Etape 14 : De Cedervale à ‘Ksan Campgroung (près d’Hazelton); 72 km

Température entre 16°C et 24°C, très nuageux mais pas de pluie. Denivellé + 711
Après un bon petit déjeuner avec Gunther qui s’est bien amusé à me charrier avec mon vélo (évidemment Petit prince ne fait pas le poids à côté d’une Harley Davidson !…), j’ai quitté ma petite maison et j’ai repris la route


La route est toujours aussi belle et les paysages sublimes


Une vingtaine de Km plus loin, je tombe sur des traces de frein très prononcées sur la route, une énorme mare de sang pas très vieille et je me dis qu’une voiture a du heurter un ours et effectivement 20m plus loin, en bordure de route se trouvait un bel ours mort depuis pas très longtemps. Je me demande, vu la masse, dans quel état était la voiture après ce choc. N’étant pas adepte des photos gores, je vous ai épargné ce spectacle triste.

10 km plus loin, une voiture me fait des appels de phare, s’arrête et le chauffeur me fait signe, d’un geste autoritaire, de venir près de lui, ce que je fais immédiatement. Il ouvre sa vitre et me dit »Bear, Bear ». A force d’entendre parler des ours, le mot m’est devenu très familier… Je demande « où » ? Et il me montre l’endroit d’où je venais à 20 m de la route: un bel ours. Je ne l’avais pas vu car il y avait une petite colline sur ma droite et il était juste derrière. L’automobiliste a attendu que l’ours soir rentré dans la fôret pour repartir.

J’avoue que j’étais très perplexe car j’ai lu beaucoup de choses sur la traversée du Canada à vélo mais je n’ai jamais rien lu ou vu sur les rencontres « ours et vélo ». Cela me désarme un peu car comme dit Bernadette, je vais m’enfoncer de plus en plus dans les Rocheuses et donc dans des zones de plus en plus isolées. Je n’ai pas pris de bombe anti-ours car je ne me voyais pas m’en servir mais je regrette. J’essaierais d’en acheter une à Smithers. le problème de fond c’est que l’on peut tomber sur un ours à tout moment car la route est en bordure de forêt et quand la fôret ne touche pas la route, il y a souvent des hautes herbes ou des arbustes, ce qui fait que l’on ne voit pas grand chose. Bon, je reconnais que c’est un problème que je n’ai pas envisagé mais il va falloir faire avec.

Je reste avec mon sifflet autour du cou, défense bien mince. Par contre, quelque chose qui m’avait frappée hier lors de la rencontre du premier ours, c’est qu’il me regardait moi et aussi le vélo dont je m’étais un peu éloignée. Je pense qu’il regardait tous les drapeaux dans le vent. Peut-être que les drapeaux et cerf volant font un peu office de « grelots ». Oui, je sais, je suis peut être un peu idiote mais on se rassure comme on peut.

Je suis repartie, en ayant bien pris conscience des limites de ma vigilance.

Un peu plus loin j’ai traversé un village typique de la région: 

Certaines maisons sont délabrées ou abandonnées

Le saumon est omniprésent depuis Prince Rupert. On voit que cette activité de pêche fait partie de l’économie locale. Ce matin, quand je suis partie, Gunther partait en voiture à Vancouver pour acheter un bateau repéré sur internet. Son intention était de le mettre en location à Prince Rupert pour la pêche. Je ne sais pas comment est géré la ressource car il faut quand même laisser des saumons remonter pour la reproduction. Mais sur la route, on voit de la publicité pour la pêche au saumon, tout le temps.


Une rue de Gitsegukla, le long de la Highway.

J’ai continué ma route jusqu’à Hazelton où je me suis arrêtée pour déjeuner (bien suivi Philippe…) et où j’ai ralée quand j’ai vu que le camping (qui a le Wifi, grande première )que j’avais choisi était à 7 km de là, alors que je croyais être arrivée. Et sur la porte du camping il est indiqué « alerte aux ours » !

L’étape a été fatigante car il n’y a jamais eu de zone de plat pour récuperer. Le dénivelé est moins fort qu’hier mais plus épuisant.

10 réflexions sur « Etape 14 : De Cedervale à ‘Ksan Campgroung (près d’Hazelton); 72 km »

  1. Bon, je viens de te lire avant de partir travailler, tu es ma source d »énergie! Quand même, là le taux d’adrénaline monte d’un cran si on se sent un peu cerné par les ours. Pourquoi ne pas mettre tes grelots aux chevilles ou à ton guidon quand tu roules? Demande aux prochains warmshowers que tu verras s’ils ont une astuce locale pour se préserver d’une rencontre nez à museau que tu ne souhaites pas forcément. Ta petite cabane blanche était trop mignonne! Continue bien, bises.

  2. Bonjour Corinne,

    Je découvre ton blog et ai rattrapé les épisodes précédents confortablement installé à paris, pour la grasse matinée du samedi matin. Quel magnifique projet! Je ne t’avais pas entendu en parler lorsque vous nous aviez invité, c’est maman qui m’a raconté un peu plus tard, puis Edouard. Bonne chance et bon courage pour la suite, mais tu sembles bien avoir pris le rythme. De plus quand on regarde la carte on voit que tu sembles avoir passé le plus gros des difficultés en termes d’étapes à dénivelées non? D’où ma question : pourquoi parcourir le canada d’Est en Ouest et commencer par les étapes les plus dures? Pour le climat et les saisons locales?

  3. Corinne, n’es tu pas inconsciente ?? Tous ces ours me fichent une peur bleue de te savoir seule et si loin !! Quelle odyssée que ce voyage !!
    Continue à nous écrire, ainsi on sera rassuré sur ton sort !!

    Bon courage, bravo quand même.

    Je t’embrasse,
    Isabelle

  4. Bonjour Corinne,
    Je te lis tous les jours où je suis à la maison et je trouve cela génial de pouvoir suivre ton périple… un peu d’aventure pour ceux qui ont restés à terre…Sois prudente quand même avec ces ours, et investis dans une bombe anti-ours, c’est plus raisonnable. Si tu t’en sers, attention au sens du vent…A bientôt pour l’étape 15

  5. Les vaches regardent bien passer les trains, pourquoi les ours ne regarderaient-ils pas passer les cyclistes ?
    Tant que tu ne sens pas le miel , c’est tout bon.

  6. coucou c est khadija . Je suis avec votre mère. Nous avons lu les dernières étapes que vous avez faites et vu ces beaux paysages aussi nous avons vu les photos de l ours impressionnant…
    vous avez du flippé d ‘être pas loin de la bête…
    ouf heuseument vous aviez les clochettes et le sifflet
    quel aventure ; sympa aussi les rencontres de ses personnes qui vous accueillent sur le long de votre voyage.
    Votre mère vous embrasse très fort et vous transmet qu elle est
    fière de vous a bientôt

    cordialement KHADIJA

  7. Hello ma belle !
    Le plus gros problème avec les ours c’est la nourriture, surtout fais en sorte qu’elle soit enfermée dans des contenants très hermétiques dont l’odeur ne s’échappe pas ! Nos cousins canadiens doivent bien avoir des trucs pour les effrayer depuis le temps qu’ils se fréquentent.
    Bon courage pour la suite.
    Bises.
    Anne

  8. soyez prudente, j’espère que vous n’aurez pas les ours tout au long du périple qui est une véritable expédition!
    nous suivons régulièrement les « aventures ».
    Vous allez pouvoir écrire un livre sur la traversée du Canada en vélo couché.
    Amitiés
    Bernadette

  9. j’ai l’impression que des gens adorables sont près de toi pour ton merveilleux voyages ! je continue à te lire pour suivre cette belle aventure .
    bises Marie José.

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