Etape 97, de Hunts Point à Churchover, 96 km

Vendredi 30 septembre 2016, température de 3°C à 21°C, temps nuageux mais sans pluie

Après un lever à la fraîche qui vous donne envie de vous bouger, je vais pour me préparer un petit-déjeuner et je vois que je n’ai plus rien à manger. Je ne me souvenais plus que j’avais fini mon dernier sachet de porridge qui vous tient bien au corps. Ce n’est pas grave, j’acheterais de quoi manger au prochain village ou bien je trouverais un petit restaurant. Puis je vous écris la News du jour tout en attendant que la tente sèche car elle est complètement trempée d’humidité. Une fois la News finie, la tente étant presque sèche, je peux partir.

Comme trajet, c’est simple, je prends systématiquement la petite route longeant la mer pour profiter à fond des côtes sublimes de la NE. Je ne me lasse pas de ces baies remplies d’îles, baies plus belles les unes que les autres. Et maintenant je vois des belles plages. Dommage qu’il fasse froid car je me serais bien baignée dans un cadre pareil.

Mais je me heurte à un problème auquel je n’avais pas pensé. Tous les villages que je vois le long de la côte sur ma carte sont des villages avec une dizaine de maisons et une église et puis rien d’autre. Pas de magasin ou de restaurant !…J’espère toujours qu’au prochain village, cela sera différent mais c’est toujours la même chose. Et toute la journée, cela sera pareil. Je n’aurais donc à manger que les 2 barres de céréales qu’il me reste. Je n’aurais pas d’hypoglycémie mais je n’ai aucune énergie ce qui n’est vraiment pas agréable car cela m’empêche de bien profiter de tout. Je ne trouverais un restaurant qu’à 16h30 et c’est bien tard pour un petit déjeuner !…

Les paysages sont toujours aussi beaux







Je m’arrête 1h puis je repars mais il est 17h30 et je devrais trouver un point de chute pour dormir bientôt. Je pédalerais encore 20 km avant de trouver quelque chose. Je m’arrête à une première maison où il y a de la lumière. Mais il n’y a personne à l’intérieur. Ce n’est pas la première fois que je remarque que les canadiens laissent la lunière allumée dans leur maison quand ils ne sont pas là. Je ne sais pas si c’est par rapport à des éventuels voleurs ou parce que l’électricité ne coûte rien ?

La deuxième porte où je frappe, je tombe sur une vielle dame seule et avant même de poser la question, je connais la réponse. Quand on me demande comment je choisis les maisons où je m’arrête, je suis toujours embêtée pour répondre car je n’en sais rien, pourquoi telle maison et pas telle autre. Je m’arrête à une troisième maison et il faudrait que cela soit la bonne car la nuit ne va tarder à arriver. Et les campings ne sont pas nombreux. En voiture, l’espacement des campings n’est pas un problème mais à vélo, si.

Et là, le miracle canadien que je rencontre depuis le début de mon voyage se produit. C’est une famille avec 2 petites filles (10 ans et 12 ans), et immédiament la réponse est oui sans poser aucune question. Je suis vraiment très admirative de cette façon de faire. Pourvu que ce peuple ne perde pas ce sens de l’accueil trop vite, c’est tellement fantastique. Et comme à chaque fois, l’accueil est chaleureux, gentil et ils font tout pour m’aider.
Jody est depuis toujours pêcheur et il s’est spécialisé dans la pêche aux homards. Ici elle commence de novembre à mai (pour d’autres régions, c’est pendant la saison d’été). Les côtes, dans cette partie de la NE n’ont jamais de glace l’hiver mais avec le froid, cela doit être un job drôlement difficile. Donc il pêche pendant 6 mois de l’année et ils doivent vivre toute l’année avec le revenu de cette pêche. Je lui ai demandé comment les canadiens protégent leur ressource (est ce que le drame de la disparition de la pêche à la morue leur a servi de leçon ?). Et bien quand on écoute la réponse, on n’est pas rassuré.  Encore une fois, l’ambiguïté des canadiens par rapport à leur environnement m’interpelle alors que c’est une richesse fantastique pour eux.
J’espère que les Québecois résisteront au pipe Line que veut faire passer l’Albertha sur leur territoire pour écouler plus facilement leur pétrole. Mais quand on voit l’intégrité des politiques, ce n’est pas sûr (voir la corruption des politiques de Montrèal par rapport à la construction). Est ce les Québecois qui vont décider ou les politiques ?
Jody travaillant à la remise en état de ses casiers.

Les casiers (ou nasses) sont des pièges de forme parallépipède constitués d’une armature  plastique et fer tenue par des cordes avec des plaques de grillage pour former une cage. Signalés en surface par une bouée mouillée à chaque extrémité, les casiers sont attachés à une corde (10 casiers par corde) et les casiers sont lestés à l’aide d’un bloc de ciment afin de reposer sur le fond. Disposant d’un dispositif en forme d’entonnoir appelé goulotte, celle-ci permet de faciliter l’entrée de l’animal mais d’entraver sa sortie. Seuls les juvéniles de petite taille (inférieure à 8,7 cm) peuvent alors s’extirper via la trappe d’échappement prévue à cet effet.


Si des crabes pénétrent à l’intérieur du casier, ils peuvent s’échapper par une trappe rectangulaire.


Afin d’attirer les homards, un appât placé à l’intérieur diffuse une forte odeur dans l’eau. Suspendu dans la partie centrale du casier, l’appât peut être maintenu à la goulotte grâce à un élastique et un crochet ou placé dans une bourse (un petit sac grillagé). Nommé le boëtte, cet appât peut se constituer de différents poissons frais ou salés tels que le rouget, chinchard, vieille, maquereau, grondin, colin ou encore l’étoile de mer, la dorade et la roussette.


J’aurais bien aimé accompagner Jody à la pêche !…

Merci à Jody, Colette, Sadie et Lia pour m’avoir accueillie si gentiment.

Une réflexion sur « Etape 97, de Hunts Point à Churchover, 96 km »

  1. Bonjour Corinne, Ouf! tu as trouvé à temps une auberge familiale pour t’accueillir, grâce à ta persévérance. Dommage que la saison de la pêche au homard ne soit pas encore ouverte, tu aurais pu accompagner Jody, et déguster un autre petit homard, ce qui aurait pu rattraper le petit-déj manqué et cette journée de diète quasi totale.
    Je t’embrasse très fort

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