Étape 35 de Cut Knife, 36 km puis voiture jusqu’à Prince Albert en voiture

Samedi 16 juillet, grand soleil, température 20°C à 34.

Hier; nous avons changé de Province, nous attaquons donc la troisième province : Saskatchewan
A 8h tapantes le matin, je suis dans l’atelier de pneus. Petit Prince est mis sur un pont de voiture et attaché dessus. Comme cela la roue est à bonne hauteur. Je défais le système moteur pour la troisième fois


Je veux vraiment comprendre ce qui se passe. J’examine soigneusement le pneu qui est toujours dans un état impeccable et il sort la chambre à air. Après l’avoir gonflée, il la met dans l’eau et les bulles s’échappent de la soudure de la chambre à air qui a pétée. Le précédent mécanicien a gonflé la chambre à air à 7 bar. Est ce que c’est trop ?(c’est ce qui est recommandé sur le pneu quand le vélo est chargé).

En examinant à nouveau le pneu, je vois indiquer aussi le chiffre 50/559 or toutes les chambres à air qui ont été mises depuis la crevaison ont le chiffre 40/559, ce qui est la taille standard. Je demande que signifie le chiffre 50 et on m’explique que c’est la largeur du pneu. Donc BionX m’a installé un pneu plus large sans me dire qu’il fallait aussi que je prenne des chambres à air de 50 de large au lieu de 40. Quel défaut de conseil, c’est incroyable de ne pas m’avoir dit cela alors que je pars pour traverser le Canada. Je suis vraiment en colère.

Comme je n’avais pas rendez-vous, évidemment, je dois attendre. Dans le bureau, il y a 5 personnes qui attendent et qui me demandent ce que je fais à vélo. Je leur explique ce que je fais, mon problème du moment, que je n’ai pas la bonne taille de chambre à air et aussi…que je suis restée en rade 3/4 d’heures au bord de la route hier alors que j’ai vu passer plusieurs pickups. Ils sont gênés visiblement, me disent que c’est « unusual ». Peut-être que c’est inhabituel mais c’était la réalité. Un fermier me propose alors de m’emmener à North Battleford, la prochaine ville pour essayer de trouver la bonne taille de chambre à air, ce que j’accepte bien sûr. Dans cette ville, il n’y a pas de magasin de vélo. Nous faisons les 2 magasins qui vendent des pneus, y compris des chambres à air de vélo mais nous n’en trouverons pas d’une largeur de 50. Je peste car cela aurait été tellement facile de me le dire au départ. Je remercie ce fermier qui a essayé de me rendre service.


Il est 12h30 donc je décide de déjeuner avant de partir et je prends la route 40 en direction de Prince Albert. Il fait beau, je roule bien et il y a très peu de circulation ce qui est très agréable. Je m’arrête au 36e km pour boire et prendre une barre de céréales. Je me mets à l’ombre car il fait chaud. Soudain et je n’ai pas le temps de réagir, mon vélo va par terre et le rétro est cassé. La nouvelle béquille fonctionne mieux que la première donc je me dis que la chute ne doit pas être liée à la béquille. En examinant le vélo, je m’aperçois que la roue arrière est à nouveau à plat. Alors là je n’y comprend rien et je suis découragée, je ne peux pas continuer comme cela à avoir une crevaison tous les jours, il faut absolument que je comprenne pourquoi tout d’un coup, je crève tous les jours depuis 4 jours.

La ville suivante qui a un marchand de vélo est Prince Albert, quitte à faire du stop, autant essayer d’aller jusqu’à Prince Albert (distant de 150 km). Mais je suis, comme hier, sur une petite route de campagne donc je me dis que je vais galèrer à nouveau pour être prise. Puis je me souviens de mes lectures sur le Canada, avant de partir. Les canadiens détestent que l’on fasse du stop. D’ailleurs quelques panneaux le disent sur certaines routes: interdiction de faire du stop. Aussi je réfléchis au fait qu’il faut que je trouve un autre geste que le pouce en l’air (oui, je sais j’ai l’air d’une idiote en disant cela…). Je décide de me mettre face aux voitures et, de croiser et décroiser les bras en espérant que cela sera interprété pour ce que je veux dire, c’est-à-dire « j’ai besoin d’aide ». Et … l’effet est miraculeux, quasiment toutes les voitures s’arrêtent en demandant de quoi j’ai besoin. Mon problème est que quand je fais ces signes, les voitures sont loin et je ne vois pas si ce sont des pickups ou des berlines. Beaucoup de berlines s’arrêtent que je remercie chaleureusement mais il me faut un pickup pour Petit prince. Un pickup s’arrête et il m’avance de 35 km, c’est toujours cela de pris. Et je remets cela. Instantanément un nouveau pickup s’arrête et par chance il va à Prince Albert. Je lui demande s’il peut m’arrêter au magasin de vélo, ce qu’il accepte. Mais nous arrivons trop tard, le magasin est fermé depuis 1/4 d’h et il est fermé le dimanche, je réalise alors que nous sommes samedi. Me voilà bloqué et Arnie, mon gentil convoyeur, me propose de dormir dans son mobile home en attendant l’ouverture du magasin lundi. Après lui avoir expliqué que j’ai un GPS trackeur et que ma famille sait à 5m près où je suis, j’accepte. Avant, nous nous arrêtons dans un fast foods où le repas m’est offert. Puis je m’installe dans le mobilhome et je me couche. Je suis bien décidée le lendemain à comprendre ce qui se passe avec cette route arrière

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