Étape 17 : De Houston au Lake Rose, 53 km

Lundi 20 juin, température 16°C à 29°C, dénivelé + 680
Après avoir envoyé le compte rendu de l’étape précédente sur le site ce matin, Petit Prince et moi sommes répartis. En direction de Burns Lake, ce qui était mon objectif.
Le paysage change car on voit l’influence des fermiers sur le territoire. Les fils barbelés deviennent très fréquents et les zones déboisés plus importantes. On voit de plus en plus de vaches. Comme visiblement les étendues des fermes sont importantes, elles se trouvent souvent de part et d’autre de la Highway. Aussi, il y a des tunnels organisés pour le bétail.

Il est à noter que l’on trouve aussi cela dans les zones des animaux sauvages. Je ne sais pas si vraiment les animaux les empruntent, peut-être les petits animaux mais pour les gros, j’ai un doute.

La sortie

J’ai rencontré (hormis les cyclistes femmes dans le camping, au départ) un premier cyclotouristes mais venant dans l’autre sens. Il a immédiatement bifurqué pour venir à ma rencontre. Il est allemand, s’appelle Wolfgang et parcours le Canada en s’intéressant aux indiens. Il avait d’ailleurs un excellent appareil photo. Il venait de Calgary, c’est à dire l’endroit où je vais. Je lui ai demandé s’il avait aimé ce qu’il avait vu et à ma grande stupéfaction, il m’a dit « pas du tout » car le temps avait été exécrable, qu’il avait plu tout le temps, qu’il n’avait pu profiter de rien et qu’il était même resté 20h d’affilées sous la tente tellement il pleuvait. Pourvu que cela ne m’arrive pas !… Après avoir taillé une petite bavette, chacun est reparti de son côté.


Sur des panneaux, ils étaient indiqués de faire attention aux « mooses », c’est à dire à l’orignal mais je n’en ai pas vu. Je m’en suis étonnée le soir et on m’a répondu que cette année on en voyait très peu. Comme je demandais si on savait pourquoi, on m’a répondu que le gouvernement avait officieusement autorisé les fermiers à en tuer car les orignaux, avec leurs bois, éventrent paraît-il les vaches, les chèvres et les moutons. Je croirais entendre les discussions avec les loups et les moutons en France dans les alpages. J’espère quand même que je vais en voir.


J’avais repéré sur mon book de trajets qu’au Km 35, il y avait une montée avec une pente supérieure à 15%. Et bien je n’ai pas été déçue. Elle était très longue et très dure, le plus fort dénivelé depuis le début de mon voyage. J’ai réussi à en faire la moitié avec l’assistance électrique mais à mi-chemin le coeur battait la chamade et je n’avais plus de souffle, donc je me suis arrêtée pour souffler. Et évidemment, je n’ai pas pu repartir, je n’arrivais pas à donner une impulsion assez forte pour redémarrer, la pente était trop sévère. Et bien, je me suis payée trois quart d’heure à pied en poussant le vélo. Je m’en souviendrais car je n’ai jamais poussé un vélo aussi longtemps. Le moral est resté bon mais avec la chaleur, physiquement c’était difficile. Arrivée en haut, j’ai quasiment vidé mes 2 gourdes tellement j’avais soif.


Après m’être reposée, nous sommes réparties (le nous indique évidemment Petit Prince et moi !), le relief redevenant normal (montées et descentes en pente normale). Comme je passe mon temps à regarder le paysage et à guetter les animaux sauvages (Odile, j’ai vu 3 aigles magnifiques mais je n’ai pas le temps de prendre l’appareil qu’ils disparaissent), à un moment sur ma droite, j’ai vu un paysage magnifique. Pour prendre des photos, je devais traverser une propriété privée. Comme 2 personnes discutaient près d’une voiture, j’ai demandé la permission de prendre une photo, permission accordée, aussi voyez comme c’est beau, c’est le Lake Rose (à 30 km environ de Burns Lake). 

 


J’en ai profité pour demander de l’eau car mes 2 gourdes étaient vides et j’avais soif. Les 2 gourdes ont été immédiatement remplies, puis ils m’ont demandé de m’asseoir et m’ont offert un ice tea. Puis on a discuté et j’ai du raconter mon voyage … et je n’ai jamais pu repartir. 

Ils m’ont proposé de camper près du lac et j’ai donc bien volontiers accepté. Regardez comme le site est beau. Une fois le tente monté, et bien je l’ai démontée car la femme de la maison, Lory, a voulu que je couche chez elle dans une chambre avec salle de bain. Elle m’a dit qu’elle était très contente de m’accueillir au cours d’un tel voyage et voulait que je réside chez elle.

J’ai donc démonté la tente sans y avoir couché, ce que je n’avais jamais fait jusqu’à présent !

Que j’aime ces rencontres imprévues et chaleureuses. 

Elle m’a demandée ce que je mangeais le soir et a été horrifiée que ce soit des aliments déshydratées. Pendant que je vous écris, il y a des odeurs de cuisine …Lory m’a proposé aussi de laver mon linge, toujours cette volonté d’aider, quelle joie.

Voilà, une bonne soirée en perspective 


Au lieu du plat déshydraté, voilà ce qui m’a été offert
Après le repas, ils m’ont expliqué qu’à 800 m, ils avaient des animaux à eux dans une ferme familiale, je les ai suivis, l’Agro est toujours présente en moi


Nous avons donc nourri les poules


Puis nous avons rentrés les chèvres pour la nuit.

Ensuite, pour me faire plaisir, ils ont pris des sentiers dans la forêt et sur le bord du lac pour essayer de voir des animaux. 


Nous avons vu 2 castors et j’ai réussi à en photographier un avant qu’il se sauve.


Voilà une étape qui finit de façon totalement imprévue et drôlement sympa. 

8 réflexions sur « Étape 17 : De Houston au Lake Rose, 53 km »

  1. Je viens de rattraper un gros retard dans la lecture de tes exploits, et cette fois je te laisse enfin un message! Tu es complètement sidérante Corinne, je me demande vraiment comment tu as pu organiser tout ça, et comment tu fais pour ne pas te décourager devant tous les problèmes pratiques qui se posent tout le temps! En revanche, je comprends fort bien que les nombreuses rencontres ultra-sympas et les paysages magnifiques te redonnent de l’énergie, ça c’est vraiment la grande joie de ce type de voyage… Je lis avec très grand plaisir le récit de tes aventures, j’ai appris des tas de choses par ton blog : imagine-toi qu’au départ, je ne savais même pas ce que c’était qu’un vélo couché!!! (je le voyais couché…mais dans l’autre sens!!!); de plus je ne connais pas du tout le Canada, et tes photos magnifiques me permettent de le découvrir. J’avoue que je suis particulièrement intéressée parce que Hélène s’envole pour Montréal le 18 août, pour une année d’études à l’UQAM : j’imagine ainsi un peu le pays dans lequel elle sera (et où j’irai peut-^tre la voir???).
    Je suis extrêmement admirative de ce que tu fais, de ta patience, de ton courage, et t’envoie mes encouragements les plus affectueux!!!
    Je t’embrasse fort
    Chantal

    1. Merci beaucoup CHantal pour ton long message qui m’a fait très plaisir.
      Tu sais pour le vélo couché, il en existe plein de formes différentes mais avec la même appellation vélo couché, alors le vélo couché retourné comme tu croyais existe. le grand intérêt d’un vélo comme le mien c’est qu’il est extrêmement confortable, tu n’as jamais mal au dos ou mal aux fesses et tu profites à plein de la vue et au Canada, c’est important. Pour Hélène, de voir l’accueil chaleureux des Canadiens doit lui donner confiance pour son départ. Et bien sûr que tu iras la voir, quand elle sera bien installée et familiarisée avec le pays. Il faudra bien préparer ce que tu veux voir car c’est un pays immense. Bisous et à bientôt Corinne

  2. Ne lisant pas tes exploits dans l’ordre chronologique, je ne suis sans doute pas un bon commentateur. N’hésite jamais à profiter de la gentillesse des habitants, ils en sont autant heureux que toi.

  3. Bravo bravo je suis admirative !! Je reviens de ma mission humanitaire à Madagascar.. oú la pauvreté ne fait qu’empirer ainsi que l’insécurité.
    Mais bon je t’attends de pieds fermes comme prévu pour une de mes prochaines missions avec une extension avec toi.
    Tu me régales avec tes récits, photos etc
    Bisous

    1. Je te promets que dès que je rentre, on mets cela au point. Peux-tu donner à Florence Jusserand mon site. Si tu n’as pas ces coordonnées, Oncle Claude les a surement. Bisous

  4. Hi Corinne – it is Lori and Tom from Rose Lake. Enjoying seeing your trip on your website. Was so nice to meet you….glad you could stay. Hope to see you again. Safe travels. Have you seen a moose yet?

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