Etape 77, de Trois Rivières à Saint-Augustin-de-Desmaures, 125 km

Jeudi 1er septembre 2016, journée nuageuse avec éclaircie soleil.

Le Wifi du motel étant bon, j’ai pu rattraper les 2 étapes de retard, mais comme d’habitude avec l’envoi des News, cela m’a fait partir à 10 h du matin. Comme j’ai prévu d’être à Lévis ce soir, chez Annie, et que cela fait 150 km, il ne va pas falloir traîner.

Je pars donc et je suis plein d’énergie. Je pédale bien et le paysage est très sympa. Je suis la route 138, qui épouse la rive du Saint Laurent. Cette route est appelée route verte car elle a une bande d’arrêt d’urgence sur laquelle peuvent rouler les cyclistes. J’avance bien, cependant à 13h, je fais un arrêt d’une demi-heure pour manger une platée de spaghettis à la sauce tomate, puis je repars. La route est simple à suivre aussi j’avance bien toute la journée.

Vers 18h, j’ai vraiment besoin de faire un arrêt pipi. Depuis que je suis la rive du Saint Laurent, cela devient une opération compliquée car la rive a des maisons tout le long, il n’y a plus de coin sauvage. Comme, le nombre de cafés est très limité, je me retrouve quelque fois coincée. Aussi je suis obligée de m’arrêter dans les maisons. Il est difficile de stopper et de demander directement  « puis-je utiliser vos toilettes », aussi je demande d’abord si je peux boire de l’eau, puis ensuite seulement si je peux utiliser les WC. Donc vers 18h, ma vessie est pleine, il faut vraiment que je fasse quelque chose. Je répère une maison fleurie et je décide de température ma chance. Un couple de personnes âgées ouvre et très gentiment m’offre à boire et me permet d’utiliser les toilettes. Lorsque je reviens dans la cuisine pour boire mon verre d’eau, j’ai encore les gants de cycliste sur les mains car je ne vais pas traîner longtemps.

L’homme regarde mes gants et tout d’un coup me dit « vous avez des gants de la marque Garneau et l’usine est à 1 km de là. » Je trouve le hasard amusant. Il ajoute « vous ne pouvez pas partir sans rencontrer Louis Garneau qui est un ancien champion cycliste, votre périple va l’intéresser ». Je suis un peu interloquée par la remarque et je lui explique qu’il est déjà tard et que je dois être avant la nuit à Lévis (il me reste quand même 25 km à faire). Mais il insiste très fort (visiblement il est très fier de la carrière de ce champion et qu’il fasse vivre beaucoup de familles du coin avec son usine). Je suis un peu ennuyée car la nuit tombe tôt maintenant et que j’ai vraiment prévu de dormir chez Annie ce soir. Il est visiblement peiné que je ne veuille pas rencontrer ce champion aussi industriel, alors je cède en me disant que je suis entrain de me compliquer les choses car je vais devoir rouler de nuit mais mon refus, je le vois bien, ne passe pas.

Tout content, il prend sa voiture et me demande de le suivre. On roule 1,5 km et on arrive à son domicile. 3 voitures sont stationnées devant. On sonne et personne ne répond. Mon accompagnateur me dit qu’on va faire le tour de la maison, que peut-être qu’ils ne nous ont pas entendus. On rentre dans la propriété et on en fait le tour mais visiblement, aucune personne n’est présente. De façon amusante, mon compagnon de mini virée ne lache pas prise. Il m’explique que l’on va laisser un message dans la boîte aux lettres. Qu’à cela ne tienne, je vais laisser un message pour lui faire plaisir. Aussi je m’appuie sur le capot d’une des voitures (mais j’ai pris la peine de déposer mon book de voyage pour ne pas le rayer avec le stylo) et j’écris un petit mot en me demandant quel va être sa réaction. Pendant que je rédige, une voiturette de golf qui vient d’une propriété en construction, en face, s’arrête à notre niveau et nous demande ce que l’on veut. Et aussitot, je vois mon trip être raconté. Son enthousiasme à mon égard me fait rire. Les arrivants (la fille de Louis Garneau, son compagnon et la tante de cette dernière), très bien élevés… me posent gentiment des questions, je réponds puis je redémarre car la nuit arrive. Pendant 3 km, je suis la route verte « le chemin du Roi » quand tout à coup, j’entends crier « Corinne », une voiture me double et s’arrête devant moi. Complétement surprise, je m’arrête et je vois la tante (famille Garneau) me tendre mon book…que j’avais oublié sur le capot de sa voiture. Ma distraction est vraiment problèmatique car j’ai eu beaucoup de chance qu’ils me suivent pour me rendre mon book. Au volant de la voiture, se trouve la femme de Louis Garneau. Elle descend de voiture, me dit « bonjour » et immédiatement m’invite chez elle en me disant qu’il est trop tard pour rouler (ce qui est vrai !). Et voici, comment je suis leur voiture dans l’autre sens pour passer une excellente soirée et coucher dans un club house très sympa.

la tablée

De gauche à droite, la sœur de Monique Garneau qui très gentiment m’a rapporté mon book, Victoria la fille, Anthony son chum (en Québecois, son petit ami), Corinne, le frère de Monique, la blonde d’Edouard son voisin; le fils de Louis Garneau.

« La blonde de  » = « Petite amie », même si elle est brune !….

« chum » = » Petit ami de », mon vocabulaire Québécois s’enrichit


Monique, au bout de la table, vigilante à ce que sa tablée ne manque de rien. Merci Monique, le repas était délicieux.


Très gentiment, elle me dit de venir le lendemain au magasin d’usine pour prendre un vêtement pluie spécifique vélo. Je suis contente car j’ai très peur que celui que j’ai trouvé soit trop hermétique car c’est un vêtement aquatique (mais je ne l’ai pas encore essayé). Le vêtement de pluie que j’ai emmené est un vêtement de jogging. Par contre, le nouveau vêtement de pluie, spécifique vélo, va-t’il resister à l’effet cuvette créé par la position sur le vélo couché, cela je l’ignore.

En attendant de choisir, je vais me coucher dans mon club house où je vais passer une excellente nuit.

4 réflexions sur « Etape 77, de Trois Rivières à Saint-Augustin-de-Desmaures, 125 km »

  1. Bonjour Corrine
    Un de vos objectifs était bien de rencontrer des gens aussi, il me semble. Encore une fois c’est gagné!
    Je reprends vos paroles:
    « me disant que je suis entrain de me compliquer les choses car je vais devoir rouler de nuit mais mon refus, je le vois bien, ne passe pas. » ….
    prendre le temps de vivre le moment présent dans certaines occasions qui se présentent… vous avez su le faire depuis le début, et votre amie le comprend j’en suis certaine!
    Bienvenue dans notre belle région. c’est toute une semaine qu’il vous faudrait dans cette région-ci! mais je sais, la route vous attend.

  2. Bonjour Corinne,
    J’aime beaucoup l’aventure et les nouvelles rencontres de cette étape. Bien sûr que tu as eu raison finalement de t’arrêter et d’accepter l’invitation insistante de ce monsieur qui te fait connaitre la famille Garneau. Il faut que tu assumes ton statut de vedette, en satisfaisant les admirateurs sur ta route, et que tu t’autorises par là même, à te poser un peu, quitte à modifier ta route, ou décaler ton rythme. Je comprends l’enthousiasme et la fierté de cette famille à te recevoir, les concours de circonstances sont vraiment drôles.
    J’espère que tu vas avoir l’occasion de parfaire encore ta tenue de cycliste, surtout si tu es correctement protégée de la pluie, ce sera un plus qui n’est vraiment pas négligeable. Quant à tes oublis (ton book n’est pas la première chose que tu laisses en route), je crois bien Corinne que ça s’appelle des actes manqués….un moyen de prolonger un peu le contact avec ces gens bienveillants que tu croises sur ton chemin.
    Bonne nuit dans ce club house, repose-toi bien, et n’oublie pas tes gants demain matin!
    Bises

  3. Wow, rencontre avec louis Garneau! J’aurai insisté aussi, il est très reconnu dans le ont du vélo ici! Il manque juste Pierre Lavoie a renconter! ?

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