Etape 39, du Parc Régional Hudson Bay à Lady Lake 105 km

Jeudi 21 juillet, température de 25 à 33°C, soleil et nuages.

L’odomètre (appareil mesurant la distance parcourue depuis l’installation de l’assistance électrique) de mon vélo indique 3015 km, la barre des 3000 km est franchie !… 

Le matin, je décide de retourner vers Hudson Bay pour prendre un bon petit déjeuner. Mais je suis naïve car la ville est trop petite et il n’y a pas de fast foods ou de restaurant ouvert à 8h du matin. Je me rabats vers le magasin de la chaîne de carburants CO-OP qui a systématiquement un « convenience foods », petite supérette mais avec un coin développé pour les boissons du matin. Il y en a tellement que je m’y perds un peu dans leur choix. Et je finis par prendre un café lavasse au lieu d’un thé (peut mieux faire !…) et des sandwichs, qui eux sont bons.
Puis je pars sur le Sud au lieu de l’Est, comme j’avais décidé hier.

La route est complètement déserte, très peu de camions et de voitures, ce qui est très agréable. 
Par contre il y a toujours du vent mais moins fort et maintenant au lieu de l’avoir latéral, il est de face et cela me freine énormément, ce qui est râlant car le terrain est pratiquement plat. Au bout de 20 km le paysage change. J’ai de part et d’autre de la route de la forêt (moins haute et moins touffue qu’en BC mais c’est très sympa). De temps en temps, la forêt s’interrompt pour laisser la place à des mares ou des étangs. L’eau est vraiment omniprésente, c’est impressionnant.


Et je retrouve la rivière marron d’hier. Cette couleur est vraiment étrange. Son nom Red Deer River

Plusieurs fois je vois des panneaux disant de faire attention aux « mooses » (orignaux) mais je n’en vois pas. Par contre j’ai vu un cerf traverser. Quand les animaux ne s’arrêtent pas, je n’ai pas le temps de sortir mon appareil photos.

Au bout de 50 km de forêt, je recommence à voir les champs cultivés, les balles de foin et les vaches. Les fermes réapparaissent avec toujours ces champs jaunes de Canola (colza) qui prédominent.

Le vent me fatigue, car il ne tombe pas. Heureusement que ce n’est pas toujours comme cela.

A partir de 90 km, je commence à chercher les fermes car je sais qu’il n’y a pas de camping. Vu la gentillesse des canadiens à mon égard, j’ai décidé de ne plus m’angoisser inutilement car je ne suis jamais restée en rade jusqu’à présent (je touche du bois…).        

Comme déjà observé, les fermes ne sont pas près de la route mais au bout de longs chemins. Je ne m’y engage pas car les chemins peuvent être très longs et ils sont en terre.

Au 105e km, je trouve quelques maisons, une communauté suivant le terme utilisé par les canadiens. Je frappe à une première maison, mais il n’y a personne (beaucoup de gens sont partis en vacances). Je repère une maison avec un jardin parfaitement entretenu (en rentrant, je reprends en main le mien au Vésinet car c’est si beau), je frappe et demande si je peux camper dans le jardin, Gail me dit immédiatement oui. Puis m’offre de l’ice tea.


Je vais monter ma tente, le ciel est menaçant ce qui n’a rien d’étonnant vu les chaleurs. Par contre, comme il y a du vent, les nuages se déplacent vite aussi. Puis Gail me propose de prendre une douche, je continue de penser que quand on voyage à vélo, pouvoir prendre une douche est vraiment un beau cadeau. Puis m’invite à dîner.

Ce que je trouve formidable, c’est que nous ne nous connaissons pas et nous avons des discussions très intéressantes. Cela commence toujours par: pourquoi ce trip et pourquoi le Canada. Puis après nous avons des vrais échanges sur plein de sujet, c’est vraiment sympa.

Son mari Eugène m’aide à régler un problème de vélo. Lorsque le vélo avait chuté lors de la crevaison, le guidon s’était un peu tourné vers la droite. Mais l’accès au réglage était maintenant caché par le compteur de l’assistance électrique qui avait été installée à Vancouver. Nous l’avons démonté et réglé à nouveau, le guidon est redevenu parfaitement droit.

Gail me dit qu’ici les pluies peuvent être terrible et me prévient qu’elle laissera la porte de la maison ouverte cette nuit et m’indique la chambre à occuper si c’est le cas. C’est vrai que je n’ai pas encore eu de déluge, mais à vrai dire, cela ne me manque pas.

Que dire devant tant de gentillesse et de volonté de vous faire plaisir ? Je ne sais plus mais la seule chose dont je suis sûre, c’est que cela contribue formidablement, pour moi, à la réussite de mon voyage et que je n’avais pas anticipé cela. Quelle découverte et quel réconfort de voir que le sens de l’autre existe à ce point dans ce pays.


Bravo canadiennes et canadiens pour ce que vous êtes.

2 réflexions sur « Etape 39, du Parc Régional Hudson Bay à Lady Lake 105 km »

  1. Bravo Corinne pour avoir passé le cap des 3000, c’est génial, tu peux être fière de toi!
    J’aime beaucoup les photos de la Red deer river, et des plans d’eau que tu longes, c’est joli.
    Merci pour tout le travail que tu fais pour nous télécharger les photos, et tes commentaires, je sais que cela te prend beaucoup de temps et de travail, après des étapes bien fatigantes.
    Je t’embrasse

  2. bonjour,
    Merci car j’ai toujours autant de plaisir à vous suivre et de découvrir ce Canada profond. Quelle expérience très enrichissante humainement.
    j’espère que les crevaisons sont maintenant un vieux et douloureux souvenir.
    Bon courage, amicalement
    Bernadette Herrou

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