Etape 91, de McLeods à Pointe verte, 74 km

Mardi 20 septembre 2016, température 12 à 14°C, pluie, nuages et brouillard toute la journée

Après avoir pris un petit déjeuner en mettant mon petit réchaud sur la cuisinière elle aussi dévastée (cela doit etre terrible de récupérer une location que vous avez laissé impeccable et que l’on a détruit), j’attends à nouveau que la pluie cesse pour partir. Et comme hier, la pluie ne cessant pas, à 11h je pars.

Et je vis la meme journée qu’hier, pluie et brouillard. Je devine la côte  et que cela doit etre très beau mais je ne vois pas grand chose. Et je ne peux prendre aucune photo à cause de la pluie et de l’absence de visibilité qui fait que je n’aurais pas grand chose à montrer.

Et comme hier, je roule en essayant d’aller le plus loin possible malgrè la pluie. Le vent se lèvera en milieu d’après midi, et il sera de face, histoire d’être bien sur que cela soit une mauvaise journée pour moi !…Mais le moral reste bon. Demain, la méteo annonce du beau temps alors je prends mon mal en patience. Ce que je regrette le plus, c’est de ne pas profiter du paysage.

Marie, j’ai compté les drapeaux Acadiens, j’en ai vu 8 et seulement en début de journée. Je m’aperceverais par la suite que beaucoup d’Acadiens ne mettent pas de drapeaux à leurs maisons, aussi c’est difficile pour moi de les identifier.

Vers 15h, je m’arrête dans un restaurant pour manger afin de faire un break et de me réchauffer un peu, puis nous repartirons.

A un moment la pluie stoppe et je passe devant une maison acadienne avec une jolie petite décoration à l’entrée. Je sors enfin l’appareil photo. Je trouve cela très sympa


J’avais repéré qu’il y avait un camping à Pointe Verte et comme, il n’y a pas de pluie annoncée pour cette nuit, j’ai décidé de m’y arrêter.

Avant d’arriver là, il y a plusieurs usines qui défigurent drôlement le paysage. C’est la première fois que je vois cela. Une usine m’impressionne spécialement : la Fonderie du New Brunswick. Elle a 2 énormes cheminées qui crachent et cela se voit de loin. En plus, elle est située juste en bord de mer donc elle dénature complétement le paysage de la côte. Quelle tristesse.

Le camping n’est pas situé très loin. Quand j’arrive, c’est pour constater qu’il est fermé. Cela devient vraiment de plus en plus fréquent.

Une maison est située devant le camping. Je frappe et demande s’il est possible d’être hébergé. Un homme jeune (anglophone) et accueillant m’ouvre et me fait rentrer. Il est d’accord mais il va demander à sa femme. Et là, pour moi, pour la première fois, il se passe une scène étrange. La jeune femme me regarde et me dit qu’elle n’est pas à l’aise avec cette situation. Alors je lui explique qui je suis. Elle me regarde et me dit à nouveau qu’elle n’est pas à l’aise avec cette situation. Je suis vraiment surprise et son mari est gêné. Il essaye de discuter avec elle et elle redit la même chose. Je tourne les talons et je m’en vais. Quand bien même la situation évoluerait, je n’ai aucune envie de rester là, je préfére encore faire du camping sauvage. Je vais pour reprendre le vélo quand son mari sort, charge le vélo sur son 4 X 4 et me dit qu’il va m’emmener dans un B & B très sympa. On arrive et c’est fermé. Dommage car le lieu était superbe. Il m’emmene alors jusqu’à une maison où un couple d’enseignants acadiens retraités y vit. Lorsque je me présente, je vois qu’ils ont peur d’accueillir une inconnue et comme ils sont vraiment âgés, je peux comprendre. Mais l’homme me dit qu’il va m’emmener chez une amie qui va surement m’accueillir . Il prend sa voiture et nous le suivons. J’arrive donc à une troisième maison mais personne. La situation commence à sérieusement m’énerver. J’ai perdu la main et je veux reprendre mon vélo (la nuit commence à tomber) lorsque je vois dans la maison d’en face, une voiture arrivait et une femme en descendre. Je m’approche vers elle et lui explique la situation. Elle est acadienne et immédiatement elle accepte. Ce mauvais vaudeville est terminée. Je suis contente que cela s’arrête car la situation était vraiment déplaisante. J’apprendais par la suite que la maison d’en face est fermée parce ce que la propiétaire est morte mi-juillet. M’emmener me faire héberger par une morte, on ne m’avait pas fait encore le coup !…

Et là, je passe une soirée chaleureuse comme je les aime tant. Réjean a travaillé à la fonderie 40 ans. Il m’explique que cette usine pollue l’environnement avec des métaux lourds de façon formidable et aussi bien l’air que l’eau. Il dirigeait une équipe de 14 personnes dont 7 sont mortes jeunes. Il me dit que lui, il est un rescapé. A l’embauche, il parait que l’on explique que c’est une usine à risques et que vous êtes libre d’y travailler …ou pas. Ce n’est pas la première fois que je vois les ambiguités du Canada avec l’environnement. Simone, elle, me raconte qu’il y a beaucoup de gens pauvres dans la région et que la drogue y fait des ravages avec toutes ces conséquences.

En tout cas eux sont bien décidés à profiter de leur retraite. Ils ont mon âge. En janvier, ils partent s’installer dans un hôtel avec 8 de leurs amis, au Mexique, et ils y restent 3 mois pendant la période la plus froide au Canada. C’est la quatrième année qu’ils font cela. C’est un vrai plaisir de voir des gens dynamiques comme cela. Ils n’arrêtent pas de faire des activités. Je passerais un moment délicieux avec eux et ils savent recevoir. Tout mon linge sera lavé et je repars avec des vêtements propres. Quel luxe !

Merci beaucoup Simone et Réjean pour votre accueil si chaleureux.

7 réflexions sur « Etape 91, de McLeods à Pointe verte, 74 km »

  1. Corinne,
    Quand on campait dans le même coin au cours de notre voyage en voiture il y a 40 ans de ça, on avait renoncé à demander aux fermiers si on pouvait monter la tente pour la nuit, vu les réticences. Ça nous décevait car on n’avait pas l’habitude de ça en France. Y aurait-il au Canada une « méfiance Atlantique »?
    Le contraste avec l’accueil des mois derniers est accablant. Essaie (essaye?) de faire bonne figure.
    Bons baisers de l’hexagone,
    Ton frangin, vétéran du camping comme toi

  2. Je vois encore qu’il a toujours des bonne personnes, le monde est très généreux, ?je vois Corinne que tu continue bravo,?? tu est un mod’elle pour nous les femmes ???bravos ?,bonne route ma cher Corinne et petit prince ,bonne route ????????

  3. Ha je suis triste de cet accueil! Je vais sortir mes préjugés! – Mo&#! anglais! 😉
    J’espère sincèrement que les prochaines fois seront plus accueillantes!
    Et que le soleil sera enfin au rendez-vous demain! Bonne route!
    xoxoxoxoxox

  4. Allo Corinne ! Le soleil revient toujours ! J’ai mis sur ton Facebook plein d’images qui vont t’intéresser. Demande à tes filles à ton retour de t’aider à te familiariser avec ce merveilleux outil ! Je trouve ton frère et ses commentaires tout à fait adorable ! (Dit lui pas … ) Bonne chance sur la route !

  5. Coucou ma Corinne, heureusement que l’accueil n’a pas toujours été semblable. Combien de kms maintenant ? Tu fais preuve d’un courage et d’une détermination hors normes . À bientôt te faire la bise en vrai!

  6. Maman, il faut voir le bon coté des choses, le mauvais accueil des premiers t’as permis de rencontrer un couple de Canadien trop sympa! Courage pour le temps!! je suis sur que ça va s’arranger, j’ai regardé ça à l’air d’être mieux à partir de samedi.

    Je t’aime <3

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