Etape 66, de Sunny Valley Park Campground (Owen Sound) à Craighurst, 131 km

Vendredi 19 août, température de 20 à 33°C

Je n’ai pas résisté au plaisir de prendre des photos de ce que je voyais au sortir de la tente: un magnifique lever de soleil à travers les arbres (voir post précédent)

La tente n’est pas humide (je ne suis pas au bord de l’eau, elle est donc rangée très rapidement. Le porridge (aliment systématique du petit-déjeuner et qui a l’intérêt de tenir un peu au corps) avalé (mais pas de boisson à part de l’eau car je n’avais pas vu que je n’avais plus de thé), Petit Prince chargé, nous reprenons la route. Je vais suivre la route 40 qui est à l’intérieur des terres et non le long de la côte car on m’a prévenu que la route 26 que j’avais prévu est très encombrée.

La petite route que je suis, est très agréable, très peu de circulation et je peux la suivre sur près de 50 km. Je passe à travers des forêts et des champs. Je vois aussi des beaux vergers ce qui est très rare, essentiellement des pommiers.

Les fermes sont grandes et belles et les maisons d’habitation plus grandes que d’habitude. La région semble plus riche que précédemment. Certaines fermes ont encore des vieux silos et très hauts. Le toit rond est systématiquement peint soit en noir et blanc soit en rouge et blanc.


Ensuite malheureusement je rejoins la route 26 qui borde le lac Huron et qui fait le tour de la baie Georgian ce qui est très agréable au niveau visuel mais absolument infernal au niveau de la circulation. Je roule depuis 1 km dessus quand je vois un cycliste sur ma droite semblant rouler sur une piste. Je m’arrête immédiatement et je vais voir. C’est une piste cyclable. Par contre je ne vois pas de chemin pour y aller aussi je traverse les 30m de hautes herbes qui m’en séparent. Une galère intégrale car visiblement Petit Prince n’aime pas le terrain, il est rétif et il m’oblige à pousser comme une malade. Je finis par arriver sur cette piste que j’ai vraiment méritée. Et là, 18 km de bonheur sur une jolie petite piste à travers les bois. C’est imprévu et drôlement agréable. 

Malheureusement toutes les bonnes choses ayant une fin, arrivée à Collingwood, la piste s’arrête et je retrouve la route 26 infernale. J’ai beau regardé la carte, pour avancer dans la direction où je veux aller, il n’y a pas d’autres routes proches. Et je vais donc faire plus de 40 km dessus. C’est bruyant, dangereux (pas de bande d’arrêt d’urgence), plein de camions et voitures, en un mot l’enfer. Je prends des crampes aux épaules à force de m’efforcer de tenir sur 20 cm à droite. 

A un moment, je vois une voiture de police tous phares allumés dans mon rétroviseur et je m’aperçois qu’elle me suit, donc je m’arrête (heureusement qu’elle n’a pas mis sa sirène car j’aurais fait une crise cardiaque). Le policier ouvre la fenêtre et me dit « vous savez que cette route est dangereuse pour un cycliste ? »J’ai failli éclater de rire, m’arrêter pour me dire cela, comme si je ne m’en étais pas aperçue !… Je pensais donc qu’il avait une alternative à me proposer, donc je lui ai tendu ma carte en lui demandant où je pouvais aller, mais il n’avait rien d’autre à me proposer. C’était vraiment une intervention efficace !…

J’avais repéré qu’à un moment, je pouvais m’échapper par une route parallèle à celle là, ce que j’ai fait. Mais le temps passe et il est l’heure de m’arrêter pour dormir mais pas de camping et pas de motel sur ces petites routes. 

J’ai vu 2 petits écureuils noires s’amuser au bord de la route. Je n’en ai jamais vu de cette couleur, 

Ils sont superbes. Un s’échappe mais j’ai le temps de photographier l’autre.


Je finis par m’arrêter à une « pharmasave » car j’ai oublié ma crème solaire sur la table du camping et avec le soleil qui cogne, j’ai vraiment intérêt à me protéger.

Il est 19h30 et j’explique à la pharmacienne que je ne sais pas où coucher. Immédiatement, elle me vient en aide en téléphonant aux 2 plus proches motels (situés quand même à 15 km). Les 2 sont complets. Elle me propose alors d’essayer des Bed & Breakfasts. J’avoue ne pas avoir pensé à cela et je donne, bien sûr, mon accord. Elle me trouve un B & B à 13 km et j’y arrive à 20h15, un record pour s’arrêter le soir (et 131 km au compteur). Je suis extrêmement bien accueillie, la chambre est grande, la salle de bain privative superbe.

Et là, avec Henni (la personne qui me reçoit), nous revoyons le trajet. Et elle me déconseille totalement ce que j’ai choisi car c’est très passager et emprunté par toutes les voitures allant à Ottawa.

Je refais donc le trajet mais en passant par le Nord (Odile et Philippe; la route 45, puis 503 et enfin la WHW 28). J’espère que cela va être vivable pour moi.

Je repars, après une bonne nuit, avec plein de nourriture, sandwichs, fruit. Pour un B & B, l’accueil était très agréable et chaleureux.

4 réflexions sur « Etape 66, de Sunny Valley Park Campground (Owen Sound) à Craighurst, 131 km »

  1. Bonsoir, c’est vrai que bien des routes ne sont pas agréables … c’en est désolant. N’hésite pas à demander conseil à tous les jours sur les meilleures options … Là où tu es, je ne peux pas t’aider. .. Les photos des derniers jours sont superbes ! J’aime bien les panoramas près de l’eau. .. Bonne continuité !

  2. Oups!!! Ces histoires de route sans piste cyclable semblent vraiment inquiétantes, j’espère que tu vas trouver d’autres solutions … L’intervention de la police est surréaliste, même si elle partait d’un bon sentiment!
    C’est chouette de te voir à nouveau sur une photo, pense à demander plus souvent d’être photographiée, c’est sympa pour nous, et pour toi, ça fera de bons souvenirs!
    Ici, je suis de nouveau au Pecq après une semaine très sympa à Beg-Meil, mais une semaine de vacances, ce n’est pas beaucoup pour cette année… Hélène est partie pour Montréal jeudi…et, comme les autres français, n’a pas trouvé ses bagages à l’arrivée!!! Sans doute restés à Reykjavik où l’avion faisait escale. J’ai pensé à toi et à tes problèmes avec l’emballage de ton vélo… C’ est sûr que ça ne fait pas une arrivée très agréable!
    Est-ce que tu passeras par Montréal, ou est-ce que tu évites les grandes villes? Ce serait rigolo que tu voies Hélène. Elle n’a pas encore son logement (elle est hébergée par des amis d’amis pour l’arrivée) mais cherche une coloc, j’imagine donc qu’il y aurait de la place pour te loger.
    J’admire toujours autant ton courage et ta patience devant tous les problèmes matériels que tu rencontres, et ta manière de les résoudre. Le passage des 5000 km est très impressionnant!!! J’ai montré ton blog à Beg-Meil à une de mes soeurs et à son fils, qui a fait il y a quelques années la traversée du Népal à vélo, ils ont été très intéressés et admiratifs.
    Bon vent (dans le bon sens!) et plein de bisous!
    Chantal

    1. Merci beaucoup Chantal de prendre le temps de m’écrire et de me raconter tout cela. Je vais essayer de voir Hélène. Comment j’en sais rien mais tu sais quand tu vois comment se déroule ce voyage, faire des plans d’avance devient surréaliste !…Bisous Corinne

  3. Bonjour ma chérie ,
    C’est gentil de nous donner des nouvelles . Je voudrai pouvoir en faire autant . j aimerai avoir des choses aussi intéressante à te dire mais pour moi les journées se ressemble.
    Tu sais combien tu me manque.
    ta maman qui t’aime .

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