Etape 54, de Oak Campground à Nipigon, 96 km

Samedi 6 juillet, température de 19 à 33°C, très nuageux

Après avoir pris le petit déjeuner avec Susan et sa famille, j’ai repris la route. Elle commence par une 4 voies sans piste d’urgence, situation désastreuse pour les vélos qui roulent sur la bande blanche tellement les voitures qui roulent à 110 km leur fait peur. Je suis très à droite (je ne peux pas plus parce qu’après c’est un accotement non stabilisé) quand soudain juste derrière moi j’qi entendu un coup de frein terrible. Immediatement j’ai su que c’est pour moi et j’ai jeté Petit Prince sur le coté. Je vois alors une voiture qui était entrain d’être doublée, passée à coté de moi en dérapage totale, à 45°C par rapport à la route, occupant les 2 voies totalement en travers (je ne sais encore pas comment la voiture qui doublait n’a pas été touchée), cela faisait un bruit terrible, j’ai cru que la voiture allait partir en tonneaux, puis au bout de 150 m elle s’est redressée, elle a failli sortir de la route mais finalement, elle y est restée. Les marques de gomme au sol étaient impressionnantes.

Moi, je suis restée là avec le coeur qui battait la chamade, j’ai fait une crise de suée et il m’a fallu un quart d’heure pour récupérer de ma frayeur. J’ai tout à fait conscience d’etre passée très près de la mort mais ce n’était pas mon jour. Inutile de vous dire que pour les 80 km qui restaient, je n’étais plus du tout à l’aise. La 4 voies est redevenue une 2 voies mais toujours sans piste d’urgence, donc dangereuse pour les cyclistes. C’est une situation que je n’avais pas rencontrée auparavant car jusqu’à présent, il y avait toujours un accotement sur lequel un vélo pouvait circuler. j’ai donc passé 80 km avec un oeil devant surveillant la bande de 40 cm sur laquelle je roulais et un oeil dans le rétroviseur pour surveiller les voitures et camions arrivant derrière. Pour le paysage, c’est raté alors je ne parle même pas des animaux, je pense que je n’aurais pas vu un éléphant !…

Pour vous dire, je n’ai fait que 2 photos. Une photo d’un panneau indiquant que c’est la route que Terry Fox a suivi. Mais qui est Terry Fox

Terrance Stanley « Terry » Fox, CC (28 juillet 1958 – 28 juin 1981) était un athlète canadien, humanitaire et militant pour la recherche dédiée au traitement du cancer. Il devint célèbre pour son « Marathon de l’espoir », un périple trans-canadien qu’il entreprit afin de prélever des fonds pour la recherche contre le cancer ; il courut ce marathon malgré une jambe artificielle. Il est considéré comme un des plus grands héros canadiens du xxe siècle, et sa mémoire est honorée chaque année, au mois de septembre, lorsque la population participe à la Course Terry Fox, le plus grand événement mondial journalier de levée de fonds pour la recherche sur le cancer.

Terry Fox 

Et l’autre image est celle d’une maison qui m’a sidérée

Puis je suis arrivée à un camping au bord de l’eau mais je n’en ai pas profité car le Wifi n’est présent qu’au bureau où je suis restée pour vous envoyer les 2 étapes précédentes.

Pour finir hier, j’ai été voir où en étaient les dons. Et là, je me suis prise une grande claque lorsque j’ai vu la somme collectée.

370 euros et 3 réels donneurs (merci à eux), la tradition dans ces demandes de dons est d’indiquer son nom (peu importe la somme). Une petite fille cambodgienne, avec cela, pourra se payer son uniforme et des livres …Je me demande vraiment pourquoi je continue.

Vraiment une journée de « merde ».
 

5 réflexions sur « Etape 54, de Oak Campground à Nipigon, 96 km »

  1. Un coup de gueule qui fait plaisir !
    Corinne,
    Je suis admiratif de votre choix de vie. A 65 ans prendre une telle décision me surprend agréablement et me montre des perspectives intéressantes.
    J’ai eu connaissance de votre site par le Facebook de « Toutes è l’école ». Hier j’ai pris le temps de lire l’intégralité de votre voyage. Quel plaisir, j’aimerais être une petite souris qui se glisse furtivement dans vos bagages.
    La narration est simple, précise et empreinte d’émotion. Les rencontres mettent en avant des relations humaines bien souvent oubliées de par le stress de nos vies quotidiennes et citadines.
    Des paysages et des grands espaces à couper le souffle (de bien belles photos !).
    Voyager ouvre indéniablement l’esprit et est une invitation à la réflexion.
    De cette réalité 3 phrases m’ont interpelé dans votre dernière publication.
    – Pour finir hier, j’ai été voir où en étaient les dons.
    – Je me demande vraiment pourquoi je continue.
    – Vraiment une journée de « merde ».
    J’aime votre franc parlé (de toute manière sans un caractère bien trempé un tel voyage n’aurait pas pu voir le jour).
    Au-delà du récit magnifique aurions-nous oublié la finalité du voyage ?
    Je suis parrain de cette association, je fais un don avant tout pour soutenir le principe de base de l’action que mène Corinne.
    Bien cordialement
    Stéphane Luiggi

  2. Hello Corinne, merci pour la photo des nains de jardin canadiens, j’ai une photo quasi identique d’une maison de Rivedoux , à l’ile de Ré, devant laquelle nous passons chaque année en vélo, pour le plaisir de voir l’évolution de la déco… Il y a le coin des chiens, des papillons, des cervidés…un festival!, ça m’amuse donc beaucoup de voir que c’est un goût universel!!!
    Pour les dons, je crois qu’il ne faut pas te démoraliser: les gens qui te lisent et te soutiennent sont tellement captés par ta performance et tes aventures quotidiennes, qu’ils ont un peu « oublié » la cause pour laquelle tu pédales…tu as bien fait de le rappeler à tous après l’étape 48, cela va réveiller tout le monde. Mais surtout ne remet pas en cause ce que tu fais en ce moment, c’est aussi ta performance personnelle, c’est une vraie leçon de vie et de courage que tu donnes à tous ceux qui te lisent.
    Courage Corinne, on est tous avec toi, et je t’assure que ton rappel va être entendu.
    Pour Terry Fox, il n’y a pas de mot, c’est simplement énorme.
    Odile et Philippe

    1. Je suis complètement d accord avec Odile. Surtout, ne te décourage pas. Fais une petite piqûre de rappel de temps en temps pour rappeler ton but. Bisous Corinne et mille bravos pour ta ténacité et ton courage .

  3. Corinne, tu nous fais de belles frayeurs, heureusement que tu nous en parles une fois que tout s’est bien terminé! Mais vraiment, profite des rencontres que tu fais pour savoir s’il n’y a pas des trajectoires un peu plus sécurisées, car c’est quand même vraiment inquiétant que tu te trouves sur des routes aussi périlleuses! Fais attention à toi,
    Je t’embrasse

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