Etape 85, de Cap-au-Renard à Grande-Vallée, 97 km

Dimanche 11 septembre 2016 et lundi 12 septembre, température de 11°C à   , ensoleillé mais vent fort le matin

Dénivelé +: 1408 m soit 300 m de plus que le plus fort dénivelé dans les Rocky Mountains. Du très  costaud

Le dimanche matin, lorsque j’ai voulu partir, la pluie s’est mise à tomber fort mais surtout il y avait un vent terrible, dangereux, rendant la pratique du vélo dangeureuse. Je suis donc restée une journée de plus puisque Lynn et Jacques ont accepté de m’héberger un jour de plus à cause des conditions météorologiques difficiles. Le dimanche a été une journée de repos totale puisque je n’ai pas bougé de la maison.

J’ai commencé la matinée par une interview avec un journaliste que connaissait Jacques. C’est intéressant de voir ce que retient un journaliste d’une longue discussion. Clairement l’association « toutes à l’école » n’a pas trouvé grâce à ses yeux car il ne l’a pas citée. Par contre mon âge était visiblement important.

http://www.lavantagegaspesien.com/

Le lendemain, le vent est encore présent mais il ne pleut pas. J’aimerais atteindre Grand Vallée ce soir mais le dénivelé annoncé est tellement important que je ne sais pas comment cela va se passer. Est-ce faisable, vais-je devoir pousser très longtemps ? C’est pourquoi je pars tôt, à 8h30 pour essayer de faire face à la situation. J’écris cette partie le matin avant de partir et j’appréhende un peu un dénivelé pareil que je n’ai jamais fait avec Petit Prince chargé.

Sur cette capture d’image d’openrunner, vous voyez le relief qui m’attend à la fin de l’étape. Je devrais arriver à ce niveau avec les 2 batteries pleines, vu les 65 premiers km. Donc c’est à moi de gérer cela intelligemment si je peux mais je suis bien prévenue.


Petit Prince et moi, nous partons. Au bout d’1,5 km, j’ai une grosse frayeur. Une grosse rafale de vent venait de ma droite (le vent soufflera de l’ouest toute l’étape) me pousse inexorablement vers le gauche, me fait sortir de la piste cyclable et me pousse au milieu de la route, j’ai les 2 pieds à terre pour essayer de bloquer le vélo qui est poussé en crabe et je n’y arrive pas. Un gros camion de bois arrive. Heureusement, le conducteur comprend la situation et me double totalement à gauche. Par chance aucune voiture ne venait pas en face. C’est clair que si cela se reproduit, j’arrête l’étape. Tant que j’ai une colline ou une falaise à ma droite, cela coupe le vent, mais dès que la route est dégagée; le vent souffle mais je n’aurais plus d’énorme rafale de vent.

La route longe la mer et le paysage est magnifique.

Un cimetière face à la mer

Une église domine une baie





La route est toute proche




Puis je finis par quitter le bord de mer pour attaquer la grosse montée qui au final, fera 15,3 km. Je veux vraiment ne pas mettre pied à terre. J’ai réfléchi à comment essayer d’y arriver et j’ai décidé de mettre encore un plus petit développement que d’habitude soit 6 km/h, ce qui me met totalement à la limite de l’équilibre, je pense que je n’arriverais pas à emmener un plus gros développement vu le niveau de la pente mais vais-je arriver à garder l’équilibre ? Derrière nous, on doit penser que Petit Prince est monté par une femme saoule car je suis obligée de bouger tout le temps le guidon pour garder l’équilibre mais le résultat est là, j’ai réussi mon challenge, je n’ai pas mis pied à terre, j’ai réussi à tout monter et à la fin je ne crachais pas mes poumons et le coeur ne battait pas la chamade. Je n’ai pas eu besoin de temps pour récupérer. Que de progrès accomplis. Je suis très contente. Petit Prince est un merveilleux coursier très courageux et j’en suis très fière.

L’assistance électrique est vraiment fantastique car sans elle je n’avais aucune chance de monter. Grâce à elle, je peux faire beaucoup plus d’effort. Par contre le dénivelé était telle qu’elle a été totalement vidée en 15 km, un record depuis le début du voyage.

Nous atteignons Grande-Vallée beaucoup plus tôt que prévue. Le camping est très beau, situé en face de la mer. Mais à cause du vent, personne n’est positionnée en bordure de mer. La gérante du camping m’installera près d’une haie haute pour que je sois protégée du vent. Elle me dit que ce vent est totalement inhabituel à ce niveau et que c’est la queue de l’ouragen de Californie (Jean Claude tu avais raison ! pour une fois…).

Demain, je vais essayer d’arriver à Gaspé, 120 km.

15 réflexions sur « Etape 85, de Cap-au-Renard à Grande-Vallée, 97 km »

  1. Le côté nord de la Gaspésie est aride, sauvage, mais tellement magnifique, vivant, fort.
    Bonne découverte!
    À Gaspé, pour un bon café et un lunch sympa : Le Café des Artistes (en biais du Tim Horton).
    Vous y rencontrerez p-ê un bon samaritain prêt à vous offrir l’hospitalité pour la nuit. C’est ce genre d’endroit!
    Bon tour de la Gaspésie!

  2. Bravo Corinne, tu es un phénomène de courage et d astuces! Tu nous as posté de magnifiques photos qui font rêver. Merci. Tiens bon. Bisous

  3. Je te suis quotidiennement, tu es ma lecture du matin, que de belles rencontres mais que d’efforts à accomplir, nous t’admirons, bravo et merci pour ces belles photos qui nous font voyager.
    Nous t’embrassons affectueusement et bon courage pour la suite et fin !!!!
    Isabelle

  4. Bonjour Corinne,
    Chaque matin, et plusieurs fois dans la journée, je viens vérifier s’il y a du nouveau et je regarde la balise. C’est fou, mais j’ose le dire eh oui! je m’inquiète quand on est sans nouvelle.
    Tout un parcours, le kilométrage de cette dernière étape, dans ces montées faites pour des athlètes. Bravo! et les photos et ce ciel tout bleu. Profitez de cette température et prenez un jour de repos la prochaine journée pluvieuse. La pluie, le vent et la mer ne font pas bon ménage avec le cyclisme!

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