Etape 31 De Bleriot Campgroung (près de Drumheller) à Hanna 85 km

Mardi 12 juillet de 20°C à 24°C, temps nuageux et ensoleillé mais pas de pluie enfin. Dénivelé +

Après un petit déjeuner au contenu imprévu puisqu offert, je prends la route direction Hanna. Lorsque au bureau de l’information, j’avais demandé la route de Hanna à partir du camping, j’avais été étonnée car la femme avait stabiloté une zone sans route, je m’étais dit que c’était une erreur. Et bien pas du tout simplement c’est une route non goudronnée desservant les fermes. Petit Prince étant un solide coursier, je décide de l’emprunter mais avant nos avons dû prendre une dernière fois le Bleriot Ferry


Et puis à nous la route non goudronnée. Je ne savais pas qu’elle faisait 10 km. C’était sportif car quelque fois il y avait de la boue et nous glissions, mais pas de chute, nous nous en sommes bien sortis. Je n’ai croisé que 2 voitures, ce calme m’a fait du bien.


Comme vous le voyez, il y a des champs de part et d’autres. La culture du Canola (variété de Colza Canadienne utilisée pour faire de l’huile alimentaire) domine vraiment, je ne sais pas pourquoi à ce point. C’est très joli car cela fait des champs jaunes partout. Les autres cultures sont des céréales en majorité blé et j’ai vu 2 champs de petits pois, je suis descendue de vélo pour les voir de près, ils étaient superbes (et oui, l’agro n’est jamais loin !).


Et puis de temps en temps, un petit coup de pétrole…


Un bel étang et quand j’arrive, j’effraie des canards qui se réfugient dans les roseaux ou qui s’envolent.


Je finis par rejoindre la route goudronnée et je retrouve exactement les mêmes paysages. La route est juste faite de montées et descentes permanentes (mais pas de fort dénivelé). Le paysage change 15 km avant d’arriver à Hanna, on voit des haies, des fils barbelés et des animaux d’élevage.


Vous avez vu le taureau sur la gauche, c’est un beau morceau !

Par contre l’arrivée des animaux me vaut une attaque en règle par des taons, je n’arrive pas à les chasser car je dois garder les mains sur le guidon, les voitures et  camions passant près. Je me fais piquer à 4 reprises et moi qui suit allergique, j’ai de belles cloques. Je ne sais pas comment enrayer cela car ils font mal et c’est vraiment désagréable. J’ai essayé de les semer en mettant l’assistance électrique et bien je peux vous dire qu’un taon vole à 30 km/h, je n’ai pas réussi à les semer. Si quelqu’un a une idée, je suis preneuse…

Puis je suis arrivée à Hanna où j’ai déjeuné à 3h dans un Subway (très peu de choix car petite bourgade) et bravo Philippe pour m’avoir localisé avec précision et m’avoir appris comment faire cette localisation. Etant en forme, j’ai décidée de repartir et faire encore 15 à 20Km. De toute façon, maintenant je sais de moins en moins où je m’arrête puisque je suis sortie de ma zone de confort où j’avais tout préparé.

En redémarrant, ma roue arrière fait un petit bruit. Je n’aime pas cela car il n’y a aucune raison d’avoir du bruit. Je m’arrête  et je cherche ce qui frotte mais je ne trouve rien. Je repars, le bruit continue et je m’arrête à nouveau mais j’ai beau cherché, je ne vois rien qui touche. Je fais cela 4 fois de suite car je sens que quelque chose de pas normale se passe et que cela va mal se terminer. Et 5 km après Hanna, crevaison de la roue arrière, la première depuis le début du voyage.

Je fais demi-tour en me disant que ce n’est pas la peine de continuer. Le bord de cette route, une HW, ne me permet pas de réparer sur place. Je défais tous mes bagages et je commence à inspecter la roue mais je ne vois rien. A ce moment là une voiture s’arrête derrière moi alors que je ne faisais pas encore de stop. Un monsieur de mon âge en descend et me demande ce qui se passe. Je lui montre ma roue arrière qui est vraiment complétemment à plat. Aussi sec, il prend le vélo et commence à le monter dans le pick up. Je suis un peu interloquée par son énergie et sa manière de faire. Je l’aide à monter le vélo et les bagages et nous voilà partis à Hanna. Peu de temps avant d’arriver, il s’arrête devant un magasin, il regarde le diamètre de la roue et rentre dans le magasin. 2mn après, il ressort pour me dire de payer la chambre à air qu’il a pris car il va la réparer lui-même . Je m’éxecute bien que j’en ai une d’avance dans ma trousse de maintenance.

Arrivé chez lui, nous sommes accueillis par une nuée d’enfants au moins une dizaine, qui font du strapoline et qui chahutent ensemble. Ce sont quelques uns de ses petits enfants m’explique t-il.

Puis nous nous attelons à la réparation de la roue. Edward (c’est son prénom) commence à défaire la roue. Là j’interviens gentiment mais fermement pour l’arrêter car cette roue est une roue avec un moteur et il y a des précautions à prendre avant de la démonter. Je sors le mode d’emploi du système BionX et je démonte moi-même la roue avec l’installation électrique. Puis je lui laisse la main pour changer la chambre à air. Par contre, pour remonter la roue, nous avons dû nous y mettre à 3 car on ne peut pas renverser un vélo couché comme un vélo droit. C’est sûr que si je suis seule, j’essaierais d’abord de mettre une rustine avant de changer la chambre à air qui implique de démonter la roue. Nous avons trouvé un magnifique clou qui, par chance, ne semble pas avoir abîmé le pneu. C’est ce qui devait faire du bruit en touchant le garde boue avant de pénétrer totalement dans le pneu, mais moi, j’ai regardé ce qui pouvait frotter et je n’ai pas pensé à vérifier le pneu qui a quand même mis 5 km à crever.

Puis il propose de m’héberger pour la nuit et là je rentre dans la cour des miracles. Il y a vraiment des enfants partout, un grand désordre. Il me propose de coucher en bas dans le « basement ». Mais arrivée en bas, les enfants ont fait des abris avec tout ce qu’ils ont trouvé et on ne peut même pas pénétrer dans la pièce. En remontant, je tombe sur la maîtresse de maison qui me semble bien fatiguée. Je lui demande combien d’enfants elle a, vu le nombre de petits enfants présents, et elle me répond 14 !… Le pére m’explique alors qu’ils ont eu 9 enfants biologiques (ils ont entre 40 ans et 23 ans) et qu’ils en ont adoptés 5, des enfants noirs, ce qui explique effectivement pourquoi j’avais croisés des ado noirs dans la maison. Edward m’explique que les plus jeunes adoptés ont 14 ans, que ce sont des faux jumeaux,  un garçon et une fille, et que le garçon est autiste. J’avais été étonné par la manière dont il m’avait regardé quand je suis arrivée et donc cela s’explique. Tout cela me laisse sans voix. Les familles se suivent et ne se ressemblent pas, c’est le moins que l’on puisse dire.

Pour le dîner tout le monde vient se servir quand il veut mais quand il y a autant de monde, cela fait un sacré bazar. Je fais comme tout le monde, je prends une assiette et je me sers. Je ne verrais jamais la mère, s’assoir.

Pour dormir, finalement le pére a demandé à une fille de me laisser la chambre ce qu’elle a fait très gentiment. Après vous avoir envoyé la dernière newsletter, je suis allée me coucher. Et ce matin, en prenant mon petit déjeuner, je découvre 3 petits enfants endormis dans des fauteuils avec une couverture posée sur eux.

Je vais donc repartir après une halte vraiment originale pour moi. Hier soir Edward m’a emmenée sur la route jusqu’à l’embranchement que je dois prendre pour aller en direction de Castor, pour être  sûr que je ne trompe pas. Merci Edward pour toute l’aide apportée et si pontanément.

4 réflexions sur « Etape 31 De Bleriot Campgroung (près de Drumheller) à Hanna 85 km »

  1. Toujours des aventures et des photos magnifiques.
    Les canadiens sont vraiment très accueillants.
    Je pense que dans les campagnes c’est comme les marins on ne laisse personne dans l’épreuve.
    Bon courage, amicalement
    Bernadette

  2. Merci Corinne pour ce voyage où nous te suivons. Quelle aventure. Je te lis chaque jour mais ne peux t’écrire aussi souvent que je le voudrais car ce sont les vacances et la maison se remplit, tu t’en doutes bien. Nous pouvons t’annoncer que notre quinzième petit enfant est né chez Henry et Marie-Emmanuelle. Mais ce ne sera pas le bazar comme chez ton dernier hôte.
    J’attends la suite de tes exploits et t’embrasse bien affectueusement
    Isabelle

  3. Bonsoir Corinne,
    Je te lis aussi tous les jours mais c’était vraiment la course ces derniers temps car nous partons demain en transhumance héllénique…et il est vrai que ces derniers temps, mon énergie écrivaine était entièrement pompée par….les compte-rendus (oh lointains souvenirs pour toi…). C’est une super aventure et vraiment toute mon admiration tant pour ta préparation que pour l’exploit physique et psychique ! Pour les piqûres de bestioles, je te recommande l’HE de lavande ASPIC, il faut en mettre toutes les 15 minutes quand tu te fais piquer, le temps que ça calme la réaction, puis après tu peux continuer à en mettre 2-3 fois par jours le temps que tout ce résorbe (condition : il ne doit pas y avoir de plaie et de pas appliquer à côté ou sur les muqueuses ou les yeux). Je continuerai bien sûr à te lire en mer Egée, face à la Turquie. Bises

  4. Super je ne pense pas que tu serais accueillie avec autant de gentillesse ici..
    Pour les piqûres je pense que insect écran doit marcher car ça fait aussi aoûtat guêpe tique etc
    Il existe aussi des sticks visage et corps de la marque cinq sur cinq
    Il y a aussi un rool-on apaisant pour soulager piqûres d’insectes et végétaux à mettre immédiatement après la piqûre ça marche pas mal
    Bonne continuation et à demain..pour la suite de tes récits
    Bisous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *