Etape 12 : de Kasiks Campsite à Terrace, 63 km

14 juin 2016 et séjour d’une journée le 15 juin 2016

Température de 14 à 18°C

Une jolie route qui continue à suivre la rivière Skeena. Pour Odile:

– la route suivie est la Highway 16 (il n’y en qu’une dans la vallée) et je vais la suivre jusqu’à Prince Georges (il y fait 5°C aujourd’hui) soit 582 km depuis Terrace.

– il y a bien 9h de décalage (il y aura 6h quand je serais au Québec). Là pour moi, il est 20h47 et pour vous, il est 5h47. Vous allez bientôt vous réveillez et moi, je vais bientôt aller dormir !

Cette journée s’est passée tranquillement à rouler. J’arrive de mieux en mieux à absorber les côtes raisonnables (c’est à dire jusqu’à 8% maximum), donc la forme revient doucement. Ces deux derniers jours, je n’ai consommé qu’un tiers d’une seule batterie, ce qui est un réel progrès. Par contre quand je m’essoufle anormalement ou que l’effort devient trop violent pour les genoux, soit je fais une pause, soit je mets la VAE. Il y a quelque chose que je dois améliorer, c’est l’alimentation. L’effort me coupe la faim et je ne fais pas assez de pause pour m’alimenter un peu. Je vais travailler cela les prochains jours pour ne plus avoir de fringale faute d’anticipation.


Par contre cette route est souvent fermée l’hiver à cause des avalanches et on trouve à intervalle régulier des cabanes comme cela


Le paysage est toujours aussi beau, par contre j’ai dépassé l’estuaire de la rivière, donc celle-ci se rétrécie.


Comme vous pouvez le voir, le chemin de fer est passé de l’autre côté de la route, entre l’eau et la route. Le même train qu’hier est passé, mais cette fois ci uniquement avec des citernes et je pense qu’il devait avoir 2 km, il était plus long qu’hier. Je lui ai fait à nouveau des grands signes et il m’a de nouveau répondu avec des grands « Tchou Tchou ». Et oui, je suis un peu gamine, cela me fait rire. Par contre quand vous voyez le trajet suivi par les rails; le poids des trains et la manière donc le passage est étroit, vous vous dites qu’un jour ce train va finir dans l’eau.


10 km avant d’arriver à Terrace, la pluie a recommencé à tomber très fort. Arrêt pour s’équiper et redémarrage. Heureusement que je me suis fais faire des lunettes de vélo pour la pluie avec monture de verres correcteurs car sans cela je ne verrais rien. Elles me protégent bien les yeux et je continue à voir la route, ce qui est essentiel. En fait cela revient à 2 lunettes, une lunette extérieure galbée pour protéger les yeux et à l’intérieur une paire de verres correcteurs. La couleur aide à voir dans les mauvaises conditions météo.


Je ne vous parle pas du look quand je les porte !…

Bref, je suis arrivée sous une pluie battante à Terrace, sachant que le camping prévu pour le soir est à 15 km de là. Mais ma main gauche convalescente me fait mal avec le froid et la pluie, donc je décide de m’arrêter pour trouver enfin un magasin de vélo ouvert et des gants mieux adaptés pour ce temps (ils sont parfaits pour des petites pluies mais pas pour des pluies diluviennes.)

Comme d’habitude, la première personne à qui je demande où se trouve la boutique, prend le temps de bien m’expliquer et ceci sous une pluie battante, et je trouve enfin la boutique qui est très bien achalandée. Je trouve ma paire de gants qui effectivement n’a rien à voir avec ce que j’avais. Je l’achéte donc et comme d’habitude, je suis interrogée sur « d’où je viens et où je vais ». Nous bavardons un moment puis je finis par lui que je suis triste (ce qui est vrai…) car planter la tente sous une pluie battante est odieux pour moi, car cela signifie humidité, ne pas manger et être couchée à 19h. Il me regarde, prend son téléphone, 2 mn après avoir raccroché, il prend un plan imprimé sur son comptoir, fait 2 croix dessus et me dit « nous sommes là et ici vous êtes attendue pour dîner et coucher, ce sont des warmshowers ». Les bras m’en tombent, je n’ai jamais vu un peuple aussi accueillant que les canadiens. Je suis remontée sur mon vélo et 1 km plus loin, je me suis arrêtée chez des inconnus, toute dégoulinante d’eau et j’ai été accueillie à bras ouverts : une famille avec 2 enfants 4 ans et 6 ans, le père est en voyage et ne rentrera que le lendemain. L’accueil est très chaleureux, le temps de me déshabiller, on m’a tout de suite installée. Que de gentillesse
La météo étant mauvaise pour le lendemain, on m’a conseillé de rester une journée et de ne repartir que le lendemain car après, théoriquement; il y a 8 jours nuageux mais sans pluie.

Le lendemain, je suis allée au supermarché pour faire les courses et là, j’étais perdue car toutes quantités vendues sont énormes et totalement incompatibles avec ce que je souhaite. Je finis par m’adresser à un vendeur qui mets des produits en rayon. Je lui explique mon problème, et bien, il a fait toutes les courses avec moi pour m’aider à trouver ce que je voulais. Je n’en revenais pas. Comme je le remerciais de sa gentillesse, il m’a répondu par la phrase habituelle « you are welcome ».

Je suis rentrée et mes warmshowers m’ont trouvé un site de streaming pour que je regarde le match de foot, France/Albanie.

Cette famille a fait l’année dernière un trip d’un an jusqu’en Amérique du Sud (ils sont enseignants et avaient pris une année sabbatique). Leurs enfants avaient 3 et 6 ans. Leur installation était la suivante : chaque parent avait un vélo droit avec 4 sacoches + une sacoche de guidon. A chaque vélo était attaché une remorque d’enfant comme cela,

Remorque vélo à pédales Weehoo iGo Turbo qui, bien sur, peut avoir un habillage comme une poussette pour protéger les enfants du vent et de la pluie. Sur la roue arrière on peut installer un porte bagage et 2 sacoches.
Ils ont fait en moyenne 45 km par jour pendant un an. Maintenant, ils économisent pour pouvoir partir faire un tour de l’Europe mais ils pensent que cela va être difficile avec leur travail. Je leur souhaite vraiment d’y arriver, leurs enfants sont adorables, très bien élevés. Et bien évidemment tout le monde fait du vélotaf (y compris les enfants pour aller à l’école).

Maintenant, je me prépare pour la suite du voyage, qui je pense va être très compliqué à cause de l’altitude et du manque de  lieu avec éléctricité pour recharger les batteries. À voir pour la suite. Ne vous inquiétez pas si je ne donne pas de nouvelles car je ne suis pas sûre de trouver de l’électricité alors du Wifi, je n’y pense même pas. Le trajet avec la balise InReach vous dira où je suis.

2 réflexions sur « Etape 12 : de Kasiks Campsite à Terrace, 63 km »

  1. Tu nous as écrit un roman! Patrick aime bien tes lunettes spéciales vélo sous la pluie. Quelle bonne idée. Au fait, tu ne dis pas si tu as rencontré des Teddy Bear l autre fois dans ton camping abandonné ?. Bonne route et bisous
    Dominique N

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