Etape 103, de Falmouth à Halifax, 89 km

Vendredi 7 octobre 2016, température de 8° à 22°C, temps ensoleillé encore magnifique

Je ne vous ai pas raconté et j’aurais dû, ma visite à Grand Prè la veille

Mais qu’est ce que Grand Pré (source Wikipedia)

« Fondé en 1682, Grand-Pré est rapidement devenu le grenier et la principale ville de l’Acadie. Il fut délaissé à l’origine par le gouvernement colonial, étant trop loin de Port-Royal. Ravagé en 1704 et tombé au mains des Britanniques en 1713, Grand-Pré fut victime de la lutte pour le contrôle de l’Amérique du Nord. Il retourna brièvement sous contrôle Français à la suite de la bataille de Grand-Pré, en 1747. La population fut déportée par les Britanniques à l’automne 1755. Les Planteurs de la Nouvelle-Angleterre s’établirent au village à partir de 1760.

De nos jours, Grand-Pré est un petit village devenu site historique national, célébrant son histoire et son patrimoine, considéré par plusieurs comme le cœur historique et spirituel de l’Acadie. Le site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 30 juin 2012. »
La déportation, appelée ici, « grand dérangement » a concerné 10000 acadiens et a duré 7 ans.

La statue d’Evangiline 

« Évangéline (en anglais Evangeline, A Tale of Acadie) est un poème épique de Henry W. Longfellow qui raconte la Déportation des Acadiens. Publié à l’origine en 1847, le poème connait un grand succès aux États-Unis, favorisant l’affirmation identitaire des communautés américaines, canadiennes-françaises et cadiennes, contribuant surtout à la création du mythe fondateur de l’identité acadienne des Maritimes. » Source Wikipedia



L’agronome que je suis a été intéressée par la technique utilisée par les acadiens pour coloniser les terres envahies par la mer, les dessaler. Les acadiens ont construits des « aboiteaux » sur le principe suivant :


Les Acadiens ont su tirer parti, outre de ces herbes robustes et denses prises dans les mottes de terre, des modèles de drainage naturel du marais en construisant des aboiteaux directement dans le lit des petits ruisseaux qui drainaient le marais à marée basse. L’aboiteau est un terme utilisé en Acadie qui renvoie à la fois à la section de la digue entourant la dalle ou l’écluse et à l’ensemble de l’ouvrage d’endiguement. Chaque dalle était munie d’un clapet ou d’une valve de bois qui permettait à l’eau douce de s’écouler de la dalle et de se déverser dans la rivière ou la mer à marée basse. Le clapet empêchait aussi l’eau de mer de refluer dans le marais à marée haute.

Revenons à mon dernier hébergement sur ma route et à l’excellent accueil de cette dernière famille qui m’a reçu si gentiment (merci dans les commentaires de me redonner vos prénoms car je n’arrive pas à retrouver ma fiche et comme je n’ai pas de mémoire des noms. Veuillez accepter mes excuses).


Comme je vous ai dit hier, ils ont 4 chevaux de labour dont un qui est géant et magnifique. Ils ont eu la gentillesse de le sortir de l’écurie pour que je le vois


Il a été brossé mais il faut un escabeau tellement il est grand !…


Je n’ai pas résisté à monter dessus car moi, ancienne cavalière, je ne suis jamais montée sur un cheval géant. En plus ce cheval est doux comme un agneau et quel confort (comme Petit Prince, vous vous rendez compte !)


Puis nous sommes allés chez le producteur de citrouilles géantes, celui qui fournit les citrouilles servant de bateaux pour la course …


Décoration inattendue


Les citrouilles sont tellement énormes qu’elles peuvent servir de siège…


Les citrouilles géantes dans les champs


Les citrouilles géantes avec des petits drapeaux rouges sont celles qui ont été retenues pour la course de bateaux


Les citrouilles à la vente


Avez-vous compris que j’aime les citrouilles ?

Au retour, comme il était pas loin de midi, mon repas m’attendait. Que de gentillesse encore. J’apprends que c’est actuellement Thanksgiving, exactement le 10 octobre, mais nous ferons un repas Thanksgiving. 

L’Action de grâce (anglais : Thanksgiving) est une fête canadienne ayant lieu le deuxième lundi d’octobre pour célébrer les récoltes et rendre grâce des bonheurs reçus pendant l’année. La date est fixée par une proclamation du Parlement canadien du 31 janvier 1957 créant « Une journée pour rendre grâce au Dieu tout-puissant des récoltes abondantes dont jouit le Canada »Source Wikipedia

Nous partons au final à 13h sachant que Google Map dit qu’il y a 74 km jusqu’à Halifax

Les couleurs des arbres sont vraiment superbes


Puis j’arrive à 21 km d’halifax. Compte tenu de la difficulté d’approche des villes, je décide de prendre la WHW. Mais au bout d’un km, stupeur, un panneau indique qu’elle est interdite aux vélos. Pourquoi ce n’était indiqué sur la bretelle d’entrée. C’est malin. Et me voilà entrain de faire demi tour sur la bande d’arrêt d’urgence. Je suis furieuse de devoir prendre des risques idiots. Je roule donc à contre sens sur la bande d’arrêt d’urgence, collée au fossé et roulant tout doucement prête à me jeter dedans au moindre problème. Je ne suis pas fière de nous mais c’est la première fois qu’il y a une WHW interdite au vélo donc je ne m’en doutais pas et sans panneau comment savoir. Après avoir quitté ce merdier, je m’arrête à Boston Pizza pour avoir internet et me mettre sur Google Map vélo. Et je repars. Le début est parfait car il me fait passer sur des pistes cyclables, puis la route, puis des pistes cyclables en forêt et là tout se corse. En effet 2 montées sont des murs sur de la terre avec des racines. Petit Prince s’épuise mais il n’y arrive pas. Je décide donc de déscendre et de pousser mais c’est vraiment dur. La 2ème montée est encore plus dure, je glisse et j’avance tout doucement. Heureusement, un coureur  passe et m’aide à pousser. Nous nous en sortons mais je suis en nage. En plus, le trajet est beaucoup plus long qu »annoncé au départ et la nuit tombe. Je ferais les 10 derniers km de nuit et en ville. Là encore, Petit Prince est parfaitement éclairé, autant que peut l’être un vélo mais moi, je ne suis pas tranquille.

Finalement, nous arriverons à l’auberge de jeunesse à 20h. Et je n’aurais une place qu’en dortoir mixte de 6 (cela Jean Claude, je ne l’ai jamais connu dans mes 10 ans d’internat !…). Je défais mes sacoches et je regarde le compteur pour le kilométrage final.


Vous avez la preuve du kilométrage réalisé : 9064 km en 4 mois et demi. 

Merci Petit Prince de m’avoir conduit à bon port, d’avoir été fidèle, de ne m’avoir jamais lâchée, d’avoir résisté à tous les trous que je n’ai pas su éviter, d’avoir gardé ta direction quand des fous en chars ou en camions nous rasaient, de ne pas t’être affolé quand nous avons croisé des ours, d’avoir su garder ta bonne humeur dans les difficultés, de m’avoir encouragé quand les côtes étaient sévères en me disant qu’on allait y arriver. Je suis très fière de toi, d’avoir eu un compagnon d’une telle qualité. En plus, tu es tellement confortable que je n’ai jamais eu de problèmes physiques, jamais eu mal aux fesses, au dos, au cou, aux genoux, aux tendons et j’ai pu profiter à fond des paysages. Je n’osais espèrer cela. Grâce à toi, j’ai fais un fabuleux voyage sans ennui d’aucune sorte. Encore merci

Et puis, tu m’as aidée à trouver des accueils fabuleux. Que de personnes chaleureuses et accueillantes nous avons rencontrées. Toi comme moi, tu ne t’attendais pas à une telle ouverture d’esprit. Tu es d’accord avec moi, c’est la grande réussite de ce voyage, le grand succès de ce voyage, celui qu’on n’attendait pas. Merci Petit Prince de m’avoir encouragée à oser frapper aux portes, à m’avoir poussée quand je n’osais pas, à m’avoir aidée à trouver les mots qui ouvrent les portes et les cœurs. J’espère que nous avons apporté autant de joie et de bonheur que ce que nous avons reçus.

MERCI INFINIMENT PEUPLE CANADIEN POUR VOTRE SENS DE L’ACCUEIL, DE L’ENTRAIDE, POUR VOTRE OUVERTURE D’ESPRIT, VOTRE GENTILLESSE.

 SACHEZ QUE VOUS M’AVEZ RENDUE TRÉS HEUREUSE ET QUE GRÂCE A VOUS, PETIT PRINCE ET MOI AVONS PU RÉUSSIR CE CHALLENGE, DE TRAVERSER D’UN BOUT À L’AUTRE VOTRE MERVEILLEUX PAYS.

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13 réflexions sur « Etape 103, de Falmouth à Halifax, 89 km »

  1. Félicitations Corrine!! Toute une aventure que celle que vous venez de terminer! C’est tout à votre honneur! Bravo! Bon retour à la maison et bonne route pour la suite.
    xxx

    1. Merci Catherine, je suis contente d’avoir montré qu’à 65 ans on peut encore faire plein de choses, se débrouiller seule, faire place à l’adversité, s’adapter, bref vivre tout simplement.

  2. Félicitations pour cette incroyable aventure.
    Je ne vous suis que depuis 3 semaines mais ce fut un régal de dévorer chaque jour le récit de ce périple.
    Vous pouvez en être fière
    François

  3. Chers lecteurs Canadiens francophones de ma sœur je vous traduis un anglicisme de son ultime message: « challenge » veut dire « défi » en Français, je le lui avais déjà dit! Ceci étant dit, superbe dernier message, superbe voyage, superbes reportage et photos, suivi par certains amis très fidèles. Note finale 19 sur 20, donc « peut mieux faire! ». Rendez-vous pour son prochain voyage: la traversée de l’Asie, il reste juste à préciser la direction, Est-Ouest? ou l’inverse? J’allais écrire « suspense », mais ce serait un anglicisme.
    Bravo et à bientôt sur notre vieux continent à la dérive.
    Ton indigne frère aîné, francophone puriste ostentatoire

  4. (suite) … Comment le voyage Halifax-Montréal? Train? Bus? Taxi? Auto-arrêt (on ne dit pas auto-stop!)? Tu nous raconteras comment on charge un vélo comme PP sur ces 4 roues (ou +) à moteur. On espère tous que ce sera meilleur que British Airways!
    @+, J-C

  5. Bravo pour tout, y compris l’informatisation de ton journal.
    L’accueil des Canadiens/Acadiens est certainement le plus enrichissant de tout ce que tu as vécu pendant ce voyage. Merci de nous avoir prouvé que cela existe encore de nos jours.
    Parmi les itinéraires possibles pour traverser l’Asie, le plus extraordinaire serait de suivre la route de la Soie, de Xi’an à Rome en passant par Kashgar, Samarcande et Istanbul.
    Si tu n’as pas envie de traverser le désert de Gobi, tu peux, par exemple, suivre les pas de Lionel Brandt qui, en 1949 ou 1950, a rallié Saigon à bicyclette en partant de Paris. Il fut mon conseiller pour la diététique des grands voyages à vélo avec une étape journalière moyenne de 150 kilomètres sans assistance électrique.

  6. Merci Corinne
    d’avoir pris le temps de nous écrire, de nous décrire, de nous montrer avec de si magnifiques photos, ton périple, contre vents et marées, contre plaines et rocheuses, et le trafic et les trous dans la chaussée…. c’est long à soigner toutes ces routes d’un si « long » pays!
    Oui, on peut vivre même quand on vieillit. Avec beaucoup de chance contre la maladie, et la motivation, il y a tant de possibilités. Un défi que je n’aurais pas relever même à 40 ans (il y a déjà longtemps). Le courage de demander l’hébergement ça, je n’aurais pas osé et pas même maintenant (la timidité je crois), le courage de traverser ces rocheuses, seule, sur ces routes presque désertes sauf pour les ours etc… ça non plus je n’aurais pas osé.
    Ça va me manquer de te lire!
    Je reste au poste pour la suite que tu voudras bien nous décrire!!!

  7. Je souscris totalement aux éloges et compliments que t ‘adressent tes fans ou ton frère! Mille bravos à toi Corinne qui a su faire preuve de témérité, de volonté, de courage, de patience aussi face au comportement de certains comme le personnel de l aéroport, les chauffeurs de bus, etc. Retiens surtout l accueil et la gentillesse de beaucoup à ton égard. Ils ne sont pas prêts d’oublier le  » phénomène en vélo couché  » qu ils ont croisé ! Bonne fin de voyage. Bisous

  8. Non seulement tu aimes les citrouilles mais tu dois aussi aimer les lacs. Je n’ai pas compté mais grâce à toi nous en avons vu un certain nombre.
    Un seul mot: Bravo.
    On attend dorénavant l’Asie….
    Bise

  9. Un dernier Bravo, Corinne, pour cette aventure menée de main de Maître. Tu nous a enrichis de toutes ces expériences que tu nous as si bien fait partager par ces récits quotidiens qui ont souvent dévoré l’emploi du temps de tes journées pourtant déjà bien chargées.
    Je crois que bien que toutes les qualités que tu vois en Petit Prince ne sont que le reflet des tiennes, il n’a pu se comporter de la sorte que par l’exemple que tu lui as donné.
    Je suis sûr que le voyage ne s’arrête pas là, il y a maintenant toutes ces expériences à partager et à faire vivre.
    Tout ce que tu nous as fait vivre est une grande leçon à méditer, merci pour tout.
    Bises et à bientôt sur nos terres

  10. De très jolies photos encore pour cette dernière étape! Moi aussi j’aime les citrouilles, c’est très lumineux dans un paysage, et pour un fauteuil, je ne sais pas si c’est vraiment confortable, mais c’est très rigolo.
    Bon, je ne sais pas quoi te dire, mais c’est de l’émotion qui me vient quand je lis que c’est le bout de ton merveilleux voyage. Bien sûr, Philippe a raison, c’est ta personnalité avant tout qui t’a permis de connaitre toutes ces aventures, de te sortir de toutes ces situations, et de rencontrer des gens merveilleux, qui ont certainement eu beaucoup de plaisir à t’accueillir.
    Merci de nous avoir fait partager toute cette traversée, avec un grand talent de conteuse et de reporter.
    Bravo, tu peux être fière de toi, je t’assure.
    Bon, il va falloir que tu fasses quelque chose pour que tes lecteurs ne se trouvent pas en manque tout à coup…car c’était un petit rituel bien sympa d’aller voir chaque jour où tu en étais.
    Termine bien les quelques jours qu’il te reste à passer ici. Je pense que ça va être de l’organisation pour emballer Petit Prince au mieux, et rassembler tes affaires.
    On est impatients de te revoir, je t’embrasse très fort.
    Groupie Odile

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