalement impressionnant. Les épreuves pour moi étaient inconnues : la pierre d’Atlas, le billot, la brouette, l’épreuve du pneu, etc… C’est un sport très populaire au Canada. Maintenant, avec l’âge, il a arreté les compétitions mais il continue à s’entraîner.

Quant à Rachelle, je suis totalement admirative devant son courage et sa volonté. Elle était obèse et les médecins l’avait mis en garde pour sa santé. Elle s’est fait poser un anneau gastrique et maintenant, elle s’habille en extra small et à une ligne superbe. Elle a beaucoup souffert pour en arriver là mais quelle réussite. Bravo Rachelle, je suis vraiment heureuse pour toi, de ton succès et que tu t’y tiennes.

Le soir, et bien, soirée Gazebo. J’adore cet endroit et ces soirées près du feu. Rachelle a invité ses parents et une amie. La sœur de Mario s’est jointe à nous : un bon feu, une belle musique et une ambiance chaleureuse. Que demander de plus ?

Etape 92, de Pointe Verte à Grande Anse (via Caraquet …), 111 km

Mercredi 21 septembre, Température de 20 à 26°C, soleil et nuage

Odométre : 8126 km, la barre des 8000 km est franchie !…

Après un petit déjeuner en compagnie de Simone (Réjean étant parti à la chasse tôt le matin), je rassemble mes affaires pour partir. Tout mon linge est propre, c’est vraiment agréable. Simone m’a préparé un festin pour la pause de midi, quelle chance.

Nous partons,  le ciel est magnifique et il n’y a pas un nuage. Après le village de la Pointe Verte, je vois enfin des maisons avec plein de drapeaux acadiens. Les couleurs bleu, blanc et rouge sont utilisées pour peindre plein de choses différentes


Sur une portion de route, tous les bas des poteaux électriques sont peints en bleu, blanc et rouge et la petite étoile est bien rajouté systématiquement dans le bleu. Cette étoile, pour les acadiens, est leur guide.

Les paysages sont beaux, mais quand on vient de Gaspésie, on est frappé par le relief plat. Ici c’est pas de falaise, pas de rochers sur cette partie.


Vers midi, je cherche à déjeuner mais l’accès à la plage est impossible car tous les terrains en bordure sont privatisés avec des maisons. Comme je veux absolument manger sur la plage, je finis par demander l’autorisation à quelqu’un qui est devant sa maison, de traverser son jardin pour aller sur la plage. L’autorisation étant donnée, je pourrais enfin déjeuner sur la plage. Lorsque je reprendrais le vélo, je trouverais 2 km plus loin un accès public à la plage à partir d’une marina, mais encore fallait-il le savoir.


Petit Prince et moi nous reprenons la route. Des nuages apparaissent mais ils ne sont menaçants.


Pour le moment, les côtes sont belles mais après la Gaspésie, l’absence de relief est vraiment frappante.


Un petit peu de relief apparaît. Ce rocher séparé maintenant de la côte avec tous ces arbres morts est impressionnant.


Au fond, il y a une ouverture sur la mer.

 


Simone m’a dit que je pourrais avoir comme étape la ville Caraquet à 94 km de Pointe Verte. J’ai donc suivi ces conseils et je me suis fixée cela comme étape du jour. La route a été belle, pas de grosse côte et un temps formidable. Que demander de plus ? Une belle halte.

Il me faut donc chercher un endroit pour dormir. Je recherche une famille acadienne. Je reste sur mon observation qu’il faut mieux aborder quelqu’un dans la rue que frapper à une porte. C’est plus facile d’établir un contact. Je rentre donc dans la ville (mais contrairement à la France, les villes sont très étalés) et j’observe plein de jolies maisons. Là encore Petit Prince est fabuleux, car ma position assise me permet vraiment de bien regerder et de voir beaucoup de choses.

Tout d’un coup je repère un cycliste sur ma droite et je trouve qu’il a « une bonne bouille ». Je m’arrête et je lui explique que je cherche un accueil pour la nuit dans une famille acadienne. Il me répond avec un grand sourire qu’il est acadien, qu’il l’accueillerait volontiers mais qu’il habite à 15 km de là, près de Grande Anse (dont je viens…). Qu’à cela ne tienne, je suis très en forme et prête à faire 15 km pour une bonne soirée. Comme la femme de Mario est en ville pour acheter des médicaments pour ses parents, Mario l’appelle, elle arrive en voiture et je mets toutes sacoches dedans, donc je vais faire les 15 km sans bagage : le luxe. On arrive dans une maison dans la forêt  comme je les aime tant. Mario a tout construit de ces mains et je suis drôlement admirative. Il a fait en particulier un « Gazibo », c’est une sorte de petit chalet ouvert. Il a mis dès moustiquaires entre les poutres et des protections contre le vent, à l’arrière. Mais il a surtout mis à l’intérieur, un foyer pour faire du feu. Après le repas avec une superbe soupe très compléte mijotée par Rachelle et vraiment délicieuse, nous nous installons dans le Gazibo pour la soirée.


Et là, la soirée devient magique devant un feu magnifique.


Bon d’accord, je suis avec un bon verre de vin à la main, mais je n’en ai pas abusé …Lilou la chienne m’accompagne partout et elle est sagement assise à côté de moi.


Merci infiniment Mario et Rachelle pour votre accueil si chaleureux. Si vous saviez comme vous m’avez fait plaisir.

Etape 91, de McLeods à Pointe verte, 74 km

Mardi 20 septembre 2016, température 12 à 14°C, pluie, nuages et brouillard toute la journée

Après avoir pris un petit déjeuner en mettant mon petit réchaud sur la cuisinière elle aussi dévastée (cela doit etre terrible de récupérer une location que vous avez laissé impeccable et que l’on a détruit), j’attends à nouveau que la pluie cesse pour partir. Et comme hier, la pluie ne cessant pas, à 11h je pars.

Et je vis la meme journée qu’hier, pluie et brouillard. Je devine la côte  et que cela doit etre très beau mais je ne vois pas grand chose. Et je ne peux prendre aucune photo à cause de la pluie et de l’absence de visibilité qui fait que je n’aurais pas grand chose à montrer.

Et comme hier, je roule en essayant d’aller le plus loin possible malgrè la pluie. Le vent se lèvera en milieu d’après midi, et il sera de face, histoire d’être bien sur que cela soit une mauvaise journée pour moi !…Mais le moral reste bon. Demain, la méteo annonce du beau temps alors je prends mon mal en patience. Ce que je regrette le plus, c’est de ne pas profiter du paysage.

Marie, j’ai compté les drapeaux Acadiens, j’en ai vu 8 et seulement en début de journée. Je m’aperceverais par la suite que beaucoup d’Acadiens ne mettent pas de drapeaux à leurs maisons, aussi c’est difficile pour moi de les identifier.

Vers 15h, je m’arrête dans un restaurant pour manger afin de faire un break et de me réchauffer un peu, puis nous repartirons.

A un moment la pluie stoppe et je passe devant une maison acadienne avec une jolie petite décoration à l’entrée. Je sors enfin l’appareil photo. Je trouve cela très sympa


J’avais repéré qu’il y avait un camping à Pointe Verte et comme, il n’y a pas de pluie annoncée pour cette nuit, j’ai décidé de m’y arrêter.

Avant d’arriver là, il y a plusieurs usines qui défigurent drôlement le paysage. C’est la première fois que je vois cela. Une usine m’impressionne spécialement : la Fonderie du New Brunswick. Elle a 2 énormes cheminées qui crachent et cela se voit de loin. En plus, elle est située juste en bord de mer donc elle dénature complétement le paysage de la côte. Quelle tristesse.

Le camping n’est pas situé très loin. Quand j’arrive, c’est pour constater qu’il est fermé. Cela devient vraiment de plus en plus fréquent.

Une maison est située devant le camping. Je frappe et demande s’il est possible d’être hébergé. Un homme jeune (anglophone) et accueillant m’ouvre et me fait rentrer. Il est d’accord mais il va demander à sa femme. Et là, pour moi, pour la première fois, il se passe une scène étrange. La jeune femme me regarde et me dit qu’elle n’est pas à l’aise avec cette situation. Alors je lui explique qui je suis. Elle me regarde et me dit à nouveau qu’elle n’est pas à l’aise avec cette situation. Je suis vraiment surprise et son mari est gêné. Il essaye de discuter avec elle et elle redit la même chose. Je tourne les talons et je m’en vais. Quand bien même la situation évoluerait, je n’ai aucune envie de rester là, je préfére encore faire du camping sauvage. Je vais pour reprendre le vélo quand son mari sort, charge le vélo sur son 4 X 4 et me dit qu’il va m’emmener dans un B & B très sympa. On arrive et c’est fermé. Dommage car le lieu était superbe. Il m’emmene alors jusqu’à une maison où un couple d’enseignants acadiens retraités y vit. Lorsque je me présente, je vois qu’ils ont peur d’accueillir une inconnue et comme ils sont vraiment âgés, je peux comprendre. Mais l’homme me dit qu’il va m’emmener chez une amie qui va surement m’accueillir . Il prend sa voiture et nous le suivons. J’arrive donc à une troisième maison mais personne. La situation commence à sérieusement m’énerver. J’ai perdu la main et je veux reprendre mon vélo (la nuit commence à tomber) lorsque je vois dans la maison d’en face, une voiture arrivait et une femme en descendre. Je m’approche vers elle et lui explique la situation. Elle est acadienne et immédiatement elle accepte. Ce mauvais vaudeville est terminée. Je suis contente que cela s’arrête car la situation était vraiment déplaisante. J’apprendais par la suite que la maison d’en face est fermée parce ce que la propiétaire est morte mi-juillet. M’emmener me faire héberger par une morte, on ne m’avait pas fait encore le coup !…

Et là, je passe une soirée chaleureuse comme je les aime tant. Réjean a travaillé à la fonderie 40 ans. Il m’explique que cette usine pollue l’environnement avec des métaux lourds de façon formidable et aussi bien l’air que l’eau. Il dirigeait une équipe de 14 personnes dont 7 sont mortes jeunes. Il me dit que lui, il est un rescapé. A l’embauche, il parait que l’on explique que c’est une usine à risques et que vous êtes libre d’y travailler …ou pas. Ce n’est pas la première fois que je vois les ambiguités du Canada avec l’environnement. Simone, elle, me raconte qu’il y a beaucoup de gens pauvres dans la région et que la drogue y fait des ravages avec toutes ces conséquences.

En tout cas eux sont bien décidés à profiter de leur retraite. Ils ont mon âge. En janvier, ils partent s’installer dans un hôtel avec 8 de leurs amis, au Mexique, et ils y restent 3 mois pendant la période la plus froide au Canada. C’est la quatrième année qu’ils font cela. C’est un vrai plaisir de voir des gens dynamiques comme cela. Ils n’arrêtent pas de faire des activités. Je passerais un moment délicieux avec eux et ils savent recevoir. Tout mon linge sera lavé et je repars avec des vêtements propres. Quel luxe !

Merci beaucoup Simone et Réjean pour votre accueil si chaleureux.

Etape 90, de Maria à McLeods, 81 km

Lundi 19 septembre 2016, température 12 à 14°C, pluie puis pluie et encore pluie

Après le petit déjeuner offert par Jean Charles, j’ai attendu jusqu’à 10h30 que la pluie se calme. Quand j’ai enfin admis que cela ne serait pas le cas, je suis allée récupérer mon vélo. La tente avait bien séché donc j’ai pu la ranger sans me dire qu’il faudrait que je m’arrête pour l’étendre afin qu’elle ne moisisse pas. En mettant mes drapeaux sur le vélo, Jean Charles m’a fait remarquer que ma manche à air était au couleur du mouvement GAY. Cela m’a fait bien rire car je n’y avais jamais pensé. Je lui ai expliqué gentiment que les seules couleurs que je portais étaient celle de l’association « toutes à l’école » et que le reste n’était qu’un pur hasard. J’ignore si d’autres personnes ont pensé la même chose sans oser me le dire. Comme quoi, on ne pense pas à tout.

Je me suis donc bien habillée « Anti pluie » et j’ai inauguré mon vêtement aquatique sans fermeture éclair et avec un tour de cour qui se règle. 80 km plus loin, je dois dire que c’est un vrai succès. L’eau ne pénètre pas. Par contre, il est évident que la transpiration s’accumule, ce qui était aussi le cas avec les autres vêtement de pluie.

Mais, je n’ai pas résolu 2 choses :

– les gants Anti pluie qui sont gorgés d’eau quand j’arrive. Clairement, je les ai payés chers car c’était le nec plus ultra sous la pluie et c’est une vaste fumisterie.

– la protection des oreilles. J’ai ce qu’il faut pour le froid (un Buff mérinos) mais cela ne résiste pas à la pluie.

Pour ces 2 choses là, je ne vois pas de solution (les cyclistes, avez-vous une solution à proposer ?).

Je suis donc partie sous la pluie et malheureusement sous le brouillard aussi. C’est pourquoi à cette étape, entre la pluie et le brouillard, vous n’aurez aucune photo. Pour moi, c’est double punition car cela fait une étape sans aucun intéret. Aussi, j’ai roulé 70 km sans m’arrêter à part une pause pipi. Avant de quitter la Belle Province, 3 km avant, je me suis arretée au restaurant « chez Claudine » pour prendre ce qui sera mon déjeuner-dîner puis je suis repartie. Je récolterais 2O dollars pour l’association de la part de 2 personnes qui dînaient. merci à eux. L’heure a changé, les jours sont rallongés d’une heure ce qui va m’aider en me décalant le matin.

Dans le New Brunswick, dès que je passe la limite de la Belle Province, je cherche les drapeaux Acadiens et je n’en vois aucun, ce qui me contrarie d’autant plus qu’il n’y a pas de camping non plus (je suis la route de la côte). J’espère qu’il ne va me rester que les motels, car une journée galère suivie d’une soirée seule dans un motel souvent un peu triste, bonjour la Gaîté. Mais je ne me laisse pas abattre. Dans la journée, j’ai bien roulé, je suis en forme physique et le moral est bon. De plus, j’ai un excellent vélo qui est fiable et confortable, j’ignore le mal aux fesses, le mal au dos et le mal au cou, maux habituels du cycliste.

Pour trouver à me loger, je réfléchis à ce qui s’est passé précédemment et je m’aperçois que j’ai trouvé plus de solution en parlant aux gens dans la rue qu’en frappant aux portes. Aussi, je me dis que je vais commencer par cela. Mais vu le temps, je trouve peu de gens dehors !…

Je vois quelqu’un qui vient chercher son courrier dans un lieu de boites aux lettres communautaires. je m’arrête et je lui dis que je cherche un endroit pour dormir. Il me propose de venir chez lui mais que je serais logée dans un rez de chaussée en travaux après avoir été saccagé par un locataire. Pas de problème, du moment que je suis à l’abri.

Et là il se passe quelque chose de curieux pour moi. Il déblaie un coin pour que je puisse mettre mon matelas mais surtout il se met à récurer la salle de bain qui est d’une crasse sans nom. Je lui dis que le plus simple, serait que je prenne une douche en haut. Mais je vois que ce n’est pas possible, il me précise que sa femme ne rentre qu’à 21h. Et je verrais cet homme nettoyer sa salle de bain pendant 1h, juste pour une douche. Puis il me laissera seule. Je suis à l’abri mais c’est la première fois que j’ai un accueil de ce style.

La nuit je dormirais bien sauf à un moment où le sol devient dur. Je suis étonnée et je me rends compte que mon matelas est à plat. J’avais pourtant bien protégé le sol avec 2 bâches l’une sur l’autre pour éviter cela. Il va falloir trouver la crevaison. Je le regonfle et il restera gonflé la nuit. Que s’est-il passé, je n’en sais rien.

Le matin, je me ferais ma cuisine par terre pour le petit-déjeuner, finirais ma News. Puis il faut repartir. la méteo annonce de la pluie toute la journée, j’éspère que je n’aurais pas le vent et le brouillard en plus que je puisse au moins profiter du paysage.

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