Pseudo étape 87, de camping Fort Ramsay à Gaspé puis chalet de la Demoiselle (Cap-aux-Os), 4 km

Mercredi 14 septembre, pluie et vent fort

Après une bonne nuit, je me dépêche de ranger mes affaires car la pluie menace. Je voudrais ranger la tente quand elle est sèche. En la rangeant, je m’aperçois qu’elle a deux petits trous au dessus de l’abside. Pour une tente de très bonne qualité, je suis déçue et puis mes affaires vont être mouillées dès la prochaine pluie car l’eau va s’infiltrer. Il faut que je trouve des rustines pour tente. Petit Prince étant harnaché, nous prenons la route pour Gaspé. J’ai sorti l’iPhone pour être guidée mais le chemin est facile car le local indiqué pour récuperer les drapeaux envoyés par Stéphane est au début de la ville. Il est 08h quand j’arrive et il y a déjà quelqu’un dans les bureaux. Mais là, grande déception, le colis n’est pas arrivé. Comme Stéphane m’a envoyé le numéro d’envoi, j’appelle DHL pour avoir des explications. Et là je m’aperçois que l’adresse postale qu’ils ont, n’est pas la bonne. Comme je ne retrouve pas l’email d’Annie, je ne sais pas d’où vient l’erreur mais cela importe peu, l’important est qu’il n’est pas là. DHL peut livrer demain mais ils sont incapables de dire l’heure. Je vais rester jusqu’à récuperer ce colis car je ne veux pas que tous les efforts de Stéphane aient été vains et que l’association n’ait plus son drapeau en français.

Devinette pour Catherine : où je suis ?


La pluie se met à tomber très fort. Le café des Artistes que Catherine m’a recommandé est à 300 m aussi je vais y prendre un brunch car je n’ai pas pris de petit déjeuner ce matin. Je demande des adresses pour loger ce soir. Ils m’en indiquent plusieurs donc une auberge de jeunesse au bout de la rue. je m’y rends sous une pluie battante et elle est fermée jusqu’en juin 2017. la saison est courte : 3 mois.

J’appelle les autres adresses et tout est complet. Je suis surprise car on est au mois de septembre et je ne savais pas que Gaspé était une ville qui avait tant de succès. Là je suis vraiment dans la « merde » car il pleut très fort et je n’ai aucun endroit pour dormir le soir. Je retourne au Café des Artistes et j’explique que je n’ai rien trouvé.

La serveuse Cécilia me dit qu’elle va appeler son amoureux pour lui demander que je vienne coucher ce soir. Quelle gentillesse. Elle revient 2 mn après, je suis surprise de la rapidité. Elle m’informe qu’une femme assise à une table près du bar souhaite me parler. Je me léve  et je vais la rencontrer. Elle me dit qu’elle a entendu ma conversation avec Cécilia et qu’elle me propose de loger dans un chalet qu’elle possède et qui est libre entre 2 locations. Et là, l’émotion me submerge devant tant de gentillesse et … je me mets à pleurer ! Mes deux interlocutrices sont un peu étonnées de ma réaction. Qu’ai je donc fait pour mériter toute cette aide depuis le début de ce voyage ? Je suis très émue, tout cela est tellement loin de ce qui se passe dans mon pays. Toutes ces nouvelles tristes perpétuelles que l’on lit dans les journaux et moi qui suis entourée d’une bulle de bienveillance ! Pour avoir un moral d’enfer et être pleine d’énergie, rien ne vaut un voyage à vélo au Canada !

Merci Cécilia

Je déjeunerais avec Françoise, la propriétaire du chalet et nous ferons connaissance. Elle sort d’un an de traitement d’un cancer du sein et les résultats sont bons maintenant. Là encore, quel courage pour lutter contre la maladie. Puis on prend la voiture pour se rendre au chalet.

Mais avant, il fallait que je trouve un bon abris pour Petit Prince qui était sous une pluie battante depuis 3h. La solution est encore venue du Café des Artistes (Catherine, quelle idée lumineuse tu as eu de me recommander ce café). Il avait en bas de leur café, une salle de stockage et Petit prince s’est retrouvé là, tout dégoulinant mais au chaud. Je pouvais donc partir la conscience tranquille, mon coursier étant lui aussi hébergé.

Le chalet se trouvait à 40 km de Gaspé, de l’endroit où je venais. En chemin, Françoise m’a arrêté chez INTERSPORT qui avait bien commandé la béquille double de Petit Prince et qui, elle, était arrivée. De plus, j’ai trouvé des rustines pour tente donc je vais pouvoir réparer mes 2 trous. Puis nous repartons pour le chalet. Pour qui aime la nature comme moi, je me suis retrouvée dans un petit paradis. Je vous laisse découvrir.

Ce site est constitué de 4 maisons: le site que j’occupe et qui est uniquement réservé à la location, la maison principale où Françoise vit d’octobre à mai, puis qu’elle loue l’été, un petit appentis de jardin et une petite maison où vit Françoise quand les 2 autres chalets sont loués.

Quand on arrive, on tombe sur le jardin de Françoise


Puis sa petite maison où elle vit l’été


Sa terrasse où elle mange tout l’été car de cette maison, elle ne voit pas la mer. Le vent a renversé les chaises

La vue de la terrasse


L’appentis du jardin


La maison principale où Françoise vit l’hiver.


La superbe vue de cette maison


Et enfin mon chalet (que je me suis appropriée tellement j’y suis bien !…)

 

 

La vue à partir de l’intérieur.

La pluie s’étant calmé, je fais le tour de la maison

 

 

L’intérieur du chalet

La petite chambre au fond où je dormirais si bien

La vue de la chambre

Il y a une mezzanine avec un lit double pour compléter cette belle pièce. Je trouve que c’est un endroit magique.


La bateau de plus près.

Et Françoise me laisse seule. Je m’installe dans le canapé et j’écoute de la musique :

– votre chanteur canadien que j’aime tant: Léonard Cohen album « live In London » que je trouve superbe, j’enchaîne avec une musique que j’apprécie beaucoup car très gaie : »La Tarentella: Antidotum Tarantulae. L’Arpeggiata », puis un petit coup de cafard en pensant à mon mari qui ne profite pas de ce moment avec moi « Guilty » de Barbra Streisand mais avec Woman in love.

Vers 18h, Françoise arrive avec : des tomates pour une salade, des pâtes avec du maquereau et un brugnon. Que dire, sinon que j’ai une chance incroyable et que j’apprécie énormément (d’autant plus que j’ai été élevée par un père qui me disait tout le temps que « rien n’est dû dans la vie », hein Jean Claude) .

Pour la soirée, je regarderais le film « demain », gros bol d’optimisme que je conseille vivement. Puis je vais me coucher très heureuse de cette journée encore une fois totalement imprévisible.

6 réflexions sur « Pseudo étape 87, de camping Fort Ramsay à Gaspé puis chalet de la Demoiselle (Cap-aux-Os), 4 km »

  1. Toujours bravo à toi Corinne pour ta ténacité. Quand tu auras terminé ton magnifique périple canadien, tes lecteurs assidus, dont je fais partie, vont se sentir en manque!!!!? alors, apprêtes toi à nous passionner tout autant avec le rythme de pousse des fruits et légumes de ton jardin dont tapprêtez tant t’occuper!

  2. Salut Corinne,
    Je suis contente de te voir accoudée au comptoir de ce petit café qui à l’air très sympa. Oui, Catherine t’a donné une très bonne adresse. Je comprends ton émotion avec tous ces gens autour de toi qui se disputeraient presque pour t’accueillir. C’est encore une belle pause que tu as pu faire dans ce chalet. Merci de nous faire partager tout ça dans les moindres détails, avec toutes ces belles photos. Tu t’es un peu approprié ce petit domaine, c’est bien que tu puisses souffler de temps en temps, tu en as besoin après les sacrés étapes que tu traverses avec Petit Prince. Tu vas pouvoir redémarrer en pleine forme pour la prochaine étape.
    Je t’embrasse très fort.

  3. Tellement heureuse que ma Gaspésie vous accueille comme il se doit!
    J’ai déjà habitée à Cap-aux-Os quelques temps. Un endroit magnifique et plein de doux souvenirs!
    Avec mon père, nous habitions près de l’Auberge de Jeunesse, dans la maison de Charles Kaczynski, le violoniste, avec tous les chiens de traîneaux de mon papa. De belles randonnées dans le Parc Forillon en hiver!
    Bonne route demain vers le fabuleux Rocher Percé! Par contre, il y a de la côtes pour y arriver!! Courage, mais le spectacle en vaut l’effort!

  4. Fifille,
    C’est le docteur qui parle. Trois faits:
    1- tu as pleuré une fois.
    2- tu as un coup de blues en pensant à Thierry, ton mari.
    3- tu fais une allusion à notre père dont le souvenir évoqué est négatif comme toujours.
    Ça fait beaucoup !
    Tu as un coup de fatigue, on le comprend. Il faut faire une petite pose, j’insiste. Au bout de 3 mois et demi de trajet avec chaque jour les soucis du temps , du trajet, de l’étape, du message, de la diététique, du materiel, loin de ton mari, tes enfants, ta famille, tes amis, tu as le DEVOIR de souffler qq jours SANS AUCUN SOUCI, de penser à autre chose,de nous téléphoner, de nous « skyper ». De préférence dans une ambiance quasi familiale, d’après ton courrier ce n’est pas ce type d’amis qui te manque sur place. Prends un peu de repos physique et mental, Stakanov! Tu en sortiras grandie.
    Tu n’est pas Superwoman, ma chérie, dois-je te rappeler ton âge, mignonne?
    Tu as encore un mois et demi de trajet, finis le en beauté et emporte nous dans ta gloire.
    Que Dieu te bénisse.
    JC, Icare aux ailes roussies.

  5. Ma belle Corinne, je t’ai négligée cette semaine, J’ai été tellement occupée au travail que j’ai à peine eu le tmeps de te lire; mais j’ai rattrapé mon retard!
    Comme la route semble difficile, on est de tout coeur avec toi! Heureusement, les gens sont toujours au rendez-vous pour t’aider; et tu le mérites! Profite bien de ce lieu de repos bien mérité!!! xoxoxoxoxoxoxoxoxox

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