Etape 90, de Maria à McLeods, 81 km

Lundi 19 septembre 2016, température 12 à 14°C, pluie puis pluie et encore pluie

Après le petit déjeuner offert par Jean Charles, j’ai attendu jusqu’à 10h30 que la pluie se calme. Quand j’ai enfin admis que cela ne serait pas le cas, je suis allée récupérer mon vélo. La tente avait bien séché donc j’ai pu la ranger sans me dire qu’il faudrait que je m’arrête pour l’étendre afin qu’elle ne moisisse pas. En mettant mes drapeaux sur le vélo, Jean Charles m’a fait remarquer que ma manche à air était au couleur du mouvement GAY. Cela m’a fait bien rire car je n’y avais jamais pensé. Je lui ai expliqué gentiment que les seules couleurs que je portais étaient celle de l’association « toutes à l’école » et que le reste n’était qu’un pur hasard. J’ignore si d’autres personnes ont pensé la même chose sans oser me le dire. Comme quoi, on ne pense pas à tout.

Je me suis donc bien habillée « Anti pluie » et j’ai inauguré mon vêtement aquatique sans fermeture éclair et avec un tour de cour qui se règle. 80 km plus loin, je dois dire que c’est un vrai succès. L’eau ne pénètre pas. Par contre, il est évident que la transpiration s’accumule, ce qui était aussi le cas avec les autres vêtement de pluie.

Mais, je n’ai pas résolu 2 choses :

– les gants Anti pluie qui sont gorgés d’eau quand j’arrive. Clairement, je les ai payés chers car c’était le nec plus ultra sous la pluie et c’est une vaste fumisterie.

– la protection des oreilles. J’ai ce qu’il faut pour le froid (un Buff mérinos) mais cela ne résiste pas à la pluie.

Pour ces 2 choses là, je ne vois pas de solution (les cyclistes, avez-vous une solution à proposer ?).

Je suis donc partie sous la pluie et malheureusement sous le brouillard aussi. C’est pourquoi à cette étape, entre la pluie et le brouillard, vous n’aurez aucune photo. Pour moi, c’est double punition car cela fait une étape sans aucun intéret. Aussi, j’ai roulé 70 km sans m’arrêter à part une pause pipi. Avant de quitter la Belle Province, 3 km avant, je me suis arretée au restaurant « chez Claudine » pour prendre ce qui sera mon déjeuner-dîner puis je suis repartie. Je récolterais 2O dollars pour l’association de la part de 2 personnes qui dînaient. merci à eux. L’heure a changé, les jours sont rallongés d’une heure ce qui va m’aider en me décalant le matin.

Dans le New Brunswick, dès que je passe la limite de la Belle Province, je cherche les drapeaux Acadiens et je n’en vois aucun, ce qui me contrarie d’autant plus qu’il n’y a pas de camping non plus (je suis la route de la côte). J’espère qu’il ne va me rester que les motels, car une journée galère suivie d’une soirée seule dans un motel souvent un peu triste, bonjour la Gaîté. Mais je ne me laisse pas abattre. Dans la journée, j’ai bien roulé, je suis en forme physique et le moral est bon. De plus, j’ai un excellent vélo qui est fiable et confortable, j’ignore le mal aux fesses, le mal au dos et le mal au cou, maux habituels du cycliste.

Pour trouver à me loger, je réfléchis à ce qui s’est passé précédemment et je m’aperçois que j’ai trouvé plus de solution en parlant aux gens dans la rue qu’en frappant aux portes. Aussi, je me dis que je vais commencer par cela. Mais vu le temps, je trouve peu de gens dehors !…

Je vois quelqu’un qui vient chercher son courrier dans un lieu de boites aux lettres communautaires. je m’arrête et je lui dis que je cherche un endroit pour dormir. Il me propose de venir chez lui mais que je serais logée dans un rez de chaussée en travaux après avoir été saccagé par un locataire. Pas de problème, du moment que je suis à l’abri.

Et là il se passe quelque chose de curieux pour moi. Il déblaie un coin pour que je puisse mettre mon matelas mais surtout il se met à récurer la salle de bain qui est d’une crasse sans nom. Je lui dis que le plus simple, serait que je prenne une douche en haut. Mais je vois que ce n’est pas possible, il me précise que sa femme ne rentre qu’à 21h. Et je verrais cet homme nettoyer sa salle de bain pendant 1h, juste pour une douche. Puis il me laissera seule. Je suis à l’abri mais c’est la première fois que j’ai un accueil de ce style.

La nuit je dormirais bien sauf à un moment où le sol devient dur. Je suis étonnée et je me rends compte que mon matelas est à plat. J’avais pourtant bien protégé le sol avec 2 bâches l’une sur l’autre pour éviter cela. Il va falloir trouver la crevaison. Je le regonfle et il restera gonflé la nuit. Que s’est-il passé, je n’en sais rien.

Le matin, je me ferais ma cuisine par terre pour le petit-déjeuner, finirais ma News. Puis il faut repartir. la méteo annonce de la pluie toute la journée, j’éspère que je n’aurais pas le vent et le brouillard en plus que je puisse au moins profiter du paysage.

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13 réflexions sur « Etape 90, de Maria à McLeods, 81 km »

  1. Bienvenue au N-B! J’essaie de faire une campagne de mobilisation avec toutes mes connaissances pour essayer de t’aider! J’espère que ca va fonctionner et que des gens vont te donner des nouvelles et t’inviter! Lache pas ma belle!!! xoxoxoxooxoxoxoxoxooxox

  2. Sous la pluie, c’est effectivement moins confortable et moins joli…. Mais elle ne sera là à tous les jours, heureusement!
    En souhaitant que le NB soit aussi surprenant et accueillant que le Qc pour vous!
    Bonne route

  3. J’espère que tu pas trop de misère toi et ton prince, je te lève mon chapeau, tu es femme tres courageuse, et japressis une femme qui beaucoup courage comme toi cest beaux ????⭕️❌⭕️❌⭕️Un tres beaux mode de femme ??j’ai hâte d’avoir des nouvelles de toi ⭕️❌?

  4. Ma sœur,
    Juste pour te changer les idées.
    Sais-tu qui etait Ammonios Sakkas? Non? Moi si, depuis 1 heure. C’était le maître à penser du philosophe Plotin d’Alexandrie (205-270). Toutes ses œuvres sont perdues, d’où mon intérêt pour lui. Tout ça pour te dire que, pendant que tu perds ton temps, par beau temps, au nouveau monde, d’autres, restés au pays, y font œuvre utile. Enfin, je te prêterai le bouquin à ton retour (if any) et te le ferai réciter.
    Voici qui va te pousser à hâter ton retour.
    À bientôt, donc. Je t’embrasse.
    J-C, ton frère
    PS: Vu l’ordre des dates pour Plotin, je n’ai pas ajouté « après J-C », tu l’avais bien compris. (Je parle de l’autre J-C, bien sûr)

  5. coucou c est khadija avec votre mère
    on constate que vous traversez des moments de galère entre la pluie et le vent vêtements mouillés…
    votre mère vous soutient moralement et vous connaissant bien, elle sait que vous allez tenir le coup
    elle pense souvent à vous et reste toujours admirable de ce voyage que vous avez entrepris seule
    vous lui manquez beaucoup et espère que tout se passera bien jusqu à votre retour
    vous faites la une a l orangerie car à chaque fois des résidents interroge votre mère sur votre parcours en vélo
    elle vous embrasse très fort
    à très bientôt

  6. Bonjour Corinne,

    Nous sommes bien heureux que tu apprécies le survêtement aquatique que nous avons acheté ensemble à Montréal.
    Bon courage et bon vélo au Nouveau-Brunswick.

    Liliana et Louis

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