Etape 53 de Upsala to Oak Campground, 136 km

Vendredi 5 août, température de 19° à 36, ciel très nuageux, menaçant mais sans pluie.

Le départ, le matin a été matinal, 07h30 car François devait se trouver à 13h à Thunder Bay pour son interview (lui est parti à 6h30). En tout, il y a 128 km. Il fait frais 19°C et c’est agréable de rouler. Le problème est juste qu’il y a beaucoup de camion et pas de voie d’urgence. Donc on a souvent peur quand ils nous serrent d’un peu trop près.

Je roule bien mais le paysage est bien différent de celui que j’ai vu il y a 3 jours. La route serpente au milieu de la forêt et je ne vois pratiquement que des arbres.

J’essaie de faire une petite pause tous les 20 km pour dérouiller les jambes et prendre un petit en cas. Je vois une voiture s’arrêter et un couple en descendre. Ils me disent qu’ils ont vu mon vélo à Kenora et qu’ils avaient repéré le drapeau français. C’est la première fois que l’on me dit cela. Ils s’appellent Jacques et Jackie d’Antibes et arpentent le Canada et les USA depuis 25 ans. Je leur dit mon étonnement de ne voir aucun animal et en particulier aucun « moose » (orignal). Eux aussi sont étonnés car c’est la première fois qu’ils ne voient aucun animal et ils se demandent bien pourquoi ? À part la grande chaleur, je n’ai pas d’explication.

Nous discutons un moment, puis après les prises de photos habituelles, je redémarre. Voici les quelques photos prises pendant le trajet.

Sur la route, on voit plein de panneaux avec un dessin de moose avec la précision que la nuit c’est un grand danger. Je me suis fait expliquer pourquoi spécifiquement la nuit. C’est parce que les yeux des mooses, contrairement aux autres cervidés (cerfs, wapiti, etc.) ne reflètent pas la lumière des phares donc les automobilistes les voient au dernier moment. Comme les mooses sont hauts sur pattes, ils passent sur les capots des voitures (même des 4 X 4 qui sont hauts) et traversent les pare brises en tuant les gens souvent avec leurs bois. Il y a régulièrement des morts chaque année de cette manière. 


Vous avez eu un taureau, un mouton et maintenant la vache !…

Les canadiens ont de l’humour et de l’imagination


J’arrive enfin à Thunder Bay où je m’arrête pour manger à Tim Hurtons (toujours gratuitement grâce à la carte qui m’a été offerte) et là je trouve un message de François qui me dit que comme il était en forme, il a continué sa route. Je me retrouve donc seule. Je lui souhaite bon vent et je suis sure qu’il va relever son défi. Ma seule inquiétude est qu’il en fasse trop car il ne se ménage pas du tout.

Je réfléchis rapidement et je me dis qu’il faut que je quitte rapidement Thunder Bay car c’est la ville avec le plus fort taux de criminalité du Canada (on m’a mise plusieurs fois en garde contre cela). L’explication fournis par les canadiens est que c’est une ville avec 30% de « natives » (Amérindiens) donc avec un grand taux d’alcoolisme et de drogue. Quelle tristesse de voir ce peuple, si fier, avoir totalement perdu sa culture. Je ne comprends pas non plus la politique des gouvernements successifs à leurs égards (je m’intéresserais à cela à mon retour pour essayer de comprendre).
Je reprends donc le vélo et j’ai repéré un camping à 13 kms de la ville, je décide donc de m’y rendre. C’est un camping familial et dans la zone tentes, nous sommes les uns sur les autres. Mais, avantage, cela me vaut d’être invitée pour le dîner avec en prime du vin de l’Ontario (comme je suis polie et bien élevée, je ne ferais pas de commentaire sur la qualité du vin !).

Lorsque je vais prendre ma douche, je suis arrêtée par Susan qui souhaite en savoir plus sur mon trip. Cela finit par une invitation pour le petit déjeuner, ce qui m’aura évité de faire la moindre cuisine au camping, situation inhabituelle et fort agréable. 

Merci à Susan, Charlène, Shawn sans oublier le chien Béarn, pour leur accueil. En discutant avec eux, j’ai la certitude que dans 2 jours, je vais être en difficultés car il y a 200 km sans rien du tout et je n’ai aucune idée de la manière dont je vais gérer cette situation. 

3 réflexions sur « Etape 53 de Upsala to Oak Campground, 136 km »

  1. Bonjour Corinne ! Grâce à toi, je révise ma géographie de l Ontario ! J’ai un grand-oncle qui vit à Longlac sur la route 11, et mon oncle qui vit en Abitibi QC (Amos) le visite de temps en temps. Je n’y suis jamais allée et je réalise la distance ! Je comprends que tu seras en zone isolée pour quelques jours. Quel est l’itinéraire que tu comptes prendre ? Tu vas descendre vers Sault ste Marie ? En tout cas, bonne route !

  2. Bien noté les précisions au sujet des mooses, cependant, j’espère que tu auras l’occasion d’en voir quand même au moins une fois (dans de bonnes conditions) et éventuellement d’en photographier, ce serait sympa, pour toi, puis pour nous aussi.
    Tu as bien fait de ne pas t’éterniser à Thunder Bay, si on t’avait mise en garde par rapport à cette ville (c’est bien que les nombreuses rencontres que tu fais, te permettent aussi d’avoir des conseils avisés). Nous souhaitons également bonne route à François, et espérons que tu trouveras d’autres compagnons ou compagnes de route.
    Bises

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